Politique

Téhéran triple sa production de drones dans un défi lancé à Washington


Le ministère iranien de la Défense affirme être en mesure de faire face à toute éventuelle attaque de l’armée américaine.

Le ministre par intérim de la Défense et du Soutien aux forces armées iraniennes, Seyed Majid Ibn al-Reza, a déclaré samedi que son pays avait triplé sa production de drones pendant la guerre, dans un message de défi adressé aux États-Unis et aux pays de la région, mais aussi dans une tentative de promouvoir l’image d’une capacité iranienne à reconstruire ses capacités militaires après les frappes ciblées dont elle a été la cible.

Lors d’une réunion conjointe réunissant des responsables du ministère de la Défense et des membres de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, Ibn al-Reza a affirmé, selon l’agence de presse officielle iranienne IRNA, que les forces iraniennes étaient parvenues, grâce à leurs investissements dans les technologies, à tripler la production de drones pendant la période de guerre.

Les déclarations du responsable iranien revêtent une portée politique et militaire qui dépasse leur dimension médiatique. Elles semblent être adressées aux États-Unis ainsi qu’aux pays de la région afin de démontrer que les capacités défensives et offensives de l’Iran demeurent intactes malgré les frappes ayant visé des installations militaires et des infrastructures au cours du dernier conflit. À travers ces déclarations, Téhéran cherche également à promouvoir l’idée qu’il a réussi à restaurer une partie de ses capacités militaires et à compenser les pertes subies, renforçant ainsi son image de puissance de dissuasion et affirmant que les attaques n’ont pas réussi à affaiblir son dispositif militaire ni à compromettre sa capacité à poursuivre sa production et son réarmement.

Ces messages revêtent une importance accrue dans un contexte de regain des tensions entre Washington et Téhéran, après l’annonce par le président américain Donald Trump de la fin du mémorandum d’entente entre les deux parties et son ordre de lancer de nouvelles frappes contre des cibles iraniennes. Dans ce contexte, les déclarations des responsables iraniens semblent s’inscrire dans une stratégie de dissuasion politique et psychologique visant à donner l’impression que la République islamique dispose toujours d’un arsenal capable de résister et de prolonger la confrontation en cas de reprise de la guerre. Téhéran cherche également à ancrer l’idée selon laquelle les frappes américaines et israéliennes ne sont pas parvenues à paralyser ses capacités militaires et qu’il conserve encore des leviers de puissance susceptibles d’être mobilisés dans le cadre d’une éventuelle confrontation ou de futures négociations.

Le responsable iranien a ajouté : « La dernière guerre a démontré que les investissements de l’Iran dans les technologies modernes constituent l’un des principaux éléments de sa capacité de défense. »

Il a indiqué que, durant la guerre de douze jours ainsi que lors du dernier conflit, l’Iran avait été confronté à des technologies avancées dans les domaines de la guerre militaire et de la guerre psychologique, affirmant que plus de 150 entreprises technologiques de premier plan à l’échelle mondiale travaillaient au service des États-Unis et d’Israël.

Il a néanmoins estimé que son pays avait « remporté la victoire dans les deux guerres ». À la fin de son intervention, le général de brigade Ibn al-Reza a déclaré que l’Iran, avec l’ensemble de ses institutions et de ses appareils, était prêt à faire face à toute éventuelle attaque.

La région du Golfe connaît une montée des tensions depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février dernier.

Depuis la signature d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran le 18 juin dernier, les négociations entre les deux parties se poursuivent sous la médiation du Qatar et du Pakistan afin de parvenir à un accord définitif.

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