Politique

Israël négocie avec les États-Unis le maintien de ses forces au Liban


L’armée israélienne demande au gouvernement de préserver sa liberté de mener des opérations sur l’ensemble du territoire libanais, de conserver une zone tampon et de poursuivre le désarmement du Hezbollah.

Un haut responsable israélien proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël menait actuellement « des négociations difficiles » avec les États-Unis concernant le maintien du déploiement de ses forces dans le sud du Liban. Cette situation intervient après que le président américain Donald Trump a mis en garde le gouvernement israélien contre toute escalade, à la suite de la conclusion d’un accord de paix avec Téhéran prévoyant l’arrêt des opérations sur le théâtre libanais.

Le responsable a ajouté que l’État hébreu n’avait pas l’intention de revenir sur ses positions. Par ailleurs, l’armée israélienne aurait demandé au gouvernement de préserver sa liberté de conduire des frappes dans toutes les régions du Liban, de maintenir une zone de sécurité tampon et de poursuivre les efforts visant au désarmement du Hezbollah.

Le quotidien israélien Yedioth Ahronoth a rapporté que l’armée avait adressé un message important aux dirigeants politiques concernant les opérations militaires au Liban, soulignant que « l’armée exige la préservation de sa liberté d’action sur l’ensemble du territoire libanais ».

Récemment, Benjamin Netanyahu a annoncé que l’armée poursuivrait l’occupation de ce qu’il qualifie de « zone de sécurité tampon » dans le sud du Liban. Concernant les armes, le Hezbollah a réaffirmé à plusieurs reprises son attachement à son arsenal, affirmant qu’il constitue un « mouvement de résistance » face à l’occupation israélienne.

Selon le journal, l’arrêt récent des frappes israéliennes dans les profondeurs du territoire libanais s’expliquerait par « l’absence d’instructions claires de la part de la direction politique ; l’armée ne sait pas ce qui est autorisé et ce qui est interdit ». Le quotidien estime que la situation dans le sud du Liban est devenue « ambiguë et extrêmement complexe » pour l’armée israélienne depuis l’annonce, mercredi, par Donald Trump de la signature d’un accord avec l’Iran.

Le journal ajoute qu’un climat d’incertitude règne au sein de l’armée concernant l’avenir des forces israéliennes déployées dans le sud du Liban.

Israël occupe plusieurs zones du sud du Liban, certaines depuis plusieurs décennies et d’autres depuis la guerre ayant opposé les parties entre 2023 et 2024. Au cours de l’offensive actuelle, les forces israéliennes se seraient avancées à plus de dix kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.

Selon les données du ministère libanais de la Santé, l’offensive israélienne de grande ampleur contre le Liban a causé la mort de 3 884 personnes et fait 11 856 blessés, tout en provoquant le déplacement de plus d’un million de personnes.

Fait inhabituel, Donald Trump a récemment adressé plusieurs critiques à Israël, affirmant notamment que le pays « se comporte mal au Liban ». À propos de Benjamin Netanyahu, le président américain a déclaré : « Nous avons quelques divergences concernant le Liban. Je dis à Bibi : vous pouvez faire preuve de davantage de retenue ; il n’est pas nécessaire de détruire un bâtiment chaque fois qu’un membre du Hezbollah y entre. »

Au cours des derniers mois, Washington a accueilli plusieurs cycles de négociations entre le Liban et Israël dans le cadre d’un processus visant à parvenir à un accord sur les questions litigieuses entre les deux parties.

De nombreux analystes et médias israéliens ont vivement critiqué le mémorandum d’entente conclu entre Washington et Téhéran, estimant qu’il va à l’encontre des intérêts de Tel-Aviv. Certains l’ont même qualifié de « mémorandum de capitulation » américaine.

Benjamin Netanyahu fait également l’objet de vives critiques, notamment après avoir déclaré qu’il ignorait les détails de l’accord. L’opposition l’accuse d’échec et de mensonge, estimant que le président américain l’a « humilié » et tenu à l’écart des négociations.

Le Premier ministre israélien fait par ailleurs l’objet, depuis 2024, d’une demande de comparution devant la International Criminal Court pour des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis contre les Palestiniens dans la bande de Gaza au cours du conflit déclenché par Israël avec le soutien américain en 2023.

Israël et les États-Unis avaient lancé, le 28 février dernier, une guerre contre l’Iran qui, selon Téhéran, a causé plus de trois mille morts. L’Iran a riposté par des attaques ayant provoqué la mort de citoyens israéliens et américains.

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