Politique

Retour calculé des diplomates américains au Moyen-Orient… Le front iranien s’est-il apaisé ?


Après avoir reçu l’ordre, pour beaucoup d’entre eux, de quitter leurs postes au cours des premiers jours de la guerre avec l’Iran, des diplomates américains, accompagnés d’au moins certains membres de leurs familles, ont progressivement commencé à regagner les ambassades et consulats américains dans la région du Moyen-Orient.

Bien que la plupart des ambassades ne retrouveront pas immédiatement l’intégralité de leurs effectifs, le département d’État américain a commencé, à compter de cette semaine, à assouplir certaines restrictions concernant le nombre de membres du personnel ainsi que d’autres mesures relatives aux membres des missions diplomatiques, selon l’Associated Press.

Ces changements ne reflètent pas nécessairement une évolution de la politique de l’administration du président Donald Trump à l’égard de l’Iran, qui privilégie actuellement la guerre économique plutôt que les opérations militaires directes. Ils sont plutôt liés, en premier lieu, aux réglementations relatives aux ressources humaines, qui déterminent la durée pendant laquelle les diplomates peuvent rester éloignés de leurs postes tout en continuant à percevoir leurs salaires et les avantages sociaux qui leur sont accordés, ainsi qu’à leurs familles.

Vendredi, qui marquait le sixième mois depuis le déclenchement de la guerre avec l’Iran, les ambassades américaines au Qatar, au Koweït et à Bahreïn ont annoncé qu’elles autorisaient le retour des membres des familles des diplomates, bien qu’à Bahreïn et au Koweït, cette décision soit limitée aux membres de la famille âgés de plus de 18 ans.

Plus tôt dans la semaine, tous les membres des familles des employés du gouvernement américain en Israël avaient également été autorisés à rentrer, de même que les membres des familles âgés de plus de 21 ans des employés travaillant au Liban.

Départ obligatoire

Ces ambassades avaient toutes été placées en mars dernier sous le statut de « départ obligatoire » ou de « départ autorisé », alors que l’Iran commençait à riposter aux attaques américaines et israéliennes en visant des intérêts américains, notamment des ambassades et des installations militaires, et en provoquant une situation instable dans plusieurs pays de la région.

Le statut de « départ obligatoire » signifie que tous les employés non essentiels ainsi que les membres de leurs familles doivent quitter le pays hôte, tandis que le statut de « départ autorisé » permet aux employés considérés comme non essentiels et aux membres de leurs familles de choisir de quitter le pays.

Toutefois, les réglementations régissant ces statuts imposent une limite temporelle à leur maintien, et ces périodes ont commencé à arriver à échéance après six mois, ce qui signifiait que les diplomates concernés et les membres de leurs familles auraient perdu leurs avantages liés au logement ainsi que d’autres avantages professionnels, entraînant une charge considérable pour le personnel des missions diplomatiques.

Pour remédier à ce problème, le département d’État américain a créé une nouvelle classification, baptisée « opérations restreintes », destinée à permettre aux ambassades de reprendre leurs fonctions habituelles.

Dans le cadre de cette classification, chaque ambassade concernée déterminera, au cas par cas, le niveau d’effectifs approprié, la mesure dans laquelle la présence des membres des familles sera autorisée, ainsi que les modalités relatives aux salaires et aux avantages sociaux.

Au début de la guerre, des diplomates américains et des membres de leurs familles avaient également reçu l’ordre de quitter les ambassades de cinq autres pays de la région, tandis que des changements dans le statut de certaines de ces missions devaient également intervenir prochainement.

Le département d’État américain a déclaré : « Nous restons déterminés à soutenir notre personnel et les membres de leurs familles tout au long de ce processus, et nous fournirons des mises à jour par les canaux appropriés au fur et à mesure que les décisions seront prises. »

Sanctions économiques

L’administration du président américain Donald Trump a intensifié ses efforts visant à paralyser l’économie iranienne dans le cadre de ce qu’elle a qualifié de « jour de la victoire économique », alors que la guerre entrait dans son sixième mois et que les négociations étaient dans l’impasse.

La campagne de sanctions accentue le poids de la guerre sur l’économie iranienne, l’inflation annuelle ayant atteint 66 % le mois dernier. L’impasse concernant le détroit d’Ormuz demeure le principal point de tension non résolu du conflit.

Washington a averti les pays qu’ils exposeraient à des sanctions secondaires s’ils ne rompaient pas leurs relations commerciales avec l’Iran, mais le département du Trésor n’est pas allé jusqu’à imposer effectivement de telles sanctions.

Alors que les États-Unis concentrent leurs efforts sur la campagne de pression économique, d’autres pays tentent de relancer les initiatives diplomatiques visant à mettre fin à la guerre.

Les médiateurs font pression pour obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole avant le déclenchement de la guerre, il y a six mois. La situation dans le détroit demeure le principal obstacle à la conclusion d’un accord de paix.

Des responsables militaires américains ont déclaré que les forces américaines avaient neutralisé des mines navales posées plusieurs mois auparavant par les Gardiens de la révolution iraniens dans le détroit.

Trump affirme à plusieurs reprises que le détroit est ouvert, mais de nombreux navires préfèrent ne pas y naviguer en raison des menaces iraniennes. Les estimations des services de suivi maritime indiquent que le trafic maritime représente environ 5 % à 15 % des niveaux habituels.

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