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Qu’est-ce qui a transformé cette planète en enfer ?


En 2004, les astronomes ont découvert 55 Cancri e, connue sous le nom de Janssen, une exoplanète en orbite trop près de son étoile. Dans une nouvelle étude, les scientifiques fournissent quelques réponses pour expliquer cette position qui fait de Janssen un monde infernal.

Si la découverte d’exoplanètes rocheuses de type super-Terre, c’est-à-dire légèrement plus imposantes que notre Planète, est à chaque fois un événement notable, cela ne signifie pas que leur surface présente des conditions proches de celles que nous connaissons. Il y en a une, en particulier, sur laquelle personne ne voudrait vivre ou ne pourrait vivre, d’ailleurs.

55 Cancri e, surnommé « Janssen », a été découvert en 2004. masse similaire à celle de NeptuneNeptunei.e. 8 fois plus massif que la Terre et 2 fois plus grand, Janssen est la première exoplanète dont le transit devant son étoile a été observé directement depuis la Terre. Les astronomes ont rapidement remarqué que cette planète avait quelque chose d’unique. Loin d’être un monde potentiellement habitable, Janssen s’avère être un véritable enfer. Et pour cause : il orbite autour de son étoile à seulement 2,5 millions de kilomètres, à une distance ridiculement courte. À titre de comparaison, Mercure, qui est la planète la plus proche du Soleil dans notre système solaireSystème solaire, orbitant à 46 millions de kilomètres. Une année sur Janssen ne dure que 18 heures. Une autre conséquence est que sa surface doit ressembler à un océan de lavage et son intérieur pourrait être rempli de diamants !

Une planète qui n’est pas à son emplacement original

En analysant l’orbite de la planète de plus près grâce au spectromètre de précision extrême (Expres) de l’observatoire Lowell en Arizona, les scientifiques ont réalisé qu’elle gravitait au niveau de l’équateur de son étoile, nommé Copernic. Les autres planètes de ce système, cependant, montrent toutes des orbites complètement différentes, une observation qui a rapidement conduit les scientifiques à croire que Janssen n’était probablement pas à son emplacement d’origine. La planète se serait ainsi formée sur une orbite différente, plus lointaine et donc plus froide, avant de migrer progressivement vers son étoile. À mesure qu’il se rapprochait, l’attraction gravitationnelle de Copernic aurait alors changé la forme de l’orbite de Janssen. Mais pourquoi cette décision ?

Un système binaire qui poussa Janssen dans les bras de Copernic

Le système planétaire Copernicus présente certaines spécificités à prendre en compte pour répondre à cette question. Il est en effet composé de cinq exoplanètes qui orbitent autour d’une étoile de la série principale, ou étoile naine naine (la catégorie d’étoiles la plus fréquente dans l’univers). Mais Copernic fait partie d’un système binaire qui comporte une autre étoile naine rouge.

Dans cette nouvelle étude, publiée dans Nature Astronomy, les scientifiques suggèrent donc que la proximité de cette naine rouge aurait déplacé Janssen de son orbite initiale. Petit à petit, elle aurait alors été sous l’influence dominante de Copernic. Cependant, il tourne sur lui-même. La force centrifuge force centrifuge qui a pour résultat que l’étoile est légèrement aplatie aux pôles et renflée à l’équateur. C’est cette asymétrie qui aurait, par effet de gravitygravityattiré Janssen à finalement s’installer à l’équateur de Copernic.

Comprenez l’organisation étonnamment plate de notre système solaire

L’étude de l’orbite de la planète Janssen et du reste de son système planétaire est une étape importante vers une meilleure compréhension de l’organisation et de la formation de notre propre système solaire. Parce que cette dernière a une particularité : elle est étonnamment plate.

Toutes les planètes de notre système solaire orbitent en effet sur le même plan, à quelques degrés près. Cela peut sembler normal étant donné que toutes les planètes se sont formées à partir du même disque de gaz et de poussière. Et pourtant, la détection et l’observation d’autres systèmes multiplanétaires nous montrent qu’au contraire, il est assez fréquent de trouver des planètes orbitant autour de leur étoile sur différents plans, comme le système Copernicus.

L’organisation de notre système solaire pourrait-elle être une exception ? Pour répondre à cette question, Zhao et ses collègues du Flatiron Institute’s Center for Computational Astrophysics de New York envisagent maintenant de travailler sur d’autres systèmes planétaires, dans l’espoir d’en trouver un similaire au nôtre.

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