Politique

Course aux armements en Asie : les États-Unis renforcent les défenses de Guam

L’armée américaine a activé un nouveau bataillon de défense antiaérienne sur l’île de Guam, alors que la Chine et la Corée du Nord renforcent leurs forces de missiles.


Cette initiative vise à mieux protéger ce territoire d’une importance stratégique majeure, qui continue de jouer un rôle central dans le soutien aux opérations offensives prévues en Asie de l’Est.

Selon le magazine Military Watch, le 3e bataillon du 43e régiment d’artillerie de défense antiaérienne a été installé sur la base aérienne d’Andersen. Il reprend les missions auparavant confiées à la Task Force Talon, marquant une évolution vers une présence permanente de défense aérienne et antimissile sur l’île.

La Task Force Talon avait commencé ses déploiements par rotation en 2013, avec pour mission initiale de protéger Guam contre d’éventuelles attaques de missiles balistiques nord-coréens. L’expansion rapide des forces de missiles chinoises et nord-coréennes a toutefois considérablement élargi le périmètre de cette mission.

Un dispositif de défense multidirectionnel

En 2023, le Pentagone avait élaboré des plans pour le « système de défense de Guam », destiné à contrer les menaces provenant des missiles balistiques, des missiles de croisière et des missiles hypersoniques. Ce projet traduit les inquiétudes concernant la vulnérabilité des bases américaines à des frappes de précision à longue portée en cas de conflit dans la région.

Il était alors envisagé d’aménager jusqu’à vingt nouveaux sites de défense antiaérienne sur l’île afin de renforcer la résilience des installations vitales. De nouvelles restrictions strictes de l’espace aérien étaient également attendues dans la zone.

Concernant les capacités prévues, des rapports indiquaient que le dispositif antimissile pourrait protéger Guam contre les menaces venant de toutes les directions, grâce à la répartition de ses différents composants sur plusieurs sites de l’île.

Six lanceurs THAAD déjà déployés

Guam accueille actuellement six lanceurs du système américain THAAD, conçu pour l’interception à haute altitude. Les bâtiments de l’US Navy équipés du système de combat Aegis peuvent également apporter un soutien défensif supplémentaire lorsqu’ils sont affectés à la protection de l’île.

Le nouveau bataillon devrait mettre en œuvre plusieurs systèmes intégrés, notamment le Patriot pour la défense à moyenne altitude, le THAAD pour les interceptions à haute altitude, ainsi que l’Indirect Fire Protection Capability (IFPC), un dispositif de protection contre les tirs indirects encore en développement.

L’armée américaine cherche à intégrer ces moyens dans une architecture de défense coordonnée, reliant les capteurs, les infrastructures de commandement et de contrôle, les lanceurs et les intercepteurs.

Une diversification des implantations américaines

Parallèlement au renforcement des défenses antimissiles de Guam, les États-Unis ont entrepris de diversifier leurs installations destinées à la projection de puissance en Asie de l’Est. Ces efforts comprennent notamment l’agrandissement de sites sur l’île de Wake et dans le nord de l’Australie.

Ces installations devraient également pouvoir servir de bases de départ aux bombardiers stratégiques B-21, capables d’emporter des armes nucléaires.

Les capacités avancées de frappe balistique de la Chine et de la Corée du Nord demeurent toutefois un défi majeur pour les forces américaines opérant depuis ces sites.

La Corée du Nord a commencé en 2021 à tester des missiles balistiques équipés de planeurs hypersoniques. Selon le magazine, elle a depuis mis en service le Hwasong-16B, doté d’un planeur unique et dont les capacités dépasseraient nettement celles du Hwasong-12, son prédécesseur surnommé le « tueur de Guam ».

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