Trump laisse entendre que l’Iran restera sous le feu jusqu’à la conclusion d’un accord
Le président américain affirme que des responsables iraniens l’ont contacté pour demander l’arrêt des bombardements, ce que Téhéran dément.
Le président américain Donald Trump a déclaré que les attaques contre l’Iran se poursuivront « avec intensité » en l’absence d’un accord entre les deux pays, ce qui laisse présager une volonté d’escalade de la part des États-Unis et menace une trêve déjà fragile, dans un contexte marqué par des inquiétudes quant aux conséquences économiques de la poursuite du conflit. Selon plusieurs observateurs, ces déclarations visent à faire pression sur Téhéran afin qu’il accepte ses conditions et conclut un accord.
Lors d’une intervention depuis la salle des opérations de la Maison-Blanche, relayée jeudi par la chaîne Fox News, Trump a indiqué que 49 missiles Tomahawk avaient été utilisés pour frapper des cibles à l’intérieur de l’Iran au cours de la nuit précédente. Il a ajouté que des avions de combat américains avaient survolé l’espace aérien iranien et détruit des systèmes radar ainsi que des défenses aériennes dans le sud-ouest du pays.
Dans le même temps, il a affirmé que de hauts responsables iraniens l’avaient contacté pour demander l’arrêt des bombardements, précisant que les attaques cesseraient prochainement.
Évoquant l’éventualité d’un refus iranien de signer un accord, Trump a employé des termes injurieux avant de déclarer : « S’ils ne signent pas l’accord, nous les bombarderons durement demain. »
De son côté, un haut responsable iranien a démenti les affirmations du président américain selon lesquelles des responsables iraniens auraient pris contact avec lui pour demander un cessez-le-feu.
Sans révéler son identité, ce responsable a déclaré à la télévision iranienne : « L’affirmation de Trump selon laquelle des responsables iraniens lui auraient parlé directement et demandé l’arrêt des bombardements est totalement mensongère. » Il a ajouté : « Aucun contact n’a eu lieu avec lui, et l’Iran répond militairement aux agressions. »
À l’aube de jeudi, le Corps des gardiens de la révolution islamique a annoncé avoir visé, à l’aide de missiles et de drones, plusieurs objectifs situés sur des bases militaires au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie, en représailles aux frappes américaines menées contre différentes régions d’Iran.
Mercredi soir, le commandement central américain (CENTCOM) avait annoncé le lancement de frappes contre plusieurs objectifs situés à l’intérieur de l’Iran.
Dans un communiqué, il a indiqué que ses forces avaient commencé, à 17 h 15 heure de la côte Est des États-Unis (21 h 15 GMT), « des frappes défensives supplémentaires contre plusieurs cibles en Iran, sur ordre du commandant en chef des forces armées ».
Entre blocages et optimisme prudent, Téhéran et Washington poursuivent depuis le début de la trêve actuelle, le 8 avril dernier, des négociations destinées à mettre fin à la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février.
Les inquiétudes grandissent aux États-Unis concernant les répercussions économiques de la poursuite de l’affrontement militaire avec l’Iran, alors que plusieurs indicateurs signalent une accélération de l’inflation. Cette situation place l’administration du président Donald Trump face à des défis croissants à quelques mois seulement des élections de mi-mandat du Congrès.
Au milieu des débats sur le coût de la guerre et ses effets sur les marchés, Trump a minimisé l’importance des dernières statistiques montrant une hausse de l’inflation à des niveaux inédits depuis plusieurs années, estimant que les pressions actuelles étaient temporaires et directement liées à la situation sécuritaire dans la région du Golfe.
Le président américain s’est déclaré convaincu que la situation économique s’améliore sensiblement dès la fin du conflit et la réduction des risques pesant sur les flux énergétiques mondiaux.
L’administration américaine fait face à des critiques de ses adversaires politiques en raison de l’impact de la crise sur le pouvoir d’achat des ménages, notamment à travers l’augmentation des prix du carburant, des coûts de transport et de nombreux produits de première nécessité.
Les responsables républicains craignent que les conditions de vie deviennent un facteur décisif lors des prochaines élections, les électeurs accordant davantage d’importance aux prix et aux revenus qu’aux questions de politique étrangère.
La Maison-Blanche attribue une grande partie des pressions inflationnistes aux tensions qui ont affecté le détroit d’Hormuz, l’une des principales voies maritimes de transport du pétrole dans le monde. Les inquiétudes liées à d’éventuelles perturbations des approvisionnements ont provoqué une hausse des prix de l’énergie sur les marchés internationaux, entraînant une augmentation directe des coûts de production et de transport aux États-Unis.
Trump ironise sur les conséquences économiques de la guerre : « J’aime l’inflation »
Trump a révélé que son administration avait adopté des mesures exceptionnelles afin de préserver les flux pétroliers et d’éviter de fortes perturbations sur les marchés, expliquant que ces initiatives visaient à limiter des risques qui auraient pu entraîner une hausse encore plus importante des prix.
Il a souligné que le coût de ces mesures était justifié au regard des pertes économiques potentielles qui auraient résulté d’une interruption des approvisionnements énergétiques.
Concernant l’inflation, le président américain a déclaré : « J’aime l’inflation », ajoutant que « les prix baisseront considérablement après la fin de la guerre et la conclusion d’un accord de paix selon nos conditions ».
Des économistes avertissent toutefois qu’une prolongation du conflit pourrait compromettre les efforts de maîtrise de l’inflation et pousser la Réserve fédérale à maintenir les taux d’intérêt à des niveaux élevés plus longtemps que prévu.
Cela signifierait la poursuite des pressions sur les emprunteurs, les entreprises et les ménages américains, alors même que l’administration cherche à préserver la dynamique de croissance économique.
Alors que les tensions géopolitiques continuent d’influencer les marchés de l’énergie, les perspectives de l’économie américaine semblent étroitement liées à l’évolution de la crise avec l’Iran. Selon plusieurs observateurs, toute avancée politique ou sécuritaire pourrait contribuer à apaiser les marchés et à faire baisser les prix du pétrole, tandis qu’une poursuite des affrontements risquerait d’entraîner une nouvelle vague de pressions inflationnistes et d’incertitudes économiques.
