Trois jours pour faire plier Téhéran : un nouveau plan américano-israélien de frappes contre l’Iran en novembre
Les armées américaine et israélienne ont élaboré des plans opérationnels précis pour mener de nouvelles frappes contre l’Iran après les élections américaines de mi-mandat, selon des responsables américains et des personnes au fait des discussions en cours.
D’après les responsables et les sources cités par le New York Times, les préparatifs portent sur une opération brève mais intense, dont l’exécution est envisagée sur trois jours seulement. Elle viserait principalement les infrastructures énergétiques iraniennes, les installations nucléaires ainsi que les arsenaux de missiles et de drones, afin de faire plier Téhéran.
Les deux armées préparent également des opérations contre le programme nucléaire iranien, qui pourraient comprendre une attaque contre la « montagne de la Hache », un site nucléaire profondément enfoui sous terre.
Le président américain Donald Trump a déclaré la semaine dernière qu’il envisageait d’utiliser contre ce site une bombe GBU-43/B de 22 000 livres, surnommée la « mère de toutes les bombes ».
Des experts en armement soulignent toutefois que cette bombe explose au-dessus du sol et produit un souffle de grande ampleur. Il est donc peu probable qu’elle puisse détruire un site souterrain creusé dans le granit. Des responsables militaires avertissent également que son acheminement nécessite un avion de transport MC-130, dont la faible vitesse le rend vulnérable aux tirs de la défense antiaérienne iranienne.
Des signes qui accompagnent les préparatifs
À mesure que ces préparatifs avancent, les forces américaines et israéliennes intensifient leurs exercices conjoints. Des avions ont survolé l’Irak pour s’entraîner à des manœuvres de frappe, tandis que le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a rencontré cette semaine en Israël le Premier ministre Benjamin Netanyahu afin d’examiner les options de nouvelles frappes.
Certains responsables estiment qu’une nouvelle vague d’attaques pourrait pousser l’économie iranienne au bord de l’effondrement et contraindre Téhéran à faire des concessions diplomatiques après près de huit mois de conflit.
Il existe cependant de solides raisons de douter qu’une reprise des hostilités produise de meilleurs résultats que la première phase de frappes américano-israéliennes intensives, menée entre février et avril derniers, selon le New York Times.
Ces opérations ont entraîné une hausse des prix de l’énergie et de l’inflation à l’échelle mondiale, dégradé la sécurité au Moyen-Orient et fortement sollicité les stocks de missiles intercepteurs du Pentagone. L’approbation de nouvelles frappes par Trump est, par ailleurs, loin d’être acquise : il s’est opposé à plusieurs reprises aux projets de reprise d’opérations de combat majeures.
De leur côté, les responsables iraniens ont promis de riposter, cette fois, en élargissant leurs cibles aux centres de données et aux câbles sous-marins d’Internet, en plus des navires marchands et des infrastructures énergétiques de la région. Ils ont affirmé que les combats ne seraient ni brefs ni limités.
Une diplomatie dans l’impasse
Alors que les États-Unis rassemblent un arsenal considérable, qui devrait être pleinement prêt d’ici au début du mois de novembre, les efforts diplomatiques se poursuivent. Les négociateurs américains utilisent la perspective d’un retour à la guerre comme levier de pression pour obtenir de l’Iran des avancées sur leurs exigences concernant son programme nucléaire et le contrôle du détroit d’Ormuz.
Les négociateurs iraniens n’ont toutefois manifesté, à ce stade, aucune disposition à faire des concessions sur le programme nucléaire et ont insisté pour reporter cette question à des étapes ultérieures des discussions.
Israël et les États-Unis ont failli lancer une attaque contre l’Iran au début du mois, mais Trump a décidé de la reporter au dernier moment, après d’intenses préparatifs des deux armées et la mise en état d’alerte maximale de leurs forces aériennes.
Un commandant militaire, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré que les efforts répétés de planification, suivis des décisions de Trump de ne pas autoriser de nouvelles attaques, avaient provoqué des « perturbations quotidiennes » parmi les planificateurs. Ceux-ci s’efforcent de rester prêts à mettre en œuvre toute option militaire que le président pourrait retenir dans les semaines à venir.
À chaque phase de la guerre jusqu’à présent, les dirigeants iraniens se sont montrés moins enclins à la conciliation, convaincus que l’objectif ultime des États-Unis et d’Israël est de renverser leur gouvernement. Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, demeure une énigme pour les responsables des services de renseignement américains et israéliens.
Selon certains responsables, il ne dispose pas de l’autorité de son père, tué au début de la guerre, et les décisions majeures sont prises par des membres de la ligne dure du Corps des gardiens de la révolution islamique. Les responsables iraniens ont affirmé avoir connaissance des préparatifs militaires américains et travailler à l’élaboration de nouvelles cibles et tactiques.
