Iran

L’heure d’une attaque approche-t-elle ? Des comprimés d’iode auraient été distribués aux Iraniens près des installations nucléaires


Un article publié vendredi par le quotidien britannique The Times, faisant état d’une distribution de comprimés d’iode aux habitants vivant à proximité d’installations nucléaires iraniennes, a soulevé des questions sur les préparatifs de Téhéran face à une éventuelle attaque américaine, dans un contexte de tensions autour de son programme nucléaire.

Le journal cite un responsable anonyme du ministère iranien de la Santé selon lequel les autorités auraient commencé à distribuer ces comprimés aux personnes résidant dans un rayon de deux à trois kilomètres autour des installations nucléaires, en prévision d’une possible attaque américaine.

Le ministère iranien de la Santé a toutefois démenti les propos attribués à l’un de ses responsables. Son porte-parole, Hossein Kermanpour, a affirmé qu’aucun responsable du ministère ne s’était exprimé auprès du quotidien et que la citation publiée était inexacte. Il n’a cependant ni confirmé ni démenti directement le lancement d’une nouvelle distribution.

Dans une publication sur X, Kermanpour a ajouté que le système de santé iranien était en état d’alerte pour faire face à différents scénarios et menaces. Il a précisé que la déclaration d’un état de guerre ne relevait pas du ministère de la Santé et qualifié d’irresponsable la diffusion d’informations non confirmées dans les circonstances actuelles.

En avril 2026, les autorités iraniennes avaient annoncé la distribution de 180 000 comprimés d’iodure de potassium aux habitants de Bouchehr, où se trouve l’unique centrale nucléaire iranienne en fonctionnement.

L’opération avait commencé dans les secteurs proches de la centrale avant d’être étendue à l’ensemble de la ville, dans le cadre d’un plan de préparation aux urgences radiologiques, selon des médias iraniens citant un responsable sanitaire local.

L’attention se porte également sur d’autres installations nucléaires, notamment le site de Natanz et le complexe montagneux voisin connu sous le nom de « Pioche », alors que des informations évoquent des craintes iraniennes concernant une éventuelle attaque contre ce dernier.

Les informations faisant état de nouvelles distributions de comprimés près de ces sites n’ont toutefois reçu aucune confirmation officielle à ce stade. Le ministère iranien de la Santé n’a pas non plus précisé le périmètre ou le calendrier d’une éventuelle nouvelle opération.

Les comprimés d’iodure de potassium sont utilisés dans certaines situations d’urgence radiologique. Ils réduisent l’absorption par la thyroïde de l’iode radioactif susceptible d’être libéré dans l’environnement après un accident ou une fuite radioactive. Ils ne protègent toutefois ni contre les autres formes de rayonnement ni contre les effets d’une explosion nucléaire, et n’empêchent pas l’exposition à d’autres substances radioactives.

L’Organisation mondiale de la Santé recommande de ne prendre ces comprimés que sur instruction des autorités sanitaires compétentes. Le moment de la prise et la dose appropriée dépendent notamment de l’âge, du niveau d’exposition et de la nature de l’incident radiologique.

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