Politique

Washington resserre l’étau maritime autour des ports iraniens


Les forces américaines ont intercepté huit pétroliers liés à l’Iran depuis le début du blocus imposé aux ports iraniens.

L’armée américaine a indiqué être parvenue à renforcer son blocus maritime autour de l’Iran, entraînant une paralysie quasi totale du trafic commercial à destination et en provenance de ses ports. Le Wall Street Journal a révélé que les forces américaines ont intercepté huit pétroliers liés à l’Iran depuis le début du blocus imposé aux ports iraniens. Cette évolution devrait avoir des répercussions sur le cours des négociations, en constituant un levier de pression majeur, ainsi que sur la situation intérieure iranienne, où la crise économique devrait s’aggraver, imposant un fardeau supplémentaire au gouvernement et suscitant la colère de l’opinion publique.

Dans un communiqué publié sur la plateforme « X », Brad Cooper, commandant du United States Central Command, a indiqué tard mardi soir que les opérations de blocus maritime étaient entrées en application de manière globale, affirmant que les forces américaines avaient établi leur domination dans la région.

Il a précisé que ces mesures avaient produit des résultats rapides, la circulation commerciale maritime liée à l’Iran ayant été totalement paralysée en moins de 36 heures.

Dans un autre communiqué, le commandement central a indiqué que l’opération avait mobilisé des destroyers navals équipés de missiles guidés, dans le cadre d’un déploiement militaire étendu dans la région. Il a souligné que les mesures de blocus s’appliquaient à tous les navires sans exception, qu’ils se dirigent vers les ports iraniens ou qu’ils en partent, quelle que soit leur nationalité.

Cette initiative américaine est susceptible d’aggraver la crise économique à Téhéran, suscitant la colère d’une population déjà confrontée à une situation économique difficile, aggravée par la guerre, la dépréciation de la monnaie et l’érosion du pouvoir d’achat. Le fait de frapper l’artère vitale des exportations pétrolières, pilier de l’économie iranienne, constitue un défi majeur. Des observateurs estiment que Washington a réussi à inverser l’équation du détroit d’Ormuz, en retirant cette carte des mains de la partie iranienne et en plaçant Téhéran en situation d’encerclement plutôt que de contrôle du trafic maritime.

Des données de navigation ont montré que le pétrolier Rich Star, soumis à des sanctions américaines, est retourné mercredi dans le détroit d’Ormuz après avoir quitté le Golfe la veille, après avoir échoué à franchir le blocus américain imposé aux navires accostant dans les ports iraniens.

Le président américain Donald Trump a annoncé le blocus dimanche, après l’échec des pourparlers de paix tenus à Islamabad entre les États-Unis et l’Iran en début de semaine.

Le navire, propriété chinoise, faisait partie d’au moins huit bâtiments ayant traversé le passage maritime mardi, premier jour du blocus américain.

Un responsable américain a indiqué qu’un destroyer américain avait intercepté mardi deux pétroliers qui tentaient de quitter le port iranien de Chabahar, sur le golfe d’Oman.

Le navire Rich Star et son propriétaire, la société Shanghai Xuanrun Shipping, ont été sanctionnés par les États-Unis pour leurs relations avec l’Iran.

Selon les données de Kpler, Rich Star est un pétrolier de taille moyenne transportant environ 250 000 barils de méthanol. Des données du London Stock Exchange Group ont montré qu’un autre navire sous sanctions américaines, le très grand pétrolier Alicia, devait entrer dans le Golfe par le détroit mercredi. Les données de Kpler indiquent que le navire vide, capable de transporter deux millions de barils de pétrole, se dirige vers l’Irak pour charger une cargaison jeudi. Le blocus a accru l’incertitude pour les compagnies maritimes, les sociétés pétrolières et les assureurs face aux risques de guerre.

Des sources industrielles ont indiqué mardi que le trafic ne représentait encore qu’une fraction des plus de 130 traversées quotidiennes enregistrées avant le déclenchement de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février.

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