Al-Iryani : la simultanéité des attaques des milices affiliées à l’Iran révèle l’existence d’un seul centre de commandement
Le ministre yéménite de l’Information estime que le slogan des Houthis, « blocus contre blocus », ne répond pas à des motivations internes propres au Yémen, mais s’inscrit dans un projet plus vaste visant les voies maritimes internationales et les infrastructures énergétiques.
Les mises en garde yéménites contre l’intensification de la coordination entre les groupes armés pro-iraniens de la région se sont multipliées. Le ministre yéménite de l’Information, Mouammar Al-Iryani, a estimé que la tentative menée par des milices irakiennes liées au Corps des gardiens de la révolution islamique iranien de cibler des installations pétrolières en Arabie saoudite, parallèlement à l’escalade des Houthis en mer Rouge, constitue la preuve d’une unité de décision militaire entre les alliés armés de Téhéran. Selon lui, cette simultanéité dément le récit propagé par les Houthis selon lequel leurs opérations seraient liées à ce qu’ils présentent comme un « blocus » imposé au Yémen.
Al-Iryani a déclaré que la simultanéité des mouvements des Houthis et des attaques menées par les milices irakiennes pro-iraniennes révèle que ces opérations ne sont pas conduites de manière indépendante, mais s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie iranienne unifiée qui dépasse les frontières des différents théâtres locaux. Cette stratégie viserait à élargir le champ de la menace afin d’englober la sécurité énergétique mondiale et les voies maritimes stratégiques, notamment la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb.
Ces déclarations revêtent une importance particulière au regard du calendrier des attaques, intervenues à un moment marqué par une intensification des pressions politiques et militaires exercées sur l’Iran. Selon le responsable yéménite, cette situation pousserait Téhéran à mobiliser son réseau d’alliés armés sur plusieurs fronts afin d’envoyer des messages de dissuasion indirecte, en ciblant les intérêts économiques, les routes maritimes et les approvisionnements pétroliers, plutôt que de s’engager directement dans une confrontation militaire.
Dans son analyse de ces développements, Al-Iryani estime que les événements qui se déroulent au Yémen et en Irak ne peuvent être considérés comme des faits isolés, mais plutôt comme des éléments simultanés d’un même projet régional. Dans ce cadre, Téhéran utiliserait ses groupes armés comme des instruments pour imposer de nouveaux rapports de force chaque fois qu’il se trouve sous pression, ce qui lui permettrait d’exercer une influence sur la communauté internationale en menaçant le commerce mondial et la sécurité énergétique.
Il considère également que le slogan des Houthis, « blocus contre blocus », ne reflète pas des motivations internes propres au Yémen, mais constitue une composante d’un projet plus vaste visant les voies maritimes internationales et les infrastructures énergétiques. L’objectif serait de perturber les chaînes d’approvisionnement et d’augmenter les coûts du transport et du commerce, de sorte que les conséquences de l’escalade dépassent les frontières de la région et affectent l’économie mondiale dans son ensemble.
Cette analyse s’inscrit dans un schéma déjà observé dans la région au cours des dernières années. À plusieurs reprises, des attaques menées par des groupes pro-iraniens en Irak, au Yémen et au Liban ont coïncidé avec des périodes de tension entre Téhéran et Washington ou avec une intensification des pressions internationales exercées sur l’Iran. Cette récurrence a renforcé l’impression d’une coordination politique et militaire entre ces organisations, malgré la diversité de leurs théâtres d’opération.
Al-Iryani a affirmé que les Houthis n’agissent pas uniquement en fonction de considérations strictement yéménites. Selon ses termes, ils constituent une force avancée du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien et opèrent au sein d’un réseau transnational partageant des objectifs et des moyens communs. Ils tireraient également parti de leur position géographique donnant sur l’une des principales voies maritimes du monde, ainsi que de leur arsenal composé de missiles, de drones, d’embarcations piégées et de mines navales.
Le ministre yéménite a averti que la poursuite de cette stratégie entraînerait un élargissement des risques pesant sur la sécurité de la navigation internationale et les approvisionnements énergétiques. Il a souligné que ses répercussions ne se limiteraient pas aux pays de la région, mais touchent également les marchés mondiaux, les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement.
Il a appelé la communauté internationale à passer de la simple condamnation politique à l’adoption de mesures concrètes visant à dissuader ce qu’il a qualifié de « projet iranien », notamment en protégeant les voies maritimes, en tarissant les sources de financement et d’armement des groupes armés et en demandant des comptes aux parties responsables des attaques.
Al-Iryani a conclu en affirmant que le fait de considérer les Houthis comme relevant exclusivement d’une question intérieure yéménite ne reflète plus, selon lui, la nature de la menace actuelle. Il estime que la restauration des institutions de l’État yéménite et la fin du coup d’État constituent désormais, du point de vue du gouvernement yéménite, des éléments essentiels pour protéger la sécurité régionale, garantir la sûreté du commerce international et préserver la stabilité des marchés de l’énergie face à ce qu’il décrit comme un projet iranien transnational.
