L’Iran demande officiellement aux pays du Golfe de fermer les bases américaines
Le président du Parlement iranien appelle les pays de la région à instaurer la sécurité loin de toute intervention américaine, malgré la poursuite des attaques iraniennes contre des États du Golfe.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré mardi à la télévision d’État que les pays de la région avaient été informés de la nécessité de mettre fin à la présence militaire américaine sur leurs territoires, ajoutant que « la présence américaine n’apportera pas la sécurité et que les Américains doivent partir ». Cette déclaration intervient alors que les pays du Golfe insistent sur la nécessité de maintenir la coopération avec les États-Unis dans divers domaines, voire de la renforcer, notamment après les attaques iraniennes répétées.
Ghalibaf a précisé que la présence militaire américaine au Moyen-Orient ne garantit pas la sécurité, soulignant que celle-ci doit être assurée par les pays de la région eux-mêmes.
Il a ajouté : « Le visage et l’ordre du Moyen-Orient changeront, mais pas selon les plans américains. Nous, les pays islamiques de la région, établirons l’ordre et la sécurité régionaux, tant sur le plan économique que sécuritaire. »
Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait, dès sa prise de fonction après avoir succédé à son père Ali Khamenei, assassiné au début de la guerre, appelé au retrait des forces américaines du Moyen-Orient, exhortant explicitement les pays du Golfe à cesser d’héberger ces bases.
De leur côté, plusieurs dirigeants du Corps des gardiens de la révolution islamique ont appelé au retrait des soldats américains de la région, à la fermeture des bases militaires et au versement de compensations de guerre par les pays du Golfe afin de mettre fin au conflit, des demandes qui semblent toutefois peu susceptibles de trouver un écho favorable.
Des sources médiatiques ont indiqué il y a quelques jours que les Émirats arabes unis n’envisagent pas de fermer les bases militaires américaines présentes sur leur territoire, en réponse à une demande formulée par l’Iran.
La chaîne NBC a rapporté, citant la responsable du ministère émirien des Affaires étrangères, Lana Nusseibeh, que son pays rejette les demandes iraniennes relatives à la fermeture de ces bases. Elle a également souligné que son pays, aux côtés d’autres États de la région, continue de privilégier des solutions diplomatiques pour traiter les tensions régionales.
De son côté, Doha, qui accueille la base américaine d’Al-Udeid, a confirmé la poursuite du partenariat militaire avec les États-Unis et sa volonté de renforcer la coopération en matière de défense, même après les attaques visant des bases sur son territoire. Il est également peu probable que l’Arabie saoudite et Bahreïn, qui abritent le quartier général de la Cinquième Flotte américaine, répondent favorablement à ces appels, notamment dans un contexte d’escalade iranienne sans précédent.
Au cours du conflit, Téhéran a ciblé des bases américaines à l’aide de drones et de missiles balistiques, causant la mort et des blessures parmi des soldats américains, tout en menant également des attaques contre des sites civils et des infrastructures.
Sur le terrain, les attaques contre les pays du Golfe se sont poursuivies. À Abou Dhabi, une personne a été tuée, tandis qu’un incendie s’est déclaré dans une zone industrielle de l’émirat de Fujairah mardi matin, à la suite de débris de missile balistique et d’une attaque de drone. Le Qatar a également signalé un incendie dans une zone industrielle dû à des débris d’un missile intercepté, tandis que le Koweït et l’Arabie saoudite ont annoncé avoir intercepté des attaques de missiles et de drones.
Le bureau de communication du gouvernement de Fujairah a indiqué dans un communiqué que « les autorités compétentes ont confirmé l’éclatement d’un incendie dans la zone des industries pétrolières de Fujairah, résultant d’une attaque par drones, sans faire de victimes ».
Le communiqué a ajouté que « les équipes de la défense civile de l’émirat sont intervenues immédiatement pour maîtriser l’incident ». Auparavant, le ministère émirien de la Défense avait annoncé avoir fait face à des « attaques de missiles et de drones en provenance d’Iran ».
Par la suite, le bureau des médias d’Abou Dhabi a déclaré que « les autorités compétentes de l’émirat d’Abou Dhabi ont traité un incident résultant de la chute de débris dans la zone de Bani Yas, après l’interception d’un missile balistique par les systèmes de défense aérienne, ce qui a entraîné la mort d’un ressortissant pakistanais ».
De son côté, le ministère saoudien de la Défense a annoncé, dans cinq communiqués, avoir intercepté et détruit 14 drones ayant ciblé la région orientale du pays à l’aube de mardi, sans fournir davantage de détails.
Au Koweït, l’armée a indiqué dans un communiqué avoir intercepté des attaques de missiles et de drones visant le pays, sans plus de précisions.
Enfin, le ministère qatari de l’Intérieur a déclaré mardi matin que la défense civile « gère un incendie limité dans la zone industrielle, causé par la chute de débris à la suite de l’interception d’un missile, sans qu’aucune victime ne soit signalée ».
