Le Pakistan nie avoir utilisé ses bases pour héberger des chasseurs iraniens
Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a confirmé qu’un certain nombre d’avions iraniens et américains sont arrivés sur le territoire pakistanais dans le cadre de facilités liées aux déplacements des délégations diplomatiques ainsi que des équipes techniques et sécuritaires participant aux pourparlers indirects entre les deux parties, et non à des fins militaires.
Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a nié ce qu’il a qualifié d’« allégations inexactes » relayées par le réseau américain « CBC News » concernant le stationnement d’avions militaires iraniens sur la base aérienne de Nur Khan, affirmant que ce qui s’est produit ne dépasse pas des arrangements logistiques liés aux négociations en cours entre les États-Unis et l’Iran.
Des rapports médiatiques américains évoquant la présence d’avions iraniens à l’intérieur de bases aériennes pakistanaises ont suscité une vague de débats politiques et diplomatiques, à un moment où Islamabad cherche à préserver son rôle de médiateur entre Téhéran et Washington dans un processus complexe visant à consolider la trêve et à empêcher la région de glisser vers une confrontation plus large.
Dans un communiqué publié sur la plateforme « X », le ministère a indiqué que les reportages médiatiques affirmant que le Pakistan aurait offert un refuge aux avions iraniens reposent sur des spéculations dénuées de précision, estimant que de tels récits pourraient nuire aux efforts régionaux visant à réduire les tensions et à renforcer les chances de stabilité.
Il a précisé que la période ayant suivi l’annonce du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran a vu l’arrivée d’un certain nombre d’avions iraniens et américains sur le territoire pakistanais, dans le cadre de facilités liées aux déplacements des délégations diplomatiques et des équipes techniques et sécuritaires participant aux pourparlers indirects entre les deux parties.
Il a ajouté que certains avions et équipes de soutien sont restés temporairement au Pakistan dans l’attente de cycles de négociations ultérieurs, soulignant que ces mesures s’inscrivent dans les arrangements diplomatiques habituels et ne comportent aucune dimension militaire ou sécuritaire comme cela a été présenté.
La réponse pakistanaise est intervenue après que le réseau « CBC News » a cité des responsables américains affirmant qu’Islamabad aurait secrètement permis aux avions iraniens d’utiliser ses bases aériennes, dans une démarche qui aurait, selon eux, offert à Téhéran une protection contre d’éventuelles frappes aériennes. Toutefois, un responsable pakistanais a catégoriquement démenti ces informations, affirmant que son pays ne participe à aucun arrangement militaire contraire à ses engagements internationaux.
Malgré la non-reprise des négociations officielles entre Washington et Téhéran jusqu’à présent, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a confirmé la poursuite des contacts politiques et diplomatiques entre les deux parties, précisant qu’Islamabad continue de fournir les facilités nécessaires aux visites officielles, y compris les déplacements du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
Au cours des derniers mois, le Pakistan s’est imposé comme un canal de communication principal entre l’administration américaine et les dirigeants iraniens, jouant un rôle central dans le rapprochement des points de vue lors des négociations de la trêve, ainsi que dans ses efforts visant à transformer le cessez-le-feu temporaire en un accord plus durable.
Cependant, ce processus continue de faire face à d’importants défis, dans un contexte de divergences persistantes entre Washington et Téhéran sur plusieurs dossiers sensibles, notamment l’influence régionale iranienne, les sanctions économiques et la sécurité de la navigation dans le Golfe.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a indiqué que la trêve avec l’Iran traverse une phase délicate et pourrait être menacée d’effondrement, après que les réponses de Téhéran aux propositions américaines ont révélé la persistance de divergences fondamentales entre les deux parties.
L’Iran, selon ce qui a filtré des discussions, maintient un ensemble de revendications liées à la levée des sanctions américaines, à l’obtention de garanties contre la répétition d’attaques militaires, ainsi qu’à la levée des restrictions imposées à ses exportations pétrolières, tout en réaffirmant sa souveraineté sur le détroit d’Ormuz, qui constitue l’un des passages énergétiques les plus importants au monde.
