L’Iran à Trump : nous n’avons pas demandé la prolongation de la trêve, et le perdant n’impose pas ses conditions
La trêve annoncée, qui est entrée dans une phase de fortes tensions, semble n’être qu’un simple écran tactique temporaire pour un conflit ouvert dont l’issue demeure encore incertaine.
Dans une réponse au ton clairement défiant, Mehdi Mohammadi, conseiller du président du Parlement iranien, a minimisé l’annonce du président américain Donald Trump concernant la prolongation du cessez-le-feu, affirmant que « le perdant ne peut pas fixer les conditions », tout en soulignant que Téhéran n’a, à l’origine, jamais demandé la prolongation de la trêve. Cette position intervient dans le contexte d’une trêve qui, malgré sa fragilité, apparaît comme une option préférée, quoique non déclarée, par les deux parties, afin d’éviter un coût économique et militaire qui a lourdement pesé sur tous.
Les déclarations iraniennes ont également comporté une escalade dans la qualification des mesures américaines. Mohammadi a ainsi estimé que le blocus maritime que Washington continue d’imposer dans le détroit d’Ormuz « ne diffère en rien d’un bombardement », appelant à y répondre militairement. Cette position reflète l’attachement de Téhéran à refuser toute dissociation entre l’accalmie militaire et les pressions sur le terrain, considérant que la poursuite du blocus vide toute trêve de sa signification réelle.
Dans le même contexte, des médias iraniens, dont l’agence semi-officielle Tasnim, ont indiqué que l’Iran n’était pas à l’origine de la demande de prolongation du cessez-le-feu annoncé depuis le 8 avril, estimant que ce qui se déroule dans le détroit d’Ormuz constitue la preuve de la « poursuite de l’hostilité américaine ». Ils ont affirmé que Téhéran ne procédera pas à la réouverture du détroit tant que le blocus maritime restera en vigueur, plaçant ainsi l’un des passages maritimes les plus vitaux au monde au cœur des tensions.
Trump avait annoncé mardi soir la prolongation de la trêve à la demande du Pakistan, « jusqu’à ce que Téhéran présente sa proposition », sans préciser de durée. Il a expliqué que cette décision était également liée à ce qu’il a décrit comme des divisions au sein de la direction iranienne, indiquant qu’il avait ordonné aux forces américaines de poursuivre le blocus tout en restant en état de préparation maximale, parallèlement à la suspension des opérations offensives.
Washington et Téhéran avaient annoncé, le 8 avril, une trêve de deux semaines à la suite d’une escalade militaire ayant débuté le 28 février avec la participation d’Israël, et qui a fait plus de 3 000 morts. Bien qu’Islamabad ait accueilli un cycle de négociations le 11 avril, celui-ci s’est achevé sans accord, ce qui a conduit à la prolongation de la trêve dans une tentative de relancer la voie diplomatique.
Mercredi, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a exprimé l’espoir que la prolongation du cessez-le-feu offre une véritable opportunité à la diplomatie, affirmant que son pays œuvre pour la réussite d’un second cycle de discussions visant à parvenir à un accord de paix global mettant fin durablement au conflit. Trump a justifié la prolongation en évoquant des divisions au sein de la direction iranienne, estimant que la suspension des attaques donnait à Téhéran l’occasion d’unifier sa position de négociation.
Les données de terrain et politiques révèlent que la situation dépasse largement le cadre d’une simple trêve humanitaire ou d’un pas vers la paix, pour se transformer en une véritable épreuve de force entre les deux parties. Les États-Unis utilisent la prolongation de la trêve comme un outil de pression, accompagnée d’un blocus continu visant à contraindre l’Iran à faire des concessions, tandis que Téhéran cherche à délégitimer cette pression en la présentant comme un acte hostile qui ne diffère pas de la guerre.
Il semble que chaque partie cherche à gagner du temps et à améliorer sa position de négociation : Washington mise sur les pressions économiques et militaires, tandis que Téhéran s’appuie sur la résilience et l’élévation du ton politique, en brandissant la menace d’options d’escalade. Entre ces deux dynamiques, la trêve ne demeure qu’un écran temporaire pour un conflit ouvert dont l’issue reste encore indéterminée.
