Le secret derrière la disparition de la voix de Mojtaba Khamenei
Le journal iranien Hamshahri, affilié à la municipalité de Téhéran, a révélé que des considérations techniques et liées au renseignement expliquent le refus du nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, d’utiliser des enregistrements audio, privilégiant à la place les correspondances écrites traditionnelles.
Le quotidien explique que les fichiers audio ne se limitent plus à transmettre des paroles ou le timbre d’une voix ; ils contiennent désormais des données techniques cachées susceptibles d’être exploitées pour déterminer avec précision la localisation géographique et temporelle de l’orateur grâce à des techniques d’analyse avancées.
Le rapport souligne que les méthodes les plus importantes incluent l’analyse de la réverbération acoustique d’une pièce afin d’estimer les dimensions du lieu, l’empreinte du réseau électrique (Electrical Network Frequency – ENF) permettant d’identifier la date et le lieu de l’enregistrement, ainsi que l’analyse de l’empreinte matérielle des appareils d’enregistrement.
Il mentionne également l’exploitation des bruits de fond produits par les systèmes de ventilation, les générateurs et les équipements de refroidissement afin de réduire davantage la zone de localisation.
Selon le journal, ces capacités avancées du renseignement ont conduit à privilégier les correspondances papier, considérées comme une option plus sûre, permettant de limiter les risques de traçage et de préserver la confidentialité des déplacements de la direction.
L’absence totale d’apparitions publiques de Mojtaba Khamenei, que ce soit par la voix ou par l’image depuis son accession au pouvoir en mars 2026, notamment lors des funérailles de son père, ainsi que son recours exclusif aux déclarations écrites, ont alimenté de nombreuses spéculations sur son sort.
Ces interrogations interviennent dans un contexte marqué par des rapports de renseignement contradictoires faisant état de graves blessures qu’il aurait subies lors d’un raid en février 2026, tandis que le gouvernement iranien affirme qu’il continue de gérer les affaires de l’État et les dossiers sensibles depuis les coulisses.
