La Tunisie dément le récit des Frères musulmans sur les conditions de détention et l’état de santé de Ghannouchi
Le mouvement des Frères musulmans, qualifié de terroriste dans le texte, continue d’exploiter les rumeurs et de tenter de semer la confusion en Tunisie, en relayant des allégations concernant les conditions de détention de ses dirigeants, alors que les autorités affirment respecter les procédures légales à l’égard de tous.
L’Administration générale des prisons et de la rééducation, une institution publique, a démenti les informations faisant état d’une détérioration de l’état de santé de certains détenus en raison de la vague de chaleur intense qui sévit actuellement dans le pays.
Dans un communiqué publié lundi soir, l’administration a affirmé qu’« à la suite des conditions climatiques exceptionnelles caractérisées par la hausse des températures, toutes les mesures nécessaires ont été prises au sein des établissements pénitentiaires en matière de conditions d’hébergement et de prise en charge médicale ».
Dans ce contexte, l’administration a également démenti « les informations faisant état d’une dégradation de l’état de santé de certains détenus et de la privation de leurs proches et de leurs avocats de leur droit de leur rendre visite », assurant que « tous les détenus bénéficient d’une prise en charge médicale conformément aux réglementations en vigueur, assurée par le personnel médical et paramédical des établissements pénitentiaires. Lorsque cela est nécessaire, ils sont orientés vers les services d’urgence des établissements hospitaliers publics afin de recevoir les soins requis. Les visites sont également organisées conformément aux procédures légales et aux réglementations en vigueur ».
Plus tôt lundi, le comité de défense du dirigeant tunisien des Frères musulmans, Rached Ghannouchi, avait demandé que son état de santé soit immédiatement rendu public et que ses avocats ainsi que les membres de sa famille soient autorisés à lui rendre visite sans délai.
Le mouvement Ennahdha a également exprimé, dans un communiqué, son « inquiétude » face à ce qu’il a présenté comme des « informations faisant état d’une détérioration grave et préoccupante de l’état de santé de Ghannouchi ».
La Tunisie traverse actuellement une période marquée par une vague de rumeurs relayées par le mouvement, portant notamment sur l’état de santé des détenus, la santé du président Kaïs Saïed, la sécurité intérieure ainsi que des crises essentielles telles que l’approvisionnement en eau et en électricité. Certaines pages sur les réseaux sociaux auraient exploité ces sujets afin de semer la confusion.
Selon des observateurs, des réseaux liés aux Frères musulmans seraient actifs sur les réseaux sociaux dans le but de diffuser de fausses informations, dans l’espoir de trouver une brèche leur permettant de revenir sur le devant de la scène après avoir été rejetés politiquement et par une partie de l’opinion publique.
Ces rumeurs interviennent alors que le Parlement tunisien examine une initiative visant à classer les Frères musulmans comme une organisation « terroriste », dans le cadre d’une procédure qui pourrait constituer une nouvelle étape dans un dossier marqué par de nombreuses accusations et controverses.
À la mi-juillet, des députés tunisiens ont présenté une proposition de loi visant, si elle était adoptée, à classer le mouvement Ennahdha, branche politique des Frères musulmans, comme une organisation « terroriste ».
Ghannouchi a fait l’objet de plusieurs condamnations judiciaires. La plus récente, prononcée à la mi-juillet, lui a infligé une peine de trois ans dans une affaire liée au financement étranger. La plus lourde remonte à juin dernier, lorsqu’il a été condamné à la réclusion à perpétuité dans l’affaire concernant l’appareil secret du mouvement.
