L'Europe

Les Frères musulmans sous surveillance en Allemagne : une machine de diffusion de l’extrémisme et des manœuvres d’infiltration


Environ 1 450 membres influents évoluent au sein d’un réseau fermé, dont l’organisation faîtière est la « Communauté musulmane d’Allemagne », avec pour objectif d’étendre son influence jusqu’à imposer des idées profondément extrémistes.

C’est ainsi que le rapport de l’Office pour la protection de la Constitution (service de renseignement intérieur) du Land de Bavière, deuxième plus grand État fédéré d’Allemagne, décrit le mouvement et les activités des Frères musulmans, aussi bien en Bavière que sur l’ensemble du territoire allemand, dans le but de s’imposer comme un acteur influent dans le pays avant d’y promouvoir leur système et leur idéologie.

Le rapport indique que « des organisations telles que les Frères musulmans et leurs différentes ramifications cherchent à mettre en œuvre leurs objectifs à long terme ainsi que leurs conceptions sociales et politiques dans le cadre du système juridique en vigueur, en exerçant une influence stratégique sur la sphère politique en Allemagne ».

Il poursuit : « Dans ce contexte, ces groupes peuvent afficher publiquement leur rejet de la violence, tout en soutenant et en approuvant l’usage de la violence contre leurs adversaires à l’étranger. »

Le rapport ajoute : « Les Frères musulmans se présentent publiquement comme un mouvement ouvert, tolérant et disposé au dialogue. Ils cherchent à coopérer avec les institutions politiques et les décideurs afin d’acquérir une influence dans la vie publique. Toutefois, leur objectif demeure l’instauration d’un ordre social et politique fondé sur leur idéologie extrémiste. »

Le document développe ensuite la stratégie du mouvement, précisant que celui-ci « agit dans le cadre du système juridique national et exploite les libertés qu’il garantit, notamment la liberté de religion, afin d’ancrer son interprétation extrémiste de l’islam ».

L’organisation faîtière et ses dirigeants

Dans cette perspective, les Frères musulmans cherchent méthodiquement à établir des liens avec les institutions publiques et les responsables politiques afin de se présenter comme les représentants de la « communauté musulmane » et comme des interlocuteurs privilégiés sur les questions liées à l’islam. Leur objectif est d’obtenir une reconnaissance politique au sein de la société et d’étendre leur influence sur les communautés musulmanes.

Selon le rapport, la « Communauté musulmane d’Allemagne » joue le rôle d’organisation faîtière des Frères musulmans en Allemagne. Elle supervise un vaste réseau présent dans tout le pays, comprenant des associations, des mosquées, ainsi que le Centre islamique de Munich.

La Communauté musulmane d’Allemagne est considérée comme la principale organisation centrale des Frères musulmans dans le pays. Les liens entretenus entre ses responsables et les acteurs internationaux du mouvement démontrent qu’elle fait partie d’un réseau mondial.

Toujours selon le rapport, le nombre de cadres et responsables actifs des Frères musulmans en Allemagne est estimé à 1 450 personnes, dont 110 sont actives en Bavière, dans le sud du pays.

Des préoccupations déjà exprimées

Le rapport réitère les mises en garde formulées récemment par plusieurs responsables allemands concernant l’infiltration des Frères musulmans dans la classe politique allemande.

Le mois dernier, le groupe parlementaire du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a présenté une interpellation au Bundestag portant sur l’infiltration des organisations islamistes, en particulier des Frères musulmans, au sein des partis du centre de l’échiquier politique allemand.

L’introduction de cette interpellation affirme que « l’infiltration discrète de notre société constitue l’un des plus grands dangers qui menacent la démocratie dans notre pays », ajoutant que « cette infiltration ne se limite pas aux islamistes extrémistes, mais s’étend également à la vision anti-occidentale défendue par certains mouvements de gauche ».

Quelques semaines auparavant, un rapport de l’Office pour la protection de la Constitution du Land de Brandebourg accusait les Frères musulmans de s’infiltrer au cœur de la société par le biais du dialogue, de l’éducation et du bénévolat, en appliquant une stratégie duale qualifiée de particulièrement insidieuse.

Le rapport cite le ministre de l’Intérieur du Brandebourg, Jan Redmann, qui déclare : « Les Frères musulmans exploitent les libertés garanties par notre ordre juridique dans le but même de supprimer ces libertés et d’imposer leur idéologie totalitaire. »

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