Des plans américano-israéliens pour frapper l’Iran après les élections de mi-mandat
L’ambassadeur américain auprès des Nations unies affirme que Washington se prépare à une confrontation prolongée avec Téhéran. Selon des informations de presse, des responsables militaires estiment qu’une campagne intensive d’environ trois jours pourrait infliger de nouveaux dommages aux capacités iraniennes et accentuer la pression sur l’économie du pays.
Les États-Unis et Israël ont élaboré des plans militaires pour reprendre les frappes contre l’Iran après les élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre. Ces plans visent notamment les installations énergétiques, les sites nucléaires et les stocks de missiles et de drones, selon des articles de presse américains publiés les 21 et 22 octobre. Ils ne signifient toutefois pas qu’une décision définitive de lancer une attaque a été prise.
Dans un entretien au Financial Times publié vendredi, l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, a déclaré que Washington se préparait à une confrontation prolongée avec Téhéran. L’administration américaine mise néanmoins sur la pression militaire et les sanctions économiques pour amener l’Iran à faire des concessions sur son programme nucléaire et à rétablir le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz à son niveau d’avant-guerre.
Waltz a ajouté que, dans un an, les États-Unis pourraient toujours se trouver dans une impasse durable, sans accord sur le programme nucléaire iranien ni rétablissement du trafic maritime dans le détroit. Il a assuré que la marine américaine était capable de maintenir le blocus des ports iraniens dans un avenir prévisible, tandis que l’administration s’emploie à renforcer la pression économique sur Téhéran.
L’ambassadeur a souligné que Washington n’aurait atteint ses objectifs stratégiques de guerre qu’une fois réglée la question des matières nucléaires iraniennes hautement enrichies et conclu un accord effectif sur l’enrichissement de l’uranium en Iran.
Jeudi, le New York Times a rapporté que les planificateurs militaires américains et israéliens avaient élaboré des options pour reprendre les opérations après les élections américaines. Axios et la radio publique américaine NPR ont, de leur côté, fourni des précisions supplémentaires sur les préparatifs aériens et les divergences concernant le calendrier d’une éventuelle attaque.
Selon le New York Times, certains responsables estiment qu’une campagne militaire intensive d’environ trois jours pourrait endommager davantage les capacités iraniennes et accroître la pression sur l’économie du pays afin de pousser Téhéran à faire des concessions dans les négociations.
Les options envisagées comprennent les installations énergétiques, les capacités nucléaires et les stocks de missiles et de drones, ce qui laisse entrevoir la possibilité de viser simultanément les infrastructures militaires et économiques iraniennes.
Signe de la poursuite des préparatifs opérationnels, Axios a révélé que des dizaines d’avions de combat israéliens avaient effectué lundi une mission de longue distance, avec la participation d’avions ravitailleurs. Ils ont parcouru plus de 800 miles, soit environ 1 287 kilomètres, à travers la Syrie et l’Irak en direction de la frontière iranienne, avant de regagner Israël.
Israël a informé les États-Unis de cette manœuvre, présentée comme un exercice militaire et une démonstration de force, et non comme une opération offensive.
Cette mission a coïncidé avec la visite en Israël du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, et sa rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur la base aérienne d’Ovda. Des responsables ont toutefois indiqué qu’elle n’était pas liée à cette visite. Selon Axios, certains responsables américains soupçonnaient leurs homologues israéliens d’avoir espéré provoquer une réaction iranienne susceptible de fournir un motif d’escalade. Cette interprétation n’a cependant pas été établie comme un objectif déclaré de l’opération.
Dans un reportage publié jeudi par NPR, une source au fait de la planification militaire américano-israélienne a affirmé qu’Israël avait initialement prévu de frapper l’Iran à la mi-octobre, avant les élections israéliennes du 27 octobre, mais que le président américain Donald Trump s’était opposé à ce calendrier. Selon cette source, les États-Unis ont commencé à rassembler des forces dans la région en prévision d’une éventuelle attaque début novembre. Ces préparatifs pourraient également servir à faire pression sur Téhéran pour obtenir un accord diplomatique.
Ces développements font suite à des discussions américano-israéliennes sur une reprise des combats.
Le 13 octobre, Axios a rapporté, en citant des responsables informés, que Trump et Netanyahu avaient examiné la possibilité d’une nouvelle opération. Un responsable de la Maison-Blanche a toutefois démenti que le président ait discuté d’une reprise de la guerre avec le Premier ministre israélien. Le site a également indiqué que de hauts responsables de l’administration américaine avaient tenu une longue réunion à Camp David le 2 octobre pour examiner les options disponibles. Selon des sources informées, Pete Hegseth et le Commandement central américain figuraient parmi les partisans d’une reprise des frappes.
À l’inverse, plusieurs conseillers de Trump privilégiaient la poursuite des sanctions et de la pression économique plutôt qu’un retour à une guerre de grande ampleur. Ils redoutaient que des attaques contre les installations énergétiques iraniennes provoquent une hausse des prix du pétrole et des carburants, accentuant les pressions inflationnistes aux États-Unis. Selon le reportage, Trump pourrait chercher à épargner les infrastructures pétrolières iraniennes, même s’il approuvait une nouvelle opération.
La planification militaire doit également tenir compte des enjeux politiques liés aux élections israéliennes et américaines. Lors de discussions avec son homologue américain Dan Caine, le chef d’état-major israélien Eyal Zamir a averti qu’une guerre de grande ampleur avant les élections israéliennes pourrait entraîner leur report si l’Iran ripostait en tirant un grand nombre de missiles balistiques sur Israël, selon des médias israéliens cités par Axios. Des responsables de la sécurité ont également exprimé la crainte que l’intensification des menaces pousse Téhéran à lancer une attaque préventive.
Dans un discours prononcé mercredi devant des militaires, Netanyahu a affirmé que les dirigeants iraniens n’avaient pas renoncé à leurs ambitions nucléaires et a menacé de renverser le régime iranien. Le lendemain, il a toutefois déclaré que les informations selon lesquelles il cherchait à lancer une nouvelle attaque ne reflétaient pas fidèlement ses échanges avec Trump, sans en révéler le contenu.
À Téhéran, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré que son pays était aussi prêt à la diplomatie qu’à la guerre, selon des propos rapportés par les médias officiels iraniens et repris par NPR. La radio a également cité un responsable iranien de la sécurité avertissant que toute attaque visant des responsables iraniens ou des infrastructures civiles entraînerait des frappes contre les intérêts américains dans la région et les actifs des pays participant à la guerre.
L’Iran a aussi menacé d’élargir sa riposte aux infrastructures numériques du Golfe, notamment aux centres de données et aux câbles sous-marins acheminant le trafic Internet dans la région. NPR a cité un responsable des Gardiens de la Révolution, Yadollah Javani, affirmant que l’Iran était prêt à détruire les câbles Internet passant sous le détroit d’Ormuz. Les reportages n’ont fourni aucun élément établissant qu’une décision définitive avait été prise pour mettre ces menaces à exécution.
Ces préparatifs ont coïncidé avec une montée des tensions dans le Golfe. Dans son bulletin « Early Edition » du 22 octobre, Just Security a rapporté, en citant Reuters, que la marine des gardiens de la révolution avait annoncé que quatre navires, qu’elle accusait de transporter illégalement du pétrole dans le nord du Golfe, avaient été touchés et avaient pris feu. Elle a également fait état de trois autres navires ayant heurté des mines à l’ouest du détroit d’Ormuz. Téhéran a averti les forces américaines que la poursuite de ce qu’elle qualifie de provocations pourrait entraîner un élargissement de sa riposte à leurs bases dans la région.
