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Des documents et vidéos divulgués lèvent le voile sur l’unité chimique secrète de l’armée soudanaise


Le dernier trimestre de l’année 2026 a marqué un tournant majeur dans la guerre qui ravage le Soudan depuis avril 2023. L’utilisation présumée d’armes chimiques n’est plus seulement l’objet d’accusations politiques réciproques entre les parties au conflit : elle est devenue un dossier complexe, à la fois judiciaire et relevant du renseignement, étayé par des documents techniques hautement confidentiels.

Le principal tournant est intervenu avec la publication d’enquêtes approfondies par de grands journaux internationaux, notamment le New York Times et le Washington Post. Ces médias affirment avoir eu accès à un dossier divulgué par un service de renseignement du Moyen-Orient. Celui-ci comprend près de 150 documents, ainsi que des vidéos, des échanges de messages et des photographies qui permettraient de décrypter le programme chimique clandestin que l’armée soudanaise aurait développé pour enrayer la progression des Forces de soutien rapide dans des zones stratégiques.

Structure du programme et responsable opérationnel

Les documents divulgués révèlent pour la première fois la structure organisationnelle et la chaîne de commandement du programme chimique présumé. Ils indiquent que le projet aurait été lancé et intensifié sous la supervision directe d’officiers de haut rang des Forces armées soudanaises.

Les rapports citent explicitement le général de brigade Tarek Hussein, un haut gradé de l’armée soudanaise, présenté comme le principal architecte du programme et son responsable opérationnel.

Selon les plans et les messages contenus dans le dossier, Tarek Hussein aurait commencé, en juillet 2024, à mettre sur pied une unité militaire spéciale ainsi qu’une installation clandestine destinée à assembler les premiers prototypes de bombes utilisant principalement du chlore toxique.

Les photographies et schémas techniques joints au dossier montreraient comment des bouteilles de gaz conventionnelles étaient modifiées, peintes en rouge, puis équipées de détonateurs et de dispositifs de largage permettant leur utilisation depuis des avions militaires. Ce procédé associerait la puissance destructrice d’une explosion conventionnelle aux effets potentiellement mortels d’un agent chimique suffocant.

Méroé et le désert : un essai annoncé comme une « réussite totale »

La fabrication de ces bombes ne serait pas restée au stade de la planification. Des essais sur le terrain auraient été menés afin d’en évaluer l’efficacité avant leur déploiement sur les différents fronts.

L’un des documents de renseignement les plus sensibles fournit des détails sur un essai grandeur nature qui aurait été réalisé au cœur du désert soudanais. Le 22 juillet 2024, un avion-cargo militaire de l’armée soudanaise aurait décollé de l’aéroport de Méroé, situé à environ 300 kilomètres au nord de Khartoum, avec à son bord les premiers prototypes de bombes au chlore fabriquées localement.

Le dossier contient également un message et un rapport manuscrit attribués au général de brigade Tarek Hussein, adressés à sa hiérarchie immédiatement après l’essai. Il y aurait affirmé : « L’essai a réussi à 100 %. »

L’officier aurait joint à son message une vidéo montrant l’explosion dans une zone désertique isolée. Les images montreraient la bombe atteindre la cible désignée, exploser, puis libérer un épais nuage de gaz. Selon des spécialistes de l’armement cités dans les enquêtes, cette vidéo, désormais entre les mains d’enquêteurs internationaux et de médias, constituerait un élément matériel majeur concernant l’intention et la capacité présumées de l’armée à produire et à développer une arme chimique non conventionnelle.

Le détournement présumé du chlore humanitaire à des fins militaires

L’une des révélations les plus troublantes du dossier concerne l’origine présumée des matières premières utilisées pour fabriquer ces bombes. Le chlore est une substance couramment employée dans le monde pour purifier l’eau potable, traiter les eaux usées et répondre à différents besoins industriels civils.

En raison de la guerre et de la propagation du choléra au Soudan, de grandes organisations humanitaires internationales, telles que le Comité international de la Croix-Rouge, l’UNICEF et CARE International, ont acheminé d’importantes quantités de chlore liquide vers le pays afin de soutenir les stations civiles de traitement de l’eau et de protéger les populations contre les épidémies.

Selon les enquêtes, l’unité clandestine de l’armée aurait toutefois détourné une partie de ces fournitures humanitaires essentielles depuis la station de traitement des eaux d’Al-Manara et d’autres installations civiles afin de les affecter à l’effort de guerre.

Le chlore liquide aurait été extrait des bouteilles ou les conteneurs initialement destinés à un usage humanitaire auraient été transformés et équipés d’explosifs conventionnels. Chaque bombe modifiée contiendrait environ 33 livres, soit près de 15 kilogrammes, de chlore sous pression.

Des observateurs internationaux ont qualifié ces agissements présumés de « double crime » : les civils auraient été privés d’une ressource indispensable à l’accès à l’eau potable en pleine propagation des maladies, tandis que les substances destinées à leur sauver la vie auraient été transformées en armes susceptibles de tuer par suffocation sur les champs de bataille.

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