L'Europe

La menace des Frères musulmans en Autriche : un avertissement de haut niveau et un appel à leur classification


Le Parti populaire autrichien (ÖVP) a lancé une mise en garde de haut niveau concernant les Frères musulmans, dans un contexte marqué par des rapports répétés des services de sécurité faisant état de menaces qu’ils représenteraient pour la démocratie et la société.

Selon l’Office autrichien pour la protection de la Constitution, le service de renseignement intérieur, l’attention des autorités de sécurité se concentre particulièrement sur les Frères musulmans, accusés d’exercer une influence ciblée sur la société et les institutions.

Les autorités de sécurité estiment qu’il ne s’agit pas d’une confrontation directe, mais d’une influence idéologique progressive exercée au sein des systèmes démocratiques.

Dans ce contexte, Florian Hiegelsberger, directeur exécutif du Parti populaire autrichien dans le Land de Haute-Autriche, a déclaré que les Frères musulmans s’infiltrent discrètement dans les structures démocratiques.

Selon lui, « l’islam politique est l’un des principaux ennemis de notre démocratie, de nos valeurs et de notre coexistence ».

Pour cette raison, le Parti populaire en Haute-Autriche demande que les Frères musulmans soient inscrits sur la liste des organisations terroristes à l’échelle de l’Union européenne.

Selon le parti, une telle mesure permettrait d’élargir les instruments juridiques destinés à lutter contre les Frères musulmans et, plus largement, contre l’islam politique, notamment en matière d’interdictions, de sanctions ou de restrictions d’entrée sur le territoire.

Toujours selon Florian Hiegelsberger, cette classification permettrait également un contrôle plus strict des flux financiers.

Parallèlement à une solution européenne, le Parti populaire autrichien soutient également l’adoption d’une législation nationale plus rigoureuse, ainsi que l’interdiction de toute forme d’islam politique en vertu de la loi, afin de contenir dès leur apparition d’éventuelles influences extrémistes en Autriche.

Selon le magazine autrichien Express, ces demandes devraient alimenter le débat politique national autour des Frères musulmans en Autriche.

Une initiative antérieure

En mai dernier, l’Académie du Parti populaire autrichien, au pouvoir, a présenté un plan destiné à lutter contre « l’islam politique », en particulier contre les Frères musulmans, en couvrant l’ensemble des niveaux d’action.

Ce plan, présenté sous la forme d’un document stratégique de 29 pages élaboré par l’Académie — l’organisme chargé de préparer les orientations politiques et les stratégies du parti — traite notamment des questions de financement, de lutte contre l’extrémisme ainsi que de ce qu’il qualifie d’infiltration progressive des institutions publiques.

Les Frères musulmans sont décrits comme « une organisation transnationale utilisant le discours religieux pour atteindre des objectifs politiques et cherchant, à long terme, à remodeler les systèmes gouvernementaux et sociétaux conformément à son propre programme ».

Le document poursuit : « Conformément aux principes établis par Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans, la réalisation des objectifs de l’organisation justifie, en pratique, tout moyen jugé approprié, y compris le recours à la violence. C’est ainsi qu’un ensemble d’organisations terroristes opérant à travers le monde entretient des liens étroits avec les Frères musulmans. »

Le texte ajoute : « Selon la terminologie retenue dans cette analyse, les Frères musulmans en Europe peuvent actuellement être classés, en raison de leur adhésion tactique au principe de non-recours à la violence, comme relevant principalement d’un islam politique fondé sur le soft power. Ils poursuivent leurs objectifs au moyen d’associations, d’organisations fédératrices ainsi que de structures éducatives et sociales, tout en poursuivant un programme clairement dirigé contre l’ordre démocratique libéral. »

Le document conclut toutefois que « cette stratégie peut évoluer à tout moment et que, dans tous les cas, les discours d’incitation et la propagande des Frères musulmans alimentent la radicalisation d’acteurs disposés à recourir à la violence ».

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