Armes, drones et canaux clandestins : un projet américain pour soutenir les opérations de Jaïch al-Adl en Iran
Des sources diplomatiques occidentales ont révélé l’existence de préparatifs avancés auxquels, selon elles, l’Agence centrale de renseignement américaine (CIA) aurait participé. Ces démarches viseraient à faciliter l’acheminement de cargaisons d’armes et d’équipements à Jaïch al-Adl, par l’intermédiaire de réseaux et d’agents opérant dans des pays voisins de l’Iran. L’objectif serait, d’après ces sources, de renforcer la capacité du groupe à mener des opérations contre les Gardiens de la révolution et les forces du Bassidj.
Selon ces mêmes sources, les filières de contrebande d’armes et de munitions traversant les régions frontalières entre l’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan auraient connu une activité accrue ces dernières semaines. Cette évolution aurait coïncidé avec des contacts entre des intermédiaires liés au renseignement américain et des représentants de la diaspora baloutche iranienne.
Les sources affirment que ces nouvelles initiatives visent à développer les capacités militaires et logistiques de Jaïch al-Adl dans la province du Sistan-et-Baloutchistan. Elles permettraient à ses combattants d’étendre leurs opérations au-delà des zones frontalières, jusque dans certains centres urbains, et de mener prochainement des attaques ciblées contre des installations et des membres des Gardiens de la révolution et des services de sécurité iraniens.
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Des contacts dans des capitales européennes
Un diplomate occidental bien informé, basé à Bruxelles, a indiqué que les services de renseignement américains, qui entretiennent des canaux de communication directs et indirects avec plusieurs composantes de l’opposition iranienne, avaient récemment établi des contacts avec des hommes d’affaires et des personnalités politiques baloutches d’Iran résidant dans des capitales européennes.
Selon lui, les discussions ont d’abord porté sur un échange d’analyses concernant l’évolution de la situation en Iran, avant de s’élargir aux possibilités de renforcer les capacités militaires de Jaïch al-Adl et aux moyens susceptibles de lui permettre d’accentuer la pression sur les Gardiens de la révolution dans le sud-est du pays.
La source a précisé que ces échanges n’avaient aucun caractère officiel, Washington continuant de classer Jaïch al-Adl comme organisation terroriste. D’après les informations dont elle dispose, aucun élément ne laisse actuellement entrevoir une volonté américaine de retirer le groupe de cette liste.
Le diplomate a néanmoins affirmé que des canaux de communication mis en place par des acteurs régionaux et internationaux avaient permis de transmettre à des responsables militaires du groupe des messages concernant un éventuel renforcement de ses capacités d’armement. Celui-ci pourrait comprendre des équipements de combat plus perfectionnés, des drones, des systèmes de reconnaissance et de surveillance ainsi que des moyens de communication sécurisés.
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Un front sous tension dans le sud-est de l’Iran
Ces informations interviennent alors que les attaques et les affrontements armés s’intensifient dans la province du Sistan-et-Baloutchistan.
Des médias iraniens ont récemment fait état de la mort de plusieurs hommes armés lors de deux opérations de sécurité dans cette province du sud-est du pays. Par ailleurs, une responsable des forces de mobilisation du Bassidj et un membre des forces de sécurité ont été tués, et trois autres personnes blessées, dans deux attaques distinctes à Mehrestan.
Les affrontements entre les forces iraniennes et des combattants liés à Jaïch al-Adl ou à d’autres groupes baloutches se concentrent dans les secteurs de Rask, Jalq, Zahedan et Taftan, ainsi que dans d’autres zones frontalières.
Des armes légères et de moyen calibre, des projectiles explosifs et des engins explosifs improvisés ont été utilisés lors de ces affrontements. Au cours de certaines opérations, les forces iraniennes ont également déployé des drones, de l’artillerie et des véhicules blindés pour traquer les combattants et sécuriser les zones de tension.
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Une phase plus complexe
De son côté, Moussa Afshar, membre de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la résistance iranienne, estime que l’intensification des affrontements au Sistan-et-Baloutchistan entre les forces iraniennes et des groupes armés, dont Jaïch al-Adl, traduit l’entrée de la situation sécuritaire dans le sud-est de l’Iran dans une phase plus complexe.
Afshar a déclaré que les événements ne se limitaient plus, selon son analyse, à des incidents frontaliers isolés. Ils s’inscriraient désormais dans une dynamique plus large, associant les activités de groupes armés baloutches à d’autres formes d’opposition dans les villes de Zahedan, Rask, Iranshahr et Khash.
Il a ajouté que certaines de ces activités avaient notamment visé des sites et des figures associés aux Gardiens de la révolution, au Bassidj et aux services de sécurité, parallèlement à la poursuite d’autres formes de contestation et d’opposition intérieure.
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