L'Europe

De la porte d’entrée d’Islamic Relief… L’argent des contribuables allemands finit-il dans les caisses des Frères musulmans ?


Le gouvernement allemand fait face à des pressions croissantes à la suite d’enquêtes ayant révélé que l’organisation « Islamic Relief », liée aux Frères musulmans, a bénéficié de financements qui auraient alimenté des réseaux d’extrémisme.

Selon le préambule d’une demande d’information déposée il y a quelques jours par le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), a consulté une copie, « le ministère allemand des Affaires étrangères a accordé pendant des années d’importants financements à l’organisation Islamic Relief, alors même que le gouvernement avait déjà informé le Parlement, dès 2017, de l’existence de liens entre cette organisation et les Frères musulmans ».

D’après cette demande, plusieurs éléments concrets laissent supposer qu’une partie de ces fonds aurait pu parvenir à des zones qui étaient, au cours des dernières années, sous le contrôle de groupes terroristes tels que le Front al-Nosra, par l’intermédiaire d’Islamic Relief.

La demande cite également les déclarations de l’experte allemande Rebecca Schönenbach, selon lesquelles : « Il y a dix ans, le Front al-Nosra contrôlait le nord de la Syrie. On peut donc supposer que certains de ses membres ont pu bénéficier d’une partie de ces fonds allemands. »

Malgré plusieurs rapports d’audit et avertissements officiels, le soutien financier à Islamic Relief en Allemagne s’est poursuivi.

Pendant de nombreuses années, le gouvernement fédéral a maintenu confidentiel un rapport d’audit établi en 2019 par la Cour fédérale des comptes. Ce document n’a été rendu public qu’à la suite d’une action en justice couronnée de succès, certaines parties demeurant toutefois expurgées.

À la suite de cette procédure judiciaire, la justice a critiqué, d’une part, l’absence d’un contrôle économique suffisant des projets financés par le ministère allemand des Affaires étrangères.

D’autre part, les juges ont estimé que le ministère des Affaires étrangères avait enfreint la circulaire gouvernementale interdisant aux organisations extrémistes de bénéficier d’avantages ou de financements publics.

Le rapport judiciaire indique : « Même dans le cadre du financement du projet actuel d’Islamic Relief, le ministère des Affaires étrangères a considéré cette organisation comme éligible aux subventions, malgré les avertissements émis par les services allemands de renseignement, contrevenant ainsi aux directives en vigueur. »

La demande d’information appelle le gouvernement allemand à fournir des explications concernant une éventuelle utilisation abusive de l’argent des contribuables allemands ainsi que sur l’ampleur du soutien indirect dont auraient bénéficié des structures extrémistes grâce à ces financements publics.

Enquête

Au cours des derniers jours, plusieurs médias ont relayé les résultats d’une enquête judiciaire menée dans le cadre d’une procédure engagée contre le gouvernement il y a cinq ans, visant à obtenir des explications sur les raisons et les résultats du financement des projets d’Islamic Relief.

Selon les conclusions de cet audit judiciaire, le ministère allemand des Affaires étrangères « n’a pas été en mesure d’expliquer les critères sur lesquels il s’est fondé pour considérer qu’Islamic Relief jouissait d’une réputation irréprochable en tant qu’organisation humanitaire non gouvernementale », ce qui l’a conduit à lui accorder des financements durant plusieurs années.

L’enquête reproche également au ministère des Affaires étrangères d’avoir ignoré la « stratégie globale de lutte contre les organisations terroristes », laquelle invite les ministères « à s’abstenir de soutenir les organisations concernées lorsqu’il existe des informations pertinentes relatives à la protection de l’ordre constitutionnel ».

Dans un second rapport, la Cour fédérale des comptes (BRH) est parvenue à la conclusion que le ministère des Affaires étrangères avait financé cette organisation « sans avoir vérifié au préalable la conformité des procédures ni l’efficacité de l’utilisation des fonds publics ».

Bien qu’Islamic Relief affirme avoir procédé à un audit interne et rompu ses liens avec les Frères musulmans, ces connexions subsisteraient toujours, selon les informations rapportées par le quotidien allemand Die Welt, citant l’Office fédéral pour la protection de la Constitution.

L’octroi de financements publics allemands à Islamic Relief suscite de vives critiques dans les milieux politiques allemands et a donné lieu à de nombreuses interpellations parlementaires au cours des dernières années.

L’organisation « Islamic Relief Worldwide » est associée aux « cercles des Frères musulmans » depuis la publication, en 2009, du rapport de l’Office pour la protection de la Constitution (service allemand de renseignement intérieur) du Land de Bade-Wurtemberg.

En réponse à une question écrite de l’ancien député du Parti des Verts Volker Beck, le gouvernement fédéral avait informé le Parlement, en janvier 2017, de l’existence de liens étroits entre Islamic Relief Allemagne (IRD) et l’Organisation de la communauté musulmane allemande, considérée comme la branche des Frères musulmans en Allemagne.

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