Sept jours et sept conditions dans la proposition d’apaisement présentée par Araghtchi à Washington

Le plan iranien repose sur trois étapes : l’acceptation préalable des États-Unis, la mise en œuvre des conditions dans un délai de sept jours, puis la réouverture du détroit d’Ormuz et la reprise des négociations.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a déclaré que Téhéran avait transmis aux États-Unis, par l’intermédiaire de médiateurs, une proposition visant à relancer les pourparlers.
Le projet prévoit l’exécution de conditions précises dans un délai de sept jours. Si Washington l’accepte, le détroit d’Ormuz sera rouvert et les négociations reprendront à l’issue de cette période.
Présent à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies, Araghtchi a précisé que le délai de sept jours ne commencerait pas immédiatement, mais le lendemain de l’acceptation de la proposition par les États-Unis.
Le ministre a indiqué que Téhéran souhaitait reprendre les négociations avant les élections américaines de mi-mandat prévues en novembre.
Ce calendrier diffère de celui évoqué par le président américain Donald Trump, qui a déclaré s’attendre à la conclusion d’un accord avec l’Iran après les élections.
Selon Araghtchi, la proposition iranienne s’appuie sur un protocole d’accord conclu entre les deux parties en juin afin de mettre fin aux hostilités et de rouvrir le détroit.
Les arrangements avaient ensuite échoué, entraînant une reprise des affrontements.
Le chef de la diplomatie iranienne a indiqué que Téhéran avait transmis son plan à Washington par l’intermédiaire de médiateurs.
Des sources iraniennes ont précisé que la proposition avait été envoyée le 16 septembre, avant les récentes réunions de New York.
Des responsables iraniens ont également expliqué que l’exigence de mettre fin à la guerre sur tous les fronts englobait les opérations israéliennes menées dans le sud du Liban.
Araghtchi n’a toutefois pas révélé publiquement la liste complète des sept conditions attachées à cette nouvelle proposition.
Des contacts indirects à New York
Araghtchi et l’émissaire spécial américain Steve Witkoff ont récemment échangé par l’intermédiaire de médiateurs à New York, en marge de l’Assemblée générale.
Il s’agissait du premier contact de ce niveau depuis l’effondrement du précédent protocole d’accord.
Washington a qualifié les discussions indirectes de positives et constructives.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a toutefois mis en garde contre toute présentation de ces échanges comme une avancée majeure, tandis qu’un responsable iranien a reconnu que de profondes divergences subsistaient entre les deux parties.
Dans le cadre du projet présenté, Téhéran souhaite que les mesures américaines précèdent la réouverture du détroit d’Ormuz.
Des responsables iraniens ont affirmé que leur pays ne rouvrirait pas cette voie maritime et ne reprendrait pas les négociations avant l’exécution de ses conditions.
Cette position marque une évolution par rapport à la phase précédente, durant laquelle les discussions elles-mêmes étaient envisagées comme le moyen de parvenir à un accord sur le détroit.
Le secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaï, avait déclaré que les sept conditions devaient être mises en œuvre intégralement et simultanément.
Il avait également affirmé que l’Iran ne rouvrirait pas le détroit et ne retournerait pas à la table des négociations si Washington ne répondait pas favorablement à ses demandes.
Des calendriers différents
Les déclarations iraniennes ont néanmoins présenté différentes versions du calendrier envisagé.
Rezaï avait auparavant évoqué un délai de quatre ou cinq jours accordé aux États-Unis pour répondre aux conditions.
Araghtchi a, pour sa part, indiqué que le calendrier proposé s’étendait sur sept jours après l’acceptation américaine. Le détroit serait rouvert et les pourparlers reprendront à la fin de cette période.
Cette différence témoigne d’une variation entre les discours politique et sécuritaire iraniens concernant les modalités d’exécution du plan, mais ne signifie pas nécessairement que le contenu des conditions fasse l’objet d’un désaccord.
Ormuz au cœur des négociations
La liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz occupe une place centrale dans les discussions.
En temps normal, environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié transite par cette voie maritime.
Le trafic demeure très inférieur aux niveaux enregistrés avant la guerre.
Mercredi, dix navires de commerce ont franchi le détroit, contre une moyenne d’environ 17 par jour au cours des dix journées précédentes, selon des données de navigation relayées par Reuters.
Lors des négociations antérieures, Téhéran avait réclamé des droits concernant la réglementation du trafic. Les deux parties avaient également discuté des redevances et des services liés à la navigation.
Les États du Golfe s’opposent à tout arrangement qui accorderait à l’Iran une influence supplémentaire sur le détroit.
Selon le Wall Street Journal, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis demandent à Washington de maintenir les sanctions et la pression maritime exercées sur Téhéran.
Une proposition sur fond de tensions régionales
Le projet iranien intervient alors que les tensions militaires persistent dans la région.
Outre la fermeture du détroit d’Ormuz, les Houthis ont intensifié leurs attaques contre l’Arabie saoudite.
Des responsables iraniens ont également averti que la confrontation pourrait s’étendre à la mer Rouge et au détroit de Bab el-Mandeb en cas de nouvelle phase de combats.
Téhéran établit un lien entre la sécurité des voies maritimes et un règlement régional plus large.
Tout accord relatif au détroit d’Ormuz serait ainsi également tributaire de l’évolution de la situation au Yémen et au Liban.
Concernant le dossier nucléaire, Araghtchi a maintenu ouverte la possibilité d’un retour aux négociations.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a également affirmé que son pays était prêt à poursuivre les discussions sur son programme nucléaire dans le cadre du droit international.
Téhéran souligne néanmoins qu’il ne renonce pas à son droit de maîtriser la technologie nucléaire à des fins pacifiques.
Donald Trump insiste, de son côté, sur la nécessité d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.
