Trump maintient la pression sur l’Iran et anticipe une fin imminente de la guerre
Le chef de l’armée pakistanaise arrive à Téhéran dans le cadre des efforts déployés par Islamabad pour combler le fossé entre l’Iran et les États-Unis avant un second cycle de négociations.
Le président américain Donald Trump a estimé que la guerre avec l’Iran pourrait prendre fin dans les deux prochains jours, indiquant qu’il ne serait peut-être pas nécessaire de prolonger le cessez-le-feu de deux semaines qui expire le 21 avril. Parallèlement, le chef de l’armée pakistanaise Asim Munir, dont le pays mène des efforts de médiation, est arrivé à Téhéran, alors que des discussions évoquent un second cycle de négociations entre la République islamique et les États-Unis.
L’attention se porte déjà sur l’évolution rapide du conflit, qui a placé la région au bord d’une explosion plus large, avec des répercussions économiques et sociales graves aux niveaux régional et international.
Trump a déclaré que la guerre « approche réellement de sa fin », appelant le monde à se préparer à ce qu’il a décrit comme « deux jours stupéfiants », laissant entendre la possibilité d’une percée politique soudaine. Ces déclarations interviennent alors que le cessez-le-feu temporaire de deux semaines, qui prend fin le 21 avril, demeure en vigueur, avec des attentes quant à sa prolongation, selon des sources israéliennes.
De son côté, la visite d’Asim Munir à Téhéran constitue une étape clé dans la médiation, Islamabad cherchant à « réduire l’écart » entre les deux parties après un précédent cycle de discussions sans avancée tangible. Des sources diplomatiques évoquent la possibilité d’une reprise des pourparlers au Pakistan dans les prochains jours, soutenue par des progrès relatifs obtenus par des canaux discrets depuis le début de la semaine.
Malgré cette dynamique diplomatique, les défis persistent, notamment le différend autour du programme nucléaire iranien. Les États-Unis ont proposé la suspension des activités nucléaires iraniennes pour une durée pouvant aller jusqu’à 20 ans, tandis que Téhéran a avancé une période plus courte de trois à cinq ans, en maintenant comme condition la levée des sanctions internationales. Washington insiste également pour que les matières nucléaires enrichies soient transférées hors du territoire iranien, ce qui constitue un point de discorde supplémentaire compliquant la conclusion d’un accord final.
Les États-Unis ont annoncé que le blocus imposé aux ports iraniens avait entraîné une perturbation quasi totale du trafic maritime, aucun navire n’ayant pu franchir les restrictions au cours des premières 48 heures. Neuf navires se seraient conformés aux instructions en revenant vers les côtes iraniennes. Toutefois, des rapports iraniens ont indiqué qu’un superpétrolier aurait réussi à traverser le détroit d’Hormuz malgré le blocus, illustrant la persistance du défi mutuel entre les deux parties.
De nouveaux risques d’escalade apparaissent à l’horizon. Téhéran a averti qu’il pourrait perturber la navigation dans le golfe, la mer d’Oman et la mer Rouge si le blocus se poursuivait, ce qui pourrait élargir la crise et menacer l’une des principales artères du commerce mondial. Trump n’a pas exclu une escalade militaire, évoquant la capacité de son pays à cibler les infrastructures iraniennes « en une heure », tout en soulignant que cette option ne demeure pas privilégiée à ce stade.
L’optimisme prudent quant à la possibilité d’un accord s’est reflété sur les marchés mondiaux, avec des hausses record des actions et une stabilisation des prix du pétrole autour de 95 dollars le baril après de fortes fluctuations. Cette réaction illustre la sensibilité des marchés à tout signe d’apaisement, dans un contexte d’inquiétudes concernant l’impact du conflit sur les approvisionnements mondiaux, notamment avec la baisse des expéditions via le Golfe.
Un groupe de ministres des Finances d’environ douze pays, mené par le Royaume-Uni, a appelé à un cessez-le-feu permanent, avertissant que la poursuite du conflit laisserait des effets profonds sur l’économie mondiale, même en cas de règlement proche.
Malgré ces signaux positifs, la situation demeure complexe en raison de l’enchevêtrement des fronts. Israël poursuit ses opérations militaires contre Hezbollah au Liban, ce que Téhéran considère comme une violation du cessez-le-feu, tandis que Tel-Aviv et Washington estiment que ces opérations ne relèvent pas de l’accord.
Le cabinet de sécurité israélien doit examiner la possibilité d’une désescalade sur le front libanais, à la suite de discussions rares entre responsables israéliens et libanais à Washington.
La convergence entre les déclarations optimistes et les mouvements diplomatiques, notamment la médiation pakistanaise, dessine les contours d’une phase décisive de la crise. Toutefois, les profondes divergences, en particulier sur le dossier nucléaire, ainsi que la poursuite des tensions sur le terrain, rendent tout accord potentiel fragile et dépendant de garanties solides. Entre le ton optimiste de Trump et les efforts de médiation en coulisses, la région demeure suspendue entre une issue imminente et un possible retour à l’escalade.
