Moyen-Orient

Le Hezbollah minimise l’impact des élections israéliennes sur le Liban


Naïm Qassem relativise les résultats du scrutin malgré le rôle du gouvernement Netanyahu dans l’affaiblissement du Hezbollah, la mort de plusieurs de ses principaux dirigeants, dont son ancien secrétaire général Hassan Nasrallah, et l’occupation de vastes secteurs du sud du Liban.

Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a déclaré mercredi que l’identité des dirigeants israéliens importait peu à son mouvement. « Mais l’occupant ne pourra pas maintenir son occupation et devra quitter le territoire libanais », a-t-il affirmé dans un communiqué publié après l’annonce des premiers résultats des élections à la Knesset, organisées mardi.

Cette position intervient malgré le rôle joué par Benjamin Netanyahu dans l’affaiblissement du Hezbollah, la mort de plusieurs de ses dirigeants historiques, dont Hassan Nasrallah, ainsi que l’occupation de vastes zones du sud du pays. Son gouvernement de droite continue, par ailleurs, d’exiger le désarmement du mouvement.

« La résistance poursuit son action et fera face à l’agression menée contre elle et contre le Liban. Il ne saurait être question de discuter de son désarmement tant que l’occupation demeure et que l’agression se poursuit », a déclaré Qassem.

« L’ennemi doit se retirer conformément à l’accord du 27 novembre 2024 et à la résolution 1701, et l’armée libanaise doit se déployer au sud du Litani », a-t-il ajouté.

Adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies en août 2006, la résolution 1701 définit le cadre international de la cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah à cette époque. Elle prévoit notamment des arrangements sécuritaires dans la zone comprise entre la Ligne bleue et le Litani, ainsi que le rôle de l’armée libanaise et des forces internationales dans le sud du Liban.

Qassem a également souligné l’importance que son mouvement accorde à l’accord entre l’Iran et les États-Unis.

« Nous nous intéressons à l’accord irano-américain, car il constitue la seule source de force disponible, aux côtés de la résilience de la résistance, de notre peuple et de ses soutiens. Cet accord a démontré son efficacité dès l’annonce du mémorandum d’entente à Islamabad, en réduisant l’intensité de l’agression contre le Liban », a-t-il affirmé.

Selon lui, l’Iran place parmi ses priorités l’arrêt des attaques israéliennes contre le Liban et le retrait israélien de son territoire. Il a salué « un immense sacrifice » de la part d’un pays qu’il a qualifié d’« icône des peuples libres dans le monde ».

Mercredi soir, après le dépouillement de 85 % des suffrages, hors bulletins placés sous enveloppes fermées, les résultats provisoires attribuaient 53 sièges au camp du Premier ministre Benjamin Netanyahu, selon la chaîne israélienne Channel 12.

Le bloc du changement, conduit par Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, obtenait 48 sièges, tandis que les listes arabes en recueillaient 19.

Aucun des camps n’atteignait ainsi la majorité de 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset, nécessaire pour former un gouvernement.

Le dépouillement se poursuit, alors que des écarts apparaissent entre les résultats partiels et les estimations issues des sondages à la sortie des urnes publiées mardi soir.

Le Liban et Israël avaient conclu, le 27 novembre 2024, un accord ayant permis un cessez-le-feu entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Celui-ci prévoyait la création d’une commission militaire internationale présidée par les États-Unis, chargée de garantir la cessation des hostilités et l’exercice de l’autorité de l’armée libanaise dans le sud du pays.

Le 26 juin dernier, Beyrouth et Tel-Aviv ont signé, sous l’égide de Washington, un accord-cadre prévoyant un retrait israélien progressif du territoire libanais, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées et le désarmement du Hezbollah.

Le mouvement a toutefois rejeté cet accord, exigeant que l’armée israélienne se retire d’abord du sud du Liban avant toute discussion sur ses armes.

Malgré l’accord, Israël poursuit des violations quasi quotidiennes dans le sud du Liban et continue d’occuper plusieurs secteurs. Certains le sont depuis des décennies, tandis que d’autres ont été conquis lors des dernières guerres et opérations militaires.

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