Grand Maghreb

Les répercussions de la décennie noire poursuivent les Frères musulmans en Tunisie : trois ans de prison pour le secrétaire général d’Ennahdha


Dans un nouvel épisode du processus de reddition de comptes visant l’organisation des Frères musulmans pour les crimes de la « décennie noire », le mouvement Ennahdha, branche tunisienne des Frères musulmans, a subi un nouveau revers judiciaire alors que ses dirigeants continuent d’être poursuivis dans des affaires liées au terrorisme.

Vendredi, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme auprès du tribunal de première instance de Tunis a condamné à trois ans de prison le secrétaire général du mouvement Ennahdha, Ajmi Lourimi, ainsi que le membre des Frères musulmans Mosab Gharbi, dans une affaire à caractère terroriste.

En juillet 2024, le parquet avait décidé de renvoyer Ajmi Lourimi et Mosab Gharbi, un jeune cadre du mouvement Ennahdha, devant le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, une juridiction spécialisée. L’affaire porte sur le fait que Lourimi aurait dissimulé Mosab Gharbi, un responsable de la jeunesse du mouvement, recherché dans une affaire de terrorisme liée à l’incitation aux troubles et à la propagation du chaos dans le pays.

Ajmi Lourimi avait été nommé secrétaire général du mouvement Ennahdha en septembre 2023, après l’incarcération du président du mouvement et de son dirigeant historique, Rached Ghannouchi, poursuivi pour des accusations de terrorisme, ainsi que celle de Monder Ounissi, président par intérim du mouvement, en septembre 2023, pour complot contre la sûreté de l’État.

Ajmi Lourimi a intégré la Faculté des lettres et des sciences humaines de Tunis en 1981, où il a commencé son activité militante au sein du Mouvement de la tendance islamique, devenu par la suite Ennahdha. Avec plusieurs autres militants, il a participé à la fondation de l’Union générale tunisienne des étudiants en avril 1984, ce qui lui a valu d’être exclu de l’université.

En 1985, il a poursuivi ses études à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Rabat, où il a obtenu une licence en philosophie. Il est ensuite retourné en Tunisie en 1988 afin de reprendre son rôle de dirigeant du Mouvement de la tendance islamique à l’université. Il est alors devenu président de son bureau politique et porte-parole du mouvement.

Parallèlement, il a également assumé la responsabilité de la rédaction de l’hebdomadaire étudiant « Al-Hadath Al-Tollabi », ce qui lui a permis de devenir membre du bureau politique du mouvement Ennahdha en cette qualité.

Lors du lancement du journal « Al-Fajr », proche des Frères musulmans, il a rejoint son comité de rédaction en tant que responsable de la rubrique universitaire, de la jeunesse et des affaires internationales.

Après l’arrestation d’Ali Larayedh, porte-parole du mouvement, et de Hammadi Jebali, directeur responsable du journal Al-Fajr, Ajmi Lourimi a été nommé, en février 1991, membre du bureau exécutif d’Ennahdha et président de son bureau politique.

Après 2011, Lourimi est revenu aux responsabilités au sein du mouvement. Il a été nommé vice-président d’Ennahdha, chargé des affaires culturelles, de l’éducation et de la jeunesse, avant de devenir membre du bureau exécutif responsable du département des médias et de la communication.

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