Grand Maghreb

Une approche globale pour déjouer les réseaux du chaos : Kaïs Saïed resserre l’étau sur les Frères musulmans en Tunisie


Le président tunisien Kaïs Saïed a souligné l’échec des tentatives visant à attiser les tensions dans son pays, promettant de s’attaquer aux réseaux de corruption et aux fauteurs de troubles, dans une allusion aux Frères musulmans.

Ces déclarations ont été faites lors d’une réunion entre Saïed, le ministre de la Santé Mustapha Ferjani, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat et chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, ainsi que le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, au palais de Carthage, dans le centre de la capitale, selon un communiqué de la présidence tunisienne publié jeudi.

Saïed a affirmé que « le premier préalable naturel à la réalisation des revendications du peuple tunisien est le démantèlement des réseaux de corruption », saluant « la prise de conscience du peuple tunisien, qui a déjoué toutes les tentatives visant à attiser les tensions par tous les moyens, qu’il s’agisse de déclencher des incendies, de couper l’eau et l’électricité ou de maltraiter les agents de l’administration lorsqu’ils fournissent les services les plus élémentaires ».

Il a insisté sur le fait que « de nombreuses affaires, bien que leur degré de gravité et leurs conséquences diffèrent, demeurent des questions nationales qui nécessitent toutes d’être traitées dans le cadre d’une approche globale visant à éliminer leurs causes et leurs effets ».

Saïed a également souligné que « nous courons contre la montre et que cette étape est celle de l’action et de la réalisation, conformément à la volonté du peuple tunisien dans tous les domaines et dans toutes les régions du pays ».

Il a affirmé que le peuple tunisien « déjouera toutes les manœuvres visant à semer le doute ainsi que tous les plans encore préparés par des réseaux qui prennent toutes les couleurs et mobilisent leurs agents ; ils n’ont aucune place, pas plus que ceux qu’ils ont recrutés ».

Le président tunisien a par ailleurs réaffirmé que les unités polluantes du complexe chimique de Gabès « seront démantelées conformément à une stratégie claire », à la suite d’une visite de terrain effectuée dans le gouvernorat de Gabès, dans le sud-est du pays.

La présidence tunisienne a indiqué, dans une publication sur sa page officielle, que Saïed « a affirmé que la question environnementale est une question nationale et que la ville de Gabès a peut-être payé un lourd tribut en raison du complexe chimique ».

Les habitants de Gabès, confrontés à des niveaux élevés de pollution, réclament le démantèlement des unités du complexe chimique et la fin des souffrances de centaines de milliers de familles exposées à l’inhalation de gaz toxiques.

Depuis octobre dernier, les habitants ont organisé une série de manifestations et de grèves contre la pollution, réclamant la mise en œuvre d’une décision gouvernementale adoptée en 2017 mais restée inappliquée, qui prévoit le démantèlement des unités industrielles du complexe chimique tunisien, notamment face à la multiplication des cas d’étouffements collectifs dans la région.

Des observateurs estiment que l’organisation des Frères musulmans et leurs relais implantés au sein de l’État cherchent à attiser les tensions dans le pays et à exploiter des crises touchant des services essentiels, notamment l’eau et l’électricité, afin de semer la confusion et de provoquer des troubles.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page