Politique

L’activité de Daech dans la périphérie de Damas accentue la pression sur les forces de sécurité syriennes


Les autorités annoncent la mort de deux membres des Forces de sécurité intérieure et cinq blessés lors d’une opération visant une cellule de l’organisation à Rankous, aux environs de la capitale.

Le ministère syrien de l’Intérieur a annoncé jeudi que deux membres des Forces de sécurité intérieure avaient été tués et cinq autres blessés lors d’une opération visant une cellule de l’organisation terroriste Daech à Rankous, dans le gouvernorat de Rif Dimachq, aux environs de la capitale. Cette opération souligne la persistance des difficultés auxquelles les autorités sont confrontées dans la traque des cellules de l’organisation, alors qu’elles cherchent à démanteler ses réseaux et à réduire sa capacité à mener des attaques dans le pays.

Plus tôt jeudi, les Forces de sécurité intérieure avaient annoncé mener cette opération à Rankous en coopération avec le Service du renseignement général.

L’intervention s’inscrit dans une intensification des opérations annoncées contre les cellules de l’organisation, comprenant l’arrestation de responsables et de suspects ainsi que la mise en échec de projets d’attaques contre des membres des forces de sécurité et des lieux de culte. Le 6 octobre, le ministère syrien de l’Intérieur avait ainsi annoncé l’arrestation de Khaled Raed Bayrouni, connu sous le nom d’« Abou Hassan Douchka », lors d’une opération à Hujeira, dans la périphérie de Damas.

Selon le ministère, cet homme occupait le poste de « responsable militaire général » de l’organisation à Homs. Il est accusé d’avoir planifié et supervisé des attaques dans la ville, notamment l’attentat contre la mosquée Ali ibn Abi Talib, dans le quartier de Wadi al-Dhahab, en décembre 2025.

Le 6 octobre, le ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de Khaled Raed Bayrouni, surnommé « Abou Hassan Douchka », lors d’une opération à Hujeira, dans la périphérie de Damas.

D’après les renseignements recueillis et les éléments de l’enquête présentés par le ministère, le suspect occupait le poste de « responsable militaire général » de Daech à Homs, dans le centre du pays, et était chargé de planifier et de superviser des actes terroristes dans la ville.

Le ministère a précisé que ces actes comprenaient la fabrication et l’utilisation d’engins explosifs ainsi que des attaques à caractère confessionnel. Il lui impute également la responsabilité de l’attentat ayant visé la mosquée Ali ibn Abi Talib, dans le quartier de Wadi al-Dhahab à Homs, en décembre dernier.

Le 10 octobre, les autorités ont annoncé le démantèlement d’une cellule liée à l’organisation dans la région de Houla, dans la campagne de Homs, l’arrestation de deux personnes et la saisie d’engins explosifs. Selon elles, les suspects prévoyaient de les utiliser pour attaquer des lieux de culte et des patrouilles des Forces de sécurité intérieure.

Les autorités ont également annoncé, le 17 octobre, avoir déjoué un projet d’attaque d’une cellule liée à Daech contre une patrouille de sécurité dans la périphérie de Damas. Deux suspects ont été arrêtés et un engin explosif saisi, selon l’agence de presse officielle syrienne SANA.

Ces opérations montrent que la traque de l’organisation s’étend désormais au-delà de ses zones traditionnelles de contrôle et d’activité, jusqu’aux environs de la capitale. De petites cellules peuvent y constituer une menace pour les services de sécurité et les cibles civiles. Des groupes restreints, opérant de manière dispersée, peuvent mener des actions limitées ou préparer des attaques à l’aide d’engins explosifs, commettre des assassinats et prendre pour cible les forces de sécurité.

Selon une analyse publiée plus tôt ce mois-ci par le Centre Omran d’études stratégiques, l’organisation s’est davantage appuyée, au premier semestre 2026, sur des tactiques de guérilla peu coûteuses, notamment les attaques par armes à feu, les assassinats ciblés et les opérations éclair, plutôt que sur des opérations militaires de grande ampleur.

Cette évolution montre que le recul de sa capacité à conserver des territoires ne signifie pas nécessairement la disparition de la menace sécuritaire qu’elle représente. Des cellules mobiles peuvent poursuivre leurs activités même dans des zones qu’elles ne contrôlent pas, en tirant parti de la difficulté à surveiller les déplacements de leurs membres ainsi que leurs réseaux d’approvisionnement et de communication.

Dans ce contexte, les autorités syriennes doivent parvenir à démanteler ces réseaux avant qu’ils ne passent de la préparation à l’exécution de leurs projets. L’enjeu est particulièrement important lorsque les attaques visent les forces de sécurité ou les lieux de culte, au risque de faire des victimes et d’attiser les tensions confessionnelles.

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