L’OTAN se tourne vers le système MEROPS, une solution face à la menace des drones
Plusieurs pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord achètent le système américain MEROPS, qui aurait déjà permis d’abattre des milliers de drones russes en Ukraine.
Un responsable américain de la défense a déclaré au site Business Insider qu’un nombre croissant de pays de l’OTAN se procuraient le système antidrones MEROPS, dont l’efficacité a été démontrée en Ukraine. Cette mobilisation intervient alors que les alliés cherchent à renforcer leurs défenses face à la multiplication des incursions dans leur espace aérien.
S’exprimant sous couvert d’anonymat, le responsable a précisé qu’au moins six pays avaient déjà acheté le système ou étaient en voie de le faire. La plupart se trouvent sur le flanc oriental de l’Alliance.
Une source proche de Perennial Autonomy, l’entreprise américaine de défense qui fabrique le système MEROPS ainsi que d’autres drones employés en Ukraine, a également confirmé l’existence d’un intérêt marqué pour cette technologie dans l’ensemble du flanc oriental de l’OTAN.
En novembre 2025, seuls trois pays membres de l’Alliance utilisaient le système MEROPS. Les nouvelles ventes, qui n’avaient pas été annoncées auparavant, illustrent l’intérêt croissant des États-Unis et de leurs alliés européens pour des drones intercepteurs à faible coût.
Le système MEROPS se compose d’un radar, d’une plateforme de lancement, d’une station de contrôle au sol et d’un intercepteur coûtant environ 15 000 dollars. Celui-ci peut atteindre une vitesse supérieure à 175 miles par heure, soit environ 280 kilomètres par heure.
L’intercepteur utilise l’intelligence artificielle pour naviguer dans des zones soumises à d’intenses opérations de guerre électronique, un défi fréquent sur le champ de bataille ukrainien.
Il peut être déployé depuis des plateformes mobiles et flexibles, notamment depuis la benne d’un pick-up. Il détruit ses cibles soit en les percutant directement, soit en explosant à proximité. L’ensemble du système peut être utilisé par une équipe réduite, dont la formation ne nécessite que quelques jours.
MEROPS a été déployé pour la première fois en Ukraine, où il aurait servi à abattre des milliers de drones russes, notamment des appareils d’attaque armés. Des responsables militaires occidentaux ont salué les performances opérationnelles démontrées par le système au cours de la guerre.
La Pologne et la Roumanie ont acheté et déployé MEROPS après l’intrusion de drones russes dans l’espace aérien de l’OTAN en septembre 2025. En avril 2026, la Lituanie a également annoncé son intention d’en acquérir un lot expérimental.
L’armée américaine figurait parmi les premiers utilisateurs du système. Elle l’a déployé au Moyen-Orient au début de la guerre avec l’Iran.
MEROPS coûte nettement moins cher que de nombreux autres moyens de lutte antidrones présents dans l’arsenal américain. Un intercepteur à 15 000 dollars peut ainsi abattre un drone dont le prix est deux fois plus élevé. Cette solution permet aux forces armées de préserver leurs missiles sophistiqués et coûteux pour faire face à des menaces plus complexes.
L’intérêt croissant des membres de l’OTAN pour MEROPS s’inscrit dans un effort plus large destiné à renforcer le flanc oriental de l’Alliance. Celui-ci s’étend de la mer Baltique à la mer Noire et rassemble plusieurs pays qui investissent dans des capteurs, des systèmes d’interception et d’autres technologies de défense contre les drones.
Le flanc oriental de l’OTAN a enregistré une forte augmentation des violations de son espace aérien au cours des derniers mois. Des responsables occidentaux accusent la Russie d’être à l’origine de ces incursions de drones, qui obligent souvent les alliés à mobiliser des avions de combat particulièrement coûteux.
Or, envoyer des pilotes à bord de chasseurs habités pour poursuivre des drones bon marché et les détruire avec des missiles air-air onéreux ne constitue pas une solution optimale. Les pays de l’OTAN cherchent donc des moyens moins coûteux de neutraliser ces appareils.
Un responsable américain de la défense a indiqué que les alliés situés sur le flanc oriental achetaient également d’autres technologies antidrones en complément de MEROPS, sans préciser la nature de ces systèmes.
