La course aux 1 000 missiles Patriot : l’Ukraine appelle ses alliés à l’aide avant l’épuisement des stocks
L’Ukraine est engagée dans une course contre la montre pour conclure des contrats portant sur l’achat d’environ 1 000 missiles destinés aux systèmes de défense aérienne Patriot de conception américaine, avec l’aide de ses alliés et grâce à un prêt de l’Union européenne, selon le ministre de la Défense, Yevhen Khmara.
Mardi, lors d’une réunion du Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine, Khmara a déclaré que la majorité de ces missiles ne seraient livrés qu’au cours des prochaines années, tout en appelant à une aide urgente pour renforcer la défense aérienne du pays.
Demande de missiles issus des stocks occidentaux
Le ministre ukrainien de la Défense a expliqué que Kyiv demandait à ses partenaires occidentaux de fournir davantage de missiles de défense aérienne issus de leurs propres stocks, en échange d’une amélioration des performances des missiles dans le cadre des contrats conclus avec l’Ukraine.
Selon Khmara, Kyiv est également confrontée à d’autres difficultés financières, notamment à un déficit de 27 milliards de dollars pour financer les approvisionnements en drones.
La Russie poursuit ses attaques
Les déclarations du ministre interviennent alors que la Russie a repris, mardi, ses attaques quasi continues de drones et de missiles contre Kyiv, après une brève interruption liée à la visite de négociateurs américains.
Des responsables ont indiqué que cinq personnes avaient été tuées dans la capitale, tandis que d’autres victimes ont été recensées dans différentes régions.
La crise des missiles Patriot était déjà apparue clairement en Ukraine auparavant, après qu’une enquête de CNN, publiée en août, eut révélé que certains systèmes Patriot s’étaient retrouvés sans missiles intercepteurs, malgré la poursuite des attaques russes utilisant des missiles balistiques.
CNN avait alors indiqué qu’un système situé près de Kyiv n’avait lancé aucun missile depuis six semaines en raison de l’épuisement de ses munitions. Un ingénieur travaillant sur ce système avait déclaré que disposer de l’équipement sans missiles capables d’intercepter les missiles balistiques était « extrêmement douloureux ».
Un écart entre la production et les besoins
Les informations publiées par CNN en août ont mis en évidence un écart entre la production de missiles Patriot et l’ampleur de la demande. Lockheed Martin a produit environ 620 missiles en 2025, tandis que le département américain de la Défense avait conclu un accord de sept ans visant à porter la production à environ 2 000 missiles par an d’ici à 2030.
Kyiv a également cherché à produire des missiles Patriot sur son territoire. Toutefois, un responsable de la Maison-Blanche avait alors indiqué qu’aucune décision ni garantie n’avait été donnée concernant l’autorisation de les fabriquer en Ukraine, tout en soulignant la nécessité de protéger la technologie américaine.
Un soutien supplémentaire à l’Ukraine
Lors de la réunion du Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré que les alliés de l’Ukraine n’avaient d’autre choix que de renforcer leur soutien afin de permettre à Kyiv de saisir les opportunités qui se présentent à elle et de se défendre contre les attaques aériennes.
De son côté, Khmara a affirmé que la Russie ne réalisait aucun gain stratégique sur la ligne de front longue de 1 200 kilomètres, accusant toutefois Moscou de compenser ses échecs sur le champ de bataille en « terrorisant les Ukrainiens ».
Le ministère ukrainien de la Défense a ajouté que Khmara avait présenté, lors de la réunion, un plan de conduite de la guerre déjà en cours de mise en œuvre, ainsi qu’une liste des principales menaces que Kyiv estime être posées par Moscou.
