L’AIEA se prépare à retirer des matières nucléaires d’un site secret en Syrie
Des responsables américains affirment que l’installation contient des concentrés d’uranium, connus sous le nom de « yellowcake », une substance produite à partir du traitement du minerai d’uranium et utilisée aux premières étapes de la production de combustible nucléaire.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) se prépare à retirer des matières nucléaires d’un « site secret » en Syrie, a rapporté mardi le site américain Axios, alors que le gouvernement syrien a annoncé parallèlement l’arrivée d’une délégation de l’Agence.
Selon des responsables américains et israéliens cités par le média, Washington et Tel-Aviv ont mené pendant plus d’un an des discussions au sujet de matières nucléaires qui seraient présentes sur un site secret en Syrie.
Des responsables israéliens avaient précédemment affirmé que le régime de Bachar el-Assad, aujourd’hui renversé, stockait dans une installation désignée sous le nom de « site 99 » des matières nucléaires provenant d’un ancien projet de réacteur nucléaire.
Ils avaient également indiqué qu’Israël avait informé les États-Unis qu’il pourrait « frapper la zone » si les matières nucléaires n’étaient pas retirées du site.
De leur côté, des responsables américains ont déclaré que l’installation contenait des concentrés d’uranium connus sous le nom de « yellowcake », une substance produite par le traitement du minerai d’uranium et utilisée aux premières étapes de la fabrication du combustible nucléaire. Ils ont précisé que le site abritait également d’autres matières nucléaires résiduelles provenant d’un ancien projet nucléaire datant de l’époque de l’ancien régime.
Selon ces responsables, les États-Unis ont demandé à Israël de ne prendre aucune mesure militaire concernant les matières nucléaires.
Ils ont indiqué que Washington était parvenu à des accords de principe avec Israël et Damas concernant le retrait des matières nucléaires et avait associé l’AIEA au processus.
Les responsables ont précisé que l’Agence avait commencé ses préparatifs après la conclusion d’un accord avec la Syrie portant sur le retrait des matières nucléaires du site.
Le changement de pouvoir à Damas a également créé une occasion de rouvrir ce dossier sous un angle différent. Le nouveau gouvernement syrien doit en effet gérer l’héritage nucléaire laissé par l’ancien régime, tout en cherchant à instaurer une relation plus transparente avec les institutions internationales. La coopération avec l’AIEA revêt une importance supplémentaire pour Damas, qui cherche à reconstruire ses relations internationales et à démontrer son respect des accords et des normes internationales régissant l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.
Le rôle de l’AIEA en Syrie ne se limite pas au volet de contrôle et de vérification. Sa coopération avec les autorités syriennes s’étend également aux utilisations pacifiques des technologies nucléaires, notamment dans les domaines de la médecine nucléaire, du traitement du cancer, de l’agriculture et de l’industrie. Cette coopération permet à Damas de présenter ses relations avec l’Agence comme un élément de la reconstruction des institutions de l’État et du développement des secteurs civils, plutôt que comme un dossier exclusivement lié à l’héritage de l’ancien programme nucléaire.
Cette évolution intervient alors que la question de la prolifération nucléaire au Moyen-Orient demeure extrêmement sensible, notamment en raison des inquiétudes persistantes d’Israël quant à l’apparition de programmes nucléaires clandestins dans la région. Le traitement du dossier syrien par l’intermédiaire de l’AIEA pourrait fournir un mécanisme international permettant de vérifier la nature des matières et des sites liés à l’ancien programme, plutôt que de laisser cette question exposée aux spéculations ou à des initiatives militaires unilatérales.
