Grand Maghreb

Une approche marocaine qui fait du football un outil d’intégration et de lutte contre les discriminations


L’ambassadeur du Maroc auprès des Nations unies a révélé que cette initiative s’inscrit dans une orientation plus large visant à accorder au sport une fonction concrète en tant qu’outil complémentaire des droits et des services essentiels, et non comme un substitut à ceux-ci.

Le Maroc a appelé mardi à l’adoption d’une approche humaine et globale des questions migratoires et de l’asile, fondée sur l’utilisation du football comme instrument de promotion de l’intégration, du rapprochement entre les peuples et de la lutte contre la montée des manifestations de xénophobie. Cet appel a été lancé lors d’un événement organisé en marge de la 62e session du United Nations Human Rights Council à Genève.

L’ambassadeur du Maroc auprès de l’Office des Nations unies à Genève, Omar Zniber, a souligné que le football dépasse le simple cadre de la compétition sportive pour constituer un espace commun réunissant les individus autour de valeurs telles que le travail collectif, la confiance et la discipline. Selon lui, cela permet de dépasser les différences liées à la nationalité, à la langue ou au statut juridique et de transformer la diversité en un facteur de richesse pour la société.

Cette proposition reflète la volonté de Rabat de faire du sport un complément aux droits fondamentaux et aux services essentiels, contribuant ainsi à renforcer la confiance et la compréhension mutuelle entre les différentes composantes de la société, à réduire les tensions liées aux questions migratoires et à promouvoir une culture de coexistence.

Cette vision traduit une approche marocaine fondée sur le passage d’une perception de la migration comme un défi sécuritaire ou social à une opportunité de construire des sociétés plus ouvertes et plus cohésives, grâce à l’encouragement des interactions positives entre migrants et populations locales ainsi qu’au renforcement du sentiment d’appartenance commune.

À travers cette politique, Rabat cherche à consolider l’image du Maroc en tant que passerelle entre l’Afrique et l’Europe, ainsi qu’en tant qu’acteur régional défendant des approches humanistes de la migration fondées sur l’intégration et la coopération internationale plutôt que sur des politiques exclusivement axées sur le contrôle et la dissuasion.

L’approche marocaine en matière migratoire ne se limite pas à encourager l’intégration des migrants dans les sociétés d’accueil. Elle repose également sur une vision plus large visant à traiter les causes profondes de la migration irrégulière dans les pays d’origine, notamment à travers le renforcement du développement économique, l’élargissement des opportunités d’emploi et l’amélioration des conditions de vie, afin de réduire les facteurs poussant des milliers de jeunes à quitter leur pays.

Dans ce contexte, le Royaume défend une approche multidimensionnelle considérant que les flux migratoires ne peuvent être gérés uniquement par des réponses sécuritaires, mais nécessitent des partenariats fondés sur le développement, la solidarité et le partage des responsabilités entre les pays d’origine, de transit et de destination. C’est dans cette optique que le Maroc plaide régulièrement pour placer l’être humain au cœur des politiques migratoires.

Des observateurs estiment que la vision défendue par le Maroc repose sur la conviction que l’investissement dans le développement des pays africains et la correction des déséquilibres économiques et sociaux constituent les moyens les plus efficaces de réduire les pressions migratoires, tout en favorisant l’intégration des migrants et en combattant les discriminations ainsi que les discours de haine dans les sociétés d’accueil.

Des études et rapports publiés par plusieurs agences des Nations unies ont montré que les activités sportives contribuent à améliorer le bien-être des réfugiés et des migrants, les aident à construire des réseaux sociaux et facilitent leur intégration professionnelle et sociale dans les sociétés d’accueil.

Dans cette perspective, le Maroc considère le football comme un outil transversal pouvant être mobilisé pour protéger les groupes vulnérables, autonomiser les jeunes et renforcer les liens avec les communautés marocaines établies à l’étranger. Il peut également jouer un rôle important dans la lutte contre les sentiments hostiles aux étrangers et dans la diffusion de récits positifs mettant en valeur la contribution des migrants aux sociétés dans lesquelles ils vivent.

Dans le cadre de ses efforts visant à élargir les espaces de dialogue et de coopération, le Royaume a lancé, en partenariat avec International Organization for Migration, l’initiative intitulée « Groupe des amis du sport et de la migration » à Genève. Cette plateforme a pour objectif de favoriser l’échange d’expériences entre les États et d’intégrer la dimension sportive dans les politiques publiques relatives à la migration et à l’intégration.

Cette vision acquiert une dimension supplémentaire avec les préparatifs du Maroc pour l’organisation de la 2023 FIFA World Cup en partenariat avec Spain et Portugal. Rabat considère cet événement mondial comme une occasion de démontrer la capacité du sport à rapprocher les peuples et les cultures et à transformer les compétitions sportives en plateformes de dialogue et de communication entre les continents et les générations.

Les récentes initiatives marocaines traduisent une volonté claire de promouvoir un modèle fondé sur la construction de ponts et le renforcement des valeurs d’ouverture et de diversité, à un moment où de nombreux pays connaissent une montée des discours populistes et des positions hostiles à l’immigration. Cette approche confère à la stratégie marocaine une dimension politique et humaine qui dépasse largement le cadre du sport pour s’inscrire dans la recherche de sociétés plus inclusives et plus cohésives.

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