Moyen-Orient

Le Hamas dissout son gouvernement à Gaza après deux décennies d’administration du territoire


Les employés du Comité de suivi de l’action gouvernementale poursuivront leurs fonctions afin de garantir la continuité des services publics dans l’enclave assiégée.

Le bureau des médias du gouvernement de Gaza, administré par le Hamas, a annoncé lundi la dissolution du Comité de suivi de l’action gouvernementale, à la suite de la démission de son directeur et du transfert de ses compétences au Comité national pour l’administration de Gaza. Cette décision met fin à près de vingt années durant lesquelles le mouvement palestinien exerçait l’autorité gouvernementale dans la bande de Gaza.

Cette mesure ouvre la voie à la prise en charge des affaires administratives par le Comité national, dans le but de réorganiser le système administratif par l’intermédiaire de mécanismes régionaux et internationaux, conformément aux dispositions de l’accord de cessez-le-feu.

Les décisions comprennent également la démission du directeur du Comité gouvernemental d’urgence ainsi que la dissolution de cette instance, tout en confirmant que les employés du Comité de suivi de l’action gouvernementale continueront d’exercer leurs fonctions afin d’éviter toute interruption des services publics.

Selon les informations disponibles, les autorités gouvernementales de Gaza ont déjà commencé à mettre en œuvre une série de mesures exécutives visant à transférer les responsabilités administratives conformément aux nouvelles dispositions.

Lors d’une conférence de presse, le directeur du bureau des médias du gouvernement, Ismaïl al-Thawabta, a déclaré :

« Le président du Comité gouvernemental d’urgence et président par intérim du Comité de suivi de l’action gouvernementale, Mohammed Abdelkhalek al-Farra, a présenté sa démission officielle. Il a également été décidé de dissoudre le Comité gouvernemental d’urgence afin de démontrer le sérieux des mesures adoptées, d’appliquer les accords conclus et de faciliter la transition administrative. »

Il a ajouté :

« Toutes les préparations et les procédures administratives et juridiques relatives au processus de transfert des responsabilités gouvernementales dans la bande de Gaza ont été finalisées. Ces dispositions ont été présentées de manière officielle et transparente à l’équipe nationale représentant les factions et les forces palestiniennes, au Haut Comité des clans et tribus, aux organisations de la société civile, ainsi qu’en présence du représentant observateur des Nations unies. »

Le site israélien i24NEWS avait précédemment fait état d’une annonce officielle concernant la dissolution de l’instance gouvernementale chargée de l’administration de Gaza, ouvrant ainsi la voie à l’entrée en fonction du « Comité national pour l’administration de Gaza », présenté comme un organe technocratique présidé par Ali Shaath, appelé à assumer les responsabilités administratives et de prestation des services dans le cadre d’une restructuration de la gouvernance locale.

Selon le média israélien, « cette décision s’inscrit dans le cadre des efforts visant à faciliter la mise en œuvre des accords politiques et administratifs destinés à réorganiser la gestion de la bande de Gaza et à lever les obstacles empêchant le Comité national d’exercer ses fonctions ».

Parallèlement, l’attention se tourne vers Le Caire, où une nouvelle série de consultations entre les différentes factions palestiniennes devrait se tenir dans les prochains jours, avec la participation du Hamas, afin de réduire les divergences concernant les modalités de la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu, lequel demeure fragile et confronté à des défis militaires et politiques croissants.

Ces initiatives interviennent alors que les efforts de médiation régionale, conduits par l’Égypte, le Qatar et la Turquie, se poursuivent afin de consolider la trêve actuelle et d’encourager les parties à mettre en œuvre les étapes suivantes de l’accord, dans un contexte marqué par des inquiétudes quant à un éventuel effondrement des arrangements en cas d’escalade des violences ou de difficultés dans l’application des dispositions humanitaires et sécuritaires.

Des sources palestiniennes indiquent également que Le Caire accueillera des réunions élargies réunissant plusieurs factions palestiniennes, dont le Hamas, avec la possibilité de la participation de Nikolaï Mladenov, présenté comme représentant de Gaza au sein du « Conseil pour la paix », ainsi que de responsables américains impliqués dans le dossier d’une éventuelle force internationale de stabilisation, dans le cadre de discussions plus larges portant sur la période qui suivra la fin du conflit.

Toutefois, la participation de Nikolaï Mladenov demeure incertaine. Selon les informations disponibles, elle dépendrait de l’évolution des négociations politiques et du degré d’adhésion des différentes parties palestiniennes aux propositions actuellement examinées. Des sources proches de l’ancien responsable indiquent que sa présence reste conditionnée à une amélioration de la situation sur le terrain et à des avancées dans les pourparlers.

Dans un contexte parallèle, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a déclaré dimanche que la reconstruction de la bande de Gaza ne commencerait pas avant l’achèvement du désarmement des factions palestiniennes. Cette position réaffirme l’approche israélienne consistant à subordonner toute initiative économique ou humanitaire à la mise en place préalable de garanties sécuritaires, compliquant davantage la mise en œuvre des accords existants.

Les déclarations de Benjamin Netanyahou interviennent alors que les discussions se multiplient autour des modalités d’application du plan américain destiné à mettre fin au conflit. Ce plan repose sur plusieurs étapes successives comprenant une période de désescalade, un redéploiement militaire, puis le lancement du processus de reconstruction parallèlement à des dispositions sécuritaires progressives. Toutefois, des divergences importantes subsistent quant à l’ordre de priorité de ces différentes mesures.

Selon le plan annoncé à la fin du mois de septembre 2025, la deuxième phase prévoit un retrait israélien élargi de la bande de Gaza ainsi que le lancement du processus de reconstruction, en contrepartie de l’engagement de mesures progressives relatives au désarmement des factions palestiniennes, dans le but de consolider durablement le cessez-le-feu et de réorganiser les dimensions sécuritaires et politiques.

Des sources palestiniennes affirment qu’Israël n’a pas pleinement respecté les dispositions de la première phase, notamment celles relatives à l’aide humanitaire et à l’acheminement des secours. Elles font également état de la poursuite des opérations militaires au cours de la période récente, qui auraient provoqué plusieurs milliers de morts et de blessés selon les estimations locales.

Alors que les forces israéliennes conserveraient le contrôle de plus de 70 % du territoire de la bande de Gaza, la deuxième phase de l’accord se heurte à des difficultés considérables. Les positions des différentes parties demeurent profondément divergentes : Israël continue de conditionner entièrement la reconstruction au démantèlement des capacités militaires des factions palestiniennes, tandis que plusieurs acteurs internationaux plaident pour une mise en œuvre parallèle du retrait militaire et de la reconstruction afin de favoriser une stabilisation progressive du territoire.

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