L’Iran annonce l’arrêt complet de ses exportations de pétrole en raison du blocus américain
Le gouverneur de la Banque centrale iranienne affirme que la banque et le gouvernement avaient anticipé la possibilité d’en arriver à cette situation et avaient donc préparé un ensemble de mesures préventives pour en atténuer les conséquences.
Le gouverneur de la Banque centrale iranienne, Abdolnasser Hemmati, a déclaré jeudi que les exportations pétrolières de son pays avaient totalement cessé en raison du blocus maritime américain, avertissant que la poursuite des restrictions sur les mouvements d’exportation et d’importation pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’économie iranienne. Téhéran affirme toutefois avoir pris des mesures préalables afin de faire face à ce scénario.
Dans une intervention à la télévision iranienne consacrée aux répercussions du blocus sur l’Iran et les pays de la région, Hemmati a expliqué que les exportations de pétrole étaient tombées à zéro, précisant que plusieurs pays voisins, dont le Qatar et l’Irak, faisaient eux aussi face à une forte baisse de leurs exportations. Il a indiqué que le gouvernement et la Banque centrale avaient anticipé la possibilité d’atteindre ce stade et avaient, en conséquence, préparé une série de mesures préventives pour en gérer les conséquences.
Le gouverneur a toutefois souligné une différence fondamentale entre l’Iran et certains autres pays : ces derniers disposent de la possibilité de puiser dans leurs réserves et leurs actifs détenus à l’étranger, tandis que Téhéran est soumis à des restrictions américaines qui l’empêchent d’accéder à une grande partie de ses avoirs extérieurs. L’arrêt des recettes pétrolières, qui constituent une source majeure de devises étrangères, accentue ainsi la pression sur les finances publiques et réduit la capacité du gouvernement à répondre aux besoins du marché intérieur.
Ces développements interviennent alors que l’administration du président américain Donald Trump poursuit le durcissement de la pression économique exercée sur Téhéran. Le président américain a menacé de lancer ce qu’il a décrit comme la campagne économique la plus sévère jamais menée contre un pays, promettant d’imposer à l’Iran un isolement sans précédent et de sanctionner les États et les entités qui lui apporteraient quelque forme de soutien que ce soit. Cette orientation traduit un élargissement de la pression américaine, qui ne vise plus seulement certains secteurs, mais cherche désormais à restreindre plus largement les canaux commerciaux et financiers.
L’escalade ne se limite pas aux sanctions financières. Elle s’accompagne également d’un renforcement du blocus imposé aux ports iraniens et au trafic maritime, ce qui menace de perturber l’acheminement des marchandises et des produits essentiels vers le pays, tout en entravant les exportations de pétrole et d’autres produits. Compte tenu de la forte dépendance de l’économie iranienne à l’égard du commerce maritime, la persistance de ces restrictions pourrait considérablement augmenter le coût des importations et accentuer la pression sur les marchés intérieurs.
La diminution des entrées de devises pourrait également peser sur le cours du rial, sur les prix et sur la capacité du gouvernement à subventionner les biens et services essentiels, alors que les ménages iraniens subissent déjà les effets des sanctions et l’érosion de leur pouvoir d’achat. Les entreprises pourraient, elles aussi, rencontrer davantage de difficultés pour se procurer des matières premières et des pièces détachées, ce qui risquerait d’affecter la production et l’emploi.
Les inquiétudes grandissent en Iran quant au risque que l’accumulation des pressions économiques exacerbe les tensions sociales, notamment si les pénuries de marchandises ou la hausse des prix s’accompagnent d’une baisse des revenus et des possibilités d’emploi. Dans ce contexte, préserver la stabilité des marchés et empêcher l’extension du mécontentement intérieur pourrait devenir un défi aussi important que la confrontation extérieure, en particulier si le blocus venait à se prolonger.
La crise actuelle s’inscrit dans une série d’événements qui ont commencé avec le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, avant la conclusion d’un accord de cessez-le-feu en avril. Le 18 juin, Washington et Téhéran ont signé un protocole d’entente concernant la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, mais sa mise en œuvre a été entravée par des différends liés à la sécurité de cette voie maritime stratégique.
Le 14 juillet, les États-Unis ont rétabli le blocus maritime contre l’Iran sur ordre de Trump, faisant entrer la pression économique dans une phase plus sévère. Avec l’arrêt des exportations de pétrole, la restriction de l’accès aux actifs détenus à l’étranger et le renforcement de la surveillance du trafic maritime, Téhéran fait face à une épreuve économique croissante qui pourrait l’obliger à revoir ses priorités financières et commerciales.
Alors que le gouvernement iranien affirme avoir préparé des plans pour faire face au blocus, sa capacité à résister dépendra de la durée des restrictions et de la possibilité de trouver des voies alternatives pour le commerce et le financement. Sur le plan intérieur, l’aggravation des difficultés économiques pourrait accroître le risque de mécontentement populaire, notamment si la crise des recettes se traduit par une forte hausse des prix ou par des pénuries de produits essentiels. Les conséquences du blocus pourraient ainsi dépasser largement le cadre économique et affecter la stabilité sociale et politique du pays.
