Salam au Hezbollah : Nous ne céderons ni au chantage ni aux menaces de guerre civile
Le Premier ministre libanais affirme que l’accord-cadre conclu avec Israël vise à définir le cadre des négociations en vue d’un accord final, mais qu’il ne constitue ni un accord définitif ni un traité.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a répondu mercredi aux tentatives du Hezbollah d’intensifier les tensions en rejetant l’accord-cadre conclu avec Israël et en appelant à renverser le gouvernement par la mobilisation populaire. Il a déclaré que « son gouvernement ne cédera ni au chantage ni aux menaces de guerre civile ».
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Dans un entretien accordé à la chaîne privée libanaise LBCI, il a déclaré : « Nous ne recherchons pas l’affrontement avec le Hezbollah et nous devons tout faire pour éviter une confrontation armée avec lui. Cependant, nous ne céderons ni au chantage ni aux menaces de guerre civile, et nous ne renoncerons pas au principe du monopole des armes par l’État. »
Vendredi soir, Beyrouth et Tel-Aviv ont signé, sous médiation américaine, un « accord-cadre » prévoyant un retrait israélien « progressif » de l’ensemble du territoire libanais, en commençant par deux zones pilotes.
L’accord ne fixe toutefois aucun calendrier précis pour le retrait de ces deux zones ni de l’ensemble du territoire libanais. Il conditionne également ce retrait à la prise en charge exclusive de la sécurité par l’armée libanaise dans les zones évacuées, ainsi qu’au désarmement de tous les groupes armés non étatiques, au premier rang desquels figure le Hezbollah.
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Alors que les autorités libanaises considèrent cet accord comme « une première étape » vers le rétablissement de la souveraineté de l’État et le retour des personnes déplacées, le Hezbollah l’a qualifié de « nul et non avenu » ainsi que d’« humiliant », estimant que le fait de conditionner le retrait israélien à son désarmement constitue un franchissement de ses lignes rouges.
À la suite de la signature de l’accord, des appels ont circulé sur les réseaux sociaux en faveur de manifestations de protestation contre cet accord-cadre, après plusieurs mouvements de contestation organisés vendredi soir dans la capitale, Beyrouth.
Vendredi, plusieurs partisans du Hezbollah, soutenu par Téhéran, ont bloqué la route de Salim Salam à Beyrouth à l’aide de pneus enflammés pour protester contre l’accord, selon l’Agence nationale d’information libanaise. Des slogans hostiles à l’armée libanaise ont été scandés, tandis que plusieurs dirigeants libanais, dont le président Joseph Aoun, ont exprimé leur soutien à l’institution militaire et condamné les attaques verbales dont elle faisait l’objet.
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Plusieurs responsables politiques, à l’instar du président du Parlement Nabih Berri, ont mis en garde contre le risque de discorde civile, appelant à faire échec à toute tentative d’entraîner le pays vers une guerre civile.
Par ailleurs, Nawaf Salam a déclaré que l’« accord-cadre » avec Israël vise à définir le processus des négociations conduisant à un accord, mais qu’il ne constitue ni un accord définitif ni un traité.
Il a précisé : « L’expression “accord-cadre” peut prêter à confusion. Nous parlons d’un cadre d’orientation destiné à définir le déroulement des négociations afin de parvenir à un accord, et non d’un accord définitif ou d’un traité. »
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Il a ajouté : « Nous ne sommes pas des adeptes des négociations avec Israël, mais nous sommes arrivés à cette étape après deux guerres qui ont fait des milliers de victimes. La première a causé des dommages directs dépassant 7 milliards de dollars, sans compter les pertes économiques estimées à près de 13 milliards de dollars. »
Il a souligné que « si ce cadre est appliqué, il devrait conduire au retrait israélien du Liban et permettre à nos concitoyens déplacés de regagner leurs villages et leurs foyers dans des conditions sûres et dignes. Notre objectif est de permettre aux habitants du Sud de retourner chez eux et de mettre un terme aux souffrances. »
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Israël occupe depuis plusieurs années des zones du sud du Liban, certaines depuis plusieurs décennies, tandis qu’il a pris le contrôle d’autres territoires au cours du dernier conflit entre 2023 et 2024. Lors de l’offensive actuelle, ses forces ont pénétré sur plus de dix kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.
Depuis le 2 mars 2026, Israël mène une offensive militaire au Liban qui, selon le ministère libanais de la Santé, a fait plus de 4 000 morts, plus de 12 000 blessés et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes.
