Santé

La maladie d’Alzheimer peut-elle se transmettre par le sang ?


La maladie d’Alzheimer est une affection neurodégénérative complexe qui touche principalement la mémoire, les capacités de raisonnement et, à mesure qu’elle progresse, l’autonomie. Une question revient parfois dans les discussions scientifiques et médiatiques : la maladie pourrait-elle être transmise d’une personne à une autre par le sang ?

La réponse est plus nuancée qu’un simple oui ou non. À ce jour, rien ne permet d’affirmer que la maladie d’Alzheimer est une maladie contagieuse transmissible par le sang dans la vie quotidienne. Une personne ne peut pas « attraper » Alzheimer en recevant une transfusion sanguine, en vivant avec un malade ou en ayant un contact ordinaire avec lui.

Cependant, certaines recherches ont soulevé une question scientifique particulière concernant des protéines associées à la maladie d’Alzheimer et leur éventuelle présence dans le sang.

Le rôle de la protéine bêta-amyloïde

La maladie d’Alzheimer est notamment caractérisée par l’accumulation anormale de protéines dans le cerveau. Parmi elles figure la bêta-amyloïde, qui peut former des dépôts appelés plaques amyloïdes. Une autre protéine, la protéine tau, peut également s’accumuler de manière anormale dans les neurones.

Ces anomalies sont étudiées depuis plusieurs décennies afin de mieux comprendre les mécanismes de la maladie. Les chercheurs cherchent notamment à déterminer comment certaines protéines peuvent se déplacer entre différents tissus et quelles conséquences cela pourrait avoir.

Des expériences ont soulevé une hypothèse particulière

Des recherches expérimentales ont suscité l’intérêt après avoir montré que certains composants présents dans le sang pouvaient, dans des modèles expérimentaux, influencer les processus liés à la pathologie amyloïde.

Des travaux plus anciens sur des modèles animaux ont notamment exploré l’hypothèse selon laquelle certains facteurs présents dans le sang pourraient contribuer à l’apparition ou à l’accumulation de protéines anormales dans le cerveau.

Ces résultats sont intéressants sur le plan scientifique, mais ils ne signifient pas qu’Alzheimer puisse être transmis entre êtres humains par une transfusion sanguine ou un contact avec du sang.

Et les transfusions sanguines ?

Les données disponibles ne montrent pas que les transfusions sanguines ordinaires transmettent la maladie d’Alzheimer. Les systèmes modernes de collecte et de contrôle du sang reposent sur des procédures strictes visant à garantir la sécurité transfusionnelle.

Il est donc important de ne pas confondre une hypothèse biologique étudiée en laboratoire avec une voie de transmission démontrée chez l’être humain.

Une découverte historique a alimenté les recherches

Les interrogations sur une possible transmission de certaines protéines pathologiques ont notamment été alimentées par des observations historiques concernant des traitements médicaux aujourd’hui abandonnés qui utilisaient des tissus humains provenant de donneurs.

Dans de très rares circonstances, des patients ayant reçu certains tissus biologiques contaminés ont développé des maladies neurologiques particulières liées à des protéines anormales appelées prions. Ces maladies ne sont pas la maladie d’Alzheimer.

Des recherches récentes ont néanmoins conduit les scientifiques à étudier si certaines protéines associées à Alzheimer pouvaient, dans des circonstances médicales très particulières, avoir été transmises avec certains tissus. Cette question reste distincte de celle d’une transmission naturelle ou contagieuse de la maladie.

Alzheimer n’est pas une maladie contagieuse

Il est essentiel de distinguer la notion de « présence d’une protéine » de celle de « transmission d’une maladie ». Une maladie infectieuse peut se transmettre d’un individu à un autre par un agent pathogène. Alzheimer ne fonctionne pas de cette manière.

Les principaux facteurs de risque connus sont liés notamment à l’âge, à la génétique, à la santé cardiovasculaire et métabolique et à différents facteurs liés au mode de vie. Dans certaines familles, des mutations génétiques rares peuvent également provoquer des formes héréditaires de la maladie.

Pourquoi cette question reste-t-elle importante ?

Comprendre le rôle éventuel du sang dans les mécanismes de la maladie pourrait aider les chercheurs à mieux comprendre comment les protéines liées à Alzheimer circulent dans l’organisme et comment elles interagissent avec le cerveau.

Cette recherche pourrait également contribuer au développement de nouvelles méthodes de détection. Les biomarqueurs sanguins sont aujourd’hui étudiés comme outils permettant de détecter certains changements biologiques associés à Alzheimer, parfois avant l’apparition de symptômes importants.

Il faut toutefois distinguer l’utilisation d’un biomarqueur sanguin pour détecter une maladie de la transmission de cette maladie par le sang. Le fait qu’une protéine puisse être mesurée dans le sang ne signifie pas que la maladie elle-même est transmissible par transfusion.

Les connaissances actuelles ne permettent pas de considérer la maladie d’Alzheimer comme une maladie transmissible par le sang dans la vie courante. Il n’existe pas de preuve indiquant qu’une transfusion sanguine ordinaire ou un contact avec une personne atteinte puisse transmettre Alzheimer.

Des recherches expérimentales et certaines observations médicales historiques ont toutefois conduit les scientifiques à étudier la possibilité que des protéines associées à certaines maladies neurodégénératives puissent, dans des circonstances extrêmement particulières, être transférées avec certains tissus biologiques. Cette question scientifique ne doit pas être confondue avec une contagion d’Alzheimer entre personnes.

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