Politique

La zone 51 chinoise s’agrandit : d’immenses hangars pour accueillir des flottes d’appareils de nouvelle génération


L’expansion d’une base aérienne chinoise hautement secrète située dans le nord-ouest du pays s’accélère. Décrite comme la « zone 51 » chinoise en raison de son rôle croissant dans les essais d’avions expérimentaux et de plateformes aéronautiques avancées, elle accueille notamment des chasseurs de nouvelle génération et des projets à caractère militaire.

Les dernières images satellitaires, prises par la société Planet Labs le 27 août 2026, révèlent l’ampleur de la transformation que connaît cette base située à proximité du célèbre site d’essais nucléaires de Lop Nor, dans la région reculée du Xinjiang.

Selon le site Time War Zone, l’installation dispose de l’une des plus longues pistes d’atterrissage au monde, longue de 16 400 pieds, soit environ 5 000 mètres. En l’espace de quelques années, elle est passée d’une piste aux capacités limitées à un centre majeur d’essais en vol relevant de l’Armée populaire de libération chinoise.

Le site est historiquement associé à des programmes de développement spatial militaire et d’avions spatiaux réutilisables, avant de prendre une importance accrue avec l’orientation de la Chine vers les essais d’une nouvelle génération d’appareils de combat avancés.

L’année dernière, des prototypes des deux chasseurs chinois de sixième génération, le J-36 et le J-XDS, y sont apparus pour la première fois, loin de leurs bases aériennes principales.

D’immenses hangars et de nouvelles voies de circulation

Les importants travaux d’aménagement de la base ont commencé en 2023, avec l’agrandissement des aires de stationnement des avions et l’ajout de nouveaux hangars, avant que le rythme des constructions ne s’accélère nettement à partir de mai 2025.

Les images récentes font apparaître un réseau élargi de voies de circulation pour avions, de plateformes de retournement et d’installations de soutien, permettant d’augmenter le trafic aérien et d’intensifier les opérations d’essai sans perturber l’utilisation de la piste principale.

L’attention se porte particulièrement sur trois immenses hangars actuellement en construction dans la partie sud de la base. Chacun mesurerait environ 80 mètres de long sur 40 mètres de large, auxquels s’ajoute un quatrième hangar distinct. Ces infrastructures sont directement reliées à une nouvelle voie de circulation et semblent conçues pour accueillir des appareils plus grands et plus sophistiqués que les chasseurs conventionnels.

Les dimensions de ces hangars permettent d’accueillir différents types d’aéronefs tactiques et stratégiques exploités par l’armée de l’air chinoise. Toutefois, leur taille exceptionnelle laisse penser que Pékin se prépare à accueillir des programmes aéronautiques qui ne sont pas encore entrés en service ou qui se trouvent toujours aux premiers stades des essais.

La base se prépare-t-elle à accueillir le bombardier furtif H-20 ?

Les récentes opérations d’agrandissement ont suscité des spéculations sur la possibilité que la base devienne un site d’essais du futur bombardier furtif chinois H-20, qui n’a pas encore été présenté publiquement. L’isolement de la base, la nature sensible des programmes qui y sont associés et les vastes hangars actuellement construits sont autant de facteurs qui en font un candidat potentiel pour accueillir une partie du programme d’essais du nouveau bombardier stratégique, même si cette hypothèse demeure, à ce stade, spéculative.

Les travaux d’aménagement ne se limitent pas aux hangars et aux pistes. Des infrastructures supplémentaires sont également en cours de construction. Elles pourraient notamment comprendre des installations de stockage de carburant, ainsi que de nouveaux bâtiments, des zones destinées à l’hébergement des ouvriers et une centrale de fabrication de béton, ce qui indique que le rythme de l’expansion est encore loin de ralentir.

Une nouvelle voie de circulation reliant les aires de stationnement à la partie nord de la piste est également en construction. À cela s’ajoute une immense plateforme circulaire qui serait destinée à faire fonctionner les moteurs et à effectuer des manœuvres avec les appareils. Elle pourrait également fournir une zone permettant de dissimuler des plateformes expérimentales sensibles à l’observation satellitaire.

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