Moyen-Orient

Israël à l’aube d’un séisme électoral : 37 listes se disputent l’avenir de Netanyahou


La compétition entre les partis israéliens s’intensifie à quelques jours d’un scrutin décisif pour la Knesset. Ces élections, les vingt-sixièmes de l’histoire d’Israël, sont prévues le 27 octobre, avec une participation qui pourrait atteindre un niveau record.

Une nouvelle étape du processus électoral s’ouvre ce mardi soir : l’armée israélienne doit mettre en place près de 800 bureaux de vote anticipé pour ses soldats sur l’ensemble de leurs lieux de déploiement. Ils comprennent 40 sites militaires dans la bande de Gaza, des positions dans le sud du Liban et neuf sites en Syrie.

Au total, 37 listes électorales sollicitent les suffrages de 7,33 millions d’électeurs israéliens, dont environ 1,2 million d’Arabes d’Israël. Selon les sondages, seules onze à treize listes devraient franchir le seuil électoral fixé à 3,25 % des suffrages exprimés.

Les listes en lice se répartissent en trois camps. Le premier rassemble la coalition de droite au pouvoir, dirigée par Benjamin Netanyahou. Le deuxième réunit les partis d’opposition autour de Gadi Eisenkot. Un troisième camp comprend trois listes : deux regroupant des partis arabes et défendant un programme économique sans positionnement politique clairement défini. Ces listes n’ont pas arrêté leur choix entre les deux principaux blocs.

Toute coalition souhaitant former le prochain gouvernement israélien devra obtenir le soutien d’au moins 61 députés sur les 120 que compte la Knesset.

Le camp de la coalition de droite

Le camp de la coalition de droite au pouvoir comprend six listes. La principale est celle du Likoud, dirigé par Benjamin Netanyahou. Il rassemble également Otzma Yehudit, le parti de l’extrémiste Itamar Ben-Gvir, et le Shas, qui représente les ultraorthodoxes séfarades.

Il comprend aussi le Judaïsme unifié de la Torah, représentant les ultraorthodoxes ashkénazes, ainsi que le parti « Peuple d’Israël », dirigé par Ofer Winter. Ce dernier est le seul parti de la coalition au pouvoir dont les intentions de vote oscillent autour du seuil nécessaire pour entrer à la prochaine Knesset.

Ce camp inclut enfin le Parti sioniste religieux de Bezalel Smotrich, qui se présente sur une liste commune avec le parti de droite Zehout.

Les sondages israéliens créditent ce bloc de 50 à 51 sièges lors du prochain scrutin.

Le camp de l’opposition

Le camp opposé à Netanyahou comprend quatre listes principales. La plus importante est celle du parti Yashar, dirigé par l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot. Il comprend également Israel Beitenou, présidé par Avigdor Lieberman.

Les deux autres listes sont celle de l’alliance « Ensemble », dirigée par Naftali Bennett en partenariat avec le chef de Yesh Atid, Yaïr Lapid, et celle des « Démocrates ». Cette dernière représente la gauche traditionnelle israélienne depuis la fusion du Meretz et du Parti travailliste.

Les sondages accordent à ce camp entre 51 et 55 sièges dans la prochaine Knesset.

Ce bloc bénéficie de deux avantages dont ne dispose pas celui de Netanyahou. Toutes ses listes semblent à l’abri d’un résultat inférieur au seuil électoral. Il est également mieux placé pour obtenir le soutien des partis du troisième camp, ce qui accroît ses chances de former le prochain gouvernement.

Le troisième camp

Ce camp regroupe trois listes qui n’ont pas encore arrêté leur positionnement. Il comprend les partis arabes, qui appellent ouvertement à évincer Netanyahou, mais dont la participation à une alliance avec l’opposition suscite des résistances au sein même des partis d’opposition israéliens.

La Liste commune, dirigée par Youssef Jabareen, est la plus importante de ce camp. Elle réunit trois partis arabes ayant décidé de se présenter ensemble : le Front démocratique pour la paix et l’égalité, dirigé par Jabareen ; le Rassemblement national démocratique, présidé par Sami Abou Shehadeh, qui s’est retiré du scrutin avant une décision judiciaire attendue sur son exclusion ; et le Mouvement arabe pour le changement, dirigé par Ahmad Tibi.

Le troisième camp comprend également la Liste arabe unie, dirigée par Mansour Abbas. Celle-ci présente pour la première fois une personnalité juive parmi ses candidats. Elle avait déjà participé, en 2021, au soutien d’un gouvernement israélien opposé à Netanyahou.

Ce camp inclut enfin la liste « Réservistes et économistes », issue de l’union de deux petits partis dirigés par Yoaz Hendel et Yaron Zelekha. Cette formation oscille autour du seuil électoral : elle le dépasse dans certains sondages, mais reste en dessous dans d’autres.

Les enquêtes d’opinion attribuent aux deux listes arabes entre 14 et 15 sièges à la Knesset. Leur soutien pourrait ainsi devenir incontournable pour permettre à Eisenkot de former le prochain gouvernement, à moins qu’il ne parvienne à provoquer des défections dans le camp de Netanyahou.

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