L'Europe

Les cinq défis auxquels sera confronté le nouveau Premier ministre britannique


Cinq dossiers majeurs attendent le prochain Premier ministre du Royaume-Uni, allant de l’immigration à la défense, en passant par la réforme de la protection sociale.

Andy Burnham est sur le point d’accéder au poste de Premier ministre britannique dans les prochaines semaines et devra immédiatement faire face à un ensemble considérable de problèmes auxquels le pays est confronté.

Selon le journal britannique The Sun, Burnham a prêté serment au Parlement lundi, après sa victoire lors de l’élection partielle de Macclesfield la semaine dernière.

Le soutien massif dont il a bénéficié de la part des députés du Parti travailliste a conduit à la démission du Premier ministre Keir Starmer, et Burnham devrait être officiellement investi d’ici le 17 juillet prochain.

Il se prépare désormais à affronter plusieurs dossiers complexes. Le journal a ainsi mis en lumière les cinq principaux défis qui l’attendent.

L’immigration

La maîtrise de l’immigration constitue l’une des principales préoccupations des électeurs, qu’il s’agisse de l’immigration légale ou de la crise des petites embarcations traversant la Manche.

À ce stade, Burnham semble soutenir les réformes engagées par la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood visant à réduire le nombre de migrants et à renforcer les contrôles sur les traversées de la Manche.

La ministre a notamment modifié le système d’accès au statut de résident permanent, ce qui signifie que les migrants devront désormais attendre dix ans au lieu de cinq avant de pouvoir bénéficier de certains avantages.

Malgré ces mesures, plus de 11 000 migrants ont traversé la Manche à bord de petites embarcations depuis le début de l’année, tandis que l’opinion publique réclame de plus en plus une politique migratoire plus stricte.

La défense

Les proches de Burnham estiment que le financement du ministère de la Défense constituera le dossier le plus difficile à gérer, d’autant que le principal programme d’investissement militaire porté par Starmer semble avoir été gelé après sa démission.

Burnham a soutenu les projets gouvernementaux visant à accroître les dépenses militaires, tout en indiquant qu’il serait davantage disposé à recourir à l’emprunt pour financer les forces armées.

Après la démission de l’ancien ministre de la Défense, John Healey, Burnham a déclaré qu’il réduirait le budget consacré à la protection sociale afin d’augmenter les dépenses de défense.

Les projets actuellement à l’étude prévoient de porter les dépenses militaires britanniques à seulement 2,86 % du PIB, un niveau bien inférieur à l’objectif fixé de 3 %.

Il demeure toutefois incertain de savoir quelles taxes Burnham pourrait augmenter ou quelles réductions il pourrait imposer dans le domaine de la protection sociale afin de financer cette hausse.

La protection sociale

La tentative de réduction du budget de la protection sociale a fortement affaibli l’autorité de Starmer après que son propre parti a empêché une diminution des aides sociales estimée à seulement 6 milliards de livres sterling.

À l’époque, Burnham s’était rangé du côté de l’opposition, affirmant que le gouvernement avait fait « le mauvais choix », ce qui lui avait permis de gagner le soutien de l’aile gauche du Parti travailliste.

Depuis lors, il a toutefois nuancé sa position et reconnu la nécessité de réduire les dépenses sociales selon une approche différente.

Le budget de la protection sociale devrait atteindre 400 milliards de livres sterling d’ici la fin de la décennie et risque de devenir un fardeau financier de plus en plus difficile à supporter.

Toutefois, toute réduction de certaines prestations resterait très impopulaire auprès de nombreux députés et sympathisants qui ont contribué à son retour au Parlement.

L’économie

Burnham hérite d’une économie marquée par une croissance ralentie, une fiscalité élevée et un endettement considérable.

Il doit présenter la semaine prochaine un exposé détaillé de son programme économique, notamment en matière de fiscalité et de dépenses publiques.

Wes Streeting apparaît comme le candidat le plus probable au poste de chancelier de l’Échiquier après avoir renoncé à la course à la direction du parti et apporté son soutien total à Burnham.

Ses positions en faveur de la discipline budgétaire et de choix financiers transparents ont été saluées par de nombreux acteurs de la City de Londres.

Cependant, le programme politique plus à gauche de Burnham suscite certaines inquiétudes sur les marchés, notamment à la lumière de ses déclarations antérieures affirmant que le Royaume-Uni ne devait pas être « pris en otage » par les marchés obligataires.

Lorsqu’il dirigeait le Grand Manchester, Burnham avait plaidé pour un renforcement de la propriété publique dans les secteurs des transports et de l’eau, ainsi que pour une augmentation des dépenses publiques représentant plusieurs milliards de livres.

Il s’est néanmoins engagé à respecter les règles budgétaires établies par Rachel Reeves afin d’éviter une hausse excessive de la dette, ce qui limitera ses marges de manœuvre financières.

Le Brexit

La redéfinition des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne constituait l’un des principaux objectifs de Starmer après dix années écoulées depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union.

Son gouvernement avait toutefois fixé des lignes rouges strictes, excluant notamment le rétablissement de la libre circulation des personnes ainsi qu’un retour dans l’union douanière.

Burnham avait auparavant exprimé son souhait de voir le Royaume-Uni réintégrer un jour l’Union européenne.

Cependant, durant la campagne de l’élection partielle de Macclesfield, il a promis de ne pas relancer le débat sur le Brexit et a pris ses distances avec son ancienne vision d’un retour au sein du bloc européen.

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