Le Mossad et la CIA traquent Mojtaba Khamenei : trois hypothèses et un jeu possible
Mojtaba Khamenei est devenu l’une des personnalités les plus mystérieuses du Moyen-Orient depuis qu’il a pris ses fonctions de Guide suprême de l’Iran, succédant à son père, tué lors d’une frappe israélienne.
Alors que des communiqués en son nom sont diffusés par les médias officiels, il n’est apparu lors d’aucun événement public, pas même aux funérailles de son père. Aucune photographie ni aucun enregistrement vidéo ou audio authentifié de lui n’a été rendu public, ce qui aurait conduit les services de renseignement américains et israéliens à intensifier leurs efforts pour déterminer où il se trouve et même pour établir s’il est toujours en vie, selon le quotidien britannique The Times, qui cite d’anciens responsables du renseignement et des experts.
Selon le rapport, la disparition de Mojtaba Khamenei représente un défi inhabituel pour les services de renseignement.
Alors qu’il serait soupçonné d’avoir cessé d’utiliser les téléphones, les ordinateurs et les moyens de communication modernes depuis environ cinq mois, les opérations de surveillance électronique ont perdu une grande partie de leur efficacité.
Cette situation aurait contraint la Central Intelligence Agency américaine (CIA) et le Mossad israélien à revenir aux méthodes traditionnelles du renseignement humain, en tentant de pénétrer son cercle rapproché et de suivre les intermédiaires soupçonnés de transmettre des messages à destination ou en provenance de Mojtaba Khamenei.
Selon certaines estimations, les messages pourraient être transmis sur papier par l’intermédiaire d’une chaîne de relais, de sorte qu’aucun des intermédiaires ne connaisse l’identité de l’expéditeur ou celle du destinataire final. Cette méthode viserait à réduire les risques de localisation et de détection.
Certains anciens responsables estiment également que seules deux ou trois personnes au sein des Gardiens de la révolution iraniens seraient en mesure de communiquer directement avec lui, ce qui rendrait son identification et son accès particulièrement complexes.
Malgré l’intensité des recherches, les informations disponibles sur son lieu de résidence ou de refuge demeurent extrêmement limitées.
Les principales hypothèses évoquent la possibilité qu’il se cache dans un réseau de tunnels souterrains sous la capitale, Téhéran, ou dans une installation militaire fortifiée située près de la ville de Qom. Toutefois, ces scénarios restent de simples estimations du renseignement, qui n’ont été confirmées par aucune preuve indépendante ni par aucune information publique.
Certains anciens responsables des services de renseignement vont encore plus loin et n’excluent pas la possibilité que Mojtaba Khamenei ait été tué ou grièvement blessé lors de la frappe qui a coûté la vie à son père, et que les Gardiens de la révolution continuent de publier des communiqués en son nom afin de préserver la cohésion et la légitimité du régime pendant la période de guerre.
À l’inverse, aucune information vérifiée ne vient étayer cette hypothèse, et aucun indice officiel ne permet de la confirmer ou de l’infirmer.
Le rapport ajoute que le Mossad concentre principalement ses efforts sur deux questions considérées comme essentielles pour comprendre la situation en Iran : Mojtaba Khamenei est-il toujours en vie ? Et, dans l’affirmative, où se trouve-t-il ?
D’anciens responsables du renseignement estiment que les réponses à ces deux questions pourraient révéler beaucoup d’éléments sur le fonctionnement du processus décisionnel au sein du régime iranien, sans pour autant entraîner nécessairement une modification immédiate de la trajectoire du conflit.
Parmi les autres hypothèses évoquées figure celle selon laquelle des personnes ressemblant à Mojtaba Khamenei pourraient être utilisées afin de tromper les opérations de surveillance. Toutefois, le rapport souligne que cette possibilité ne repose sur aucune preuve établie et demeure au stade des spéculations circulant dans certains milieux du renseignement.
Le rapport cite par ailleurs le président iranien Massoud Pezeshkian, qui aurait déclaré avoir rencontré Mojtaba Khamenei pendant deux heures et demie et l’avoir trouvé en bonne santé. Cependant, un ancien responsable du Mossad a mis en doute ce récit, estimant qu’il ne constitue pas une preuve vérifiable, notamment en l’absence de toute apparition publique ou d’un enregistrement vidéo authentifiant cette rencontre.
Le rapport indique que les services de renseignement israéliens disposent d’un réseau de renseignement humain en Iran considéré comme plus développé que son équivalent américain. Toutefois, d’anciens responsables soulignent que parvenir jusqu’au cercle restreint entourant le Guide suprême demeure l’une des missions les plus difficiles pour les services de renseignement, en raison des mesures de sécurité extrêmement strictes qui entourent la direction du régime.
Selon le rapport, le mystère ne concerne pas uniquement le lieu où se trouve Mojtaba Khamenei, mais également l’étendue de son pouvoir réel.
Si le commandement militaire et les décisions stratégiques sont effectivement gérés par les Gardiens de la révolution, alors déterminer où se trouve le Guide suprême, voire le prendre pour cible, pourrait ne pas entraîner de changement fondamental dans la structure du pouvoir iranien. Cela pourrait au contraire ouvrir la voie à de nouveaux arrangements politiques et institutionnels dont les conséquences seraient difficiles à prévoir, conclut le rapport.
