Un rapport confidentiel ébranle l’Iran : la colère populaire poursuit le régime
Un rapport confidentiel préparé pour la présidence iranienne soulève une question essentielle à Washington et auprès de ses alliés : l’intensification de la colère populaire et le large soutien à un changement politique justifient-ils une réévaluation de la fragilité du régime iranien et des perspectives d’un changement de régime ?
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Selon ce rapport classé secret, intitulé « Que veulent les Iraniens ? », seuls 9 % des personnes interrogées souhaitent le maintien du statu quo. En revanche, 53 % réclament des réformes profondes ou structurelles, tandis que plus de 19 % se prononcent en faveur d’un changement complet du système politique.
Ainsi, près des trois quarts des participants soutiennent soit une réforme structurelle majeure, soit le remplacement du régime actuel. Ces résultats pourraient renforcer l’idée selon laquelle la crise politique iranienne dépasse désormais le simple rejet de certaines personnalités ou politiques pour devenir une crise touchant les fondements mêmes du système.
Le site IranWire a indiqué, le 13 juillet, avoir obtenu une copie du rapport, rédigé par Ali Rabiei, conseiller social du président iranien Massoud Pezeshkian et ancien porte-parole du gouvernement.
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Le document s’appuie sur une enquête d’opinion réalisée en mai 2026 par le Centre Ara de recherche sur l’opinion publique. Selon IranWire, le rapport a circulé au sein des institutions du pouvoir iranien au cours du mois de juin.
Un appel à réévaluer la situation
Meyad Maleki, chercheur principal à la Foundation for Defense of Democracies, a déclaré à Fox News Digital que les conclusions du rapport justifient une réévaluation des probabilités de troubles politiques en Iran.
Il a ajouté : « S’il existe une erreur dans cette étude, c’est qu’elle sous-estime la profondeur de la colère des Iraniens. »
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Selon lui, l’élément le plus frappant est que le rapport a été préparé pour le président iranien lui-même, à partir de données recueillies par des organismes de sondage liés au régime. Malgré cela, il révèle que le niveau de colère dépasse 63 %, soit un taux supérieur au plus haut niveau de colère jamais enregistré par Gallup dans un quelconque pays, alors que 81 % de la population éprouve des difficultés à se procurer de la nourriture et que la majorité des Iraniens se dit privée d’espoir.
Les limites de l’enquête
Maleki met toutefois en garde contre une interprétation des sondages réalisés dans des régimes autoritaires comme une mesure parfaitement fidèle de l’opinion publique, les participants pouvant craindre d’exprimer leurs véritables opinions.
Il explique : « Dans un État policier où une opinion dissidente peut vous coûter votre emploi, votre liberté, voire votre vie, les citoyens pratiquent l’autocensure. Ces résultats doivent donc être considérés comme le seuil minimal du mécontentement, et non comme son niveau maximal. »
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Le rapport consulté par IranWire ne fournit pas de description complète de la méthodologie de l’enquête. Il ne précise ni le mode de sélection de l’échantillon, ni le nombre de participants, ni son degré de représentativité selon les régions et les catégories de population.
Par conséquent, il est impossible de vérifier indépendamment ces résultats ou de les considérer comme une mesure définitive de l’opinion publique iranienne. Ils ne démontrent pas non plus que ce mécontentement débouche nécessairement sur un mouvement organisé capable de renverser le régime.
Colère, frustration et crise sociale
Malgré ces réserves, le rapport dresse le portrait d’une société soumise à des pressions croissantes.
Près de 64 % des personnes interrogées déclarent ressentir une colère permanente, soit une hausse d’environ 12 points par rapport à une enquête gouvernementale menée en décembre 2025.
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Le rapport indique également que :
- 50 % se disent privés d’espoir.
- Environ 48 % souffrent de tristesse ou de dépression.
- Près de 45 % vivent dans un état permanent de peur ou d’anxiété.
L’économie au cœur de la crise
Le rapport montre que la crise économique constitue le principal moteur de la colère populaire.
Plus de 81 % des personnes interrogées affirment éprouver des difficultés totales ou partielles à se procurer de la nourriture, tandis que 75 % déclarent ne pas pouvoir assumer les frais des soins de santé.
En outre, 54 % indiquent que leurs revenus ne couvrent pas les dépenses de leur foyer, alors que seulement 8 % affirment disposer d’un revenu leur permettant d’épargner.
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Le gouvernement au banc des accusés
Les participants attribuent davantage la responsabilité de la crise à la gestion interne qu’aux sanctions étrangères.
- 46,9 % estiment que la mauvaise gestion gouvernementale constitue la principale cause de la crise économique.
- 26,3 % mettent en cause la corruption.
- Seuls 20,7 % attribuent la responsabilité aux sanctions internationales.
Le rapport considère cette conclusion particulièrement significative, car elle montre qu’une grande partie des Iraniens ne considère pas les acteurs étrangers comme les principaux responsables de la dégradation de leurs conditions de vie.
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Une crise de confiance
Le document révèle également une profonde crise de confiance envers les institutions officielles.
Près de 60 % des répondants déclarent ne pas faire confiance aux principales institutions de l’État, tandis que 61,2 % portent une appréciation négative sur la gestion des crises nationales par les responsables.
Les taux de défiance envers le gouvernement, le Parlement, le pouvoir judiciaire ainsi que les médias audiovisuels publics dépassent tous les 50 %.
Des solutions axées sur la communication plutôt que sur les réformes
Malgré l’ampleur du mécontentement populaire, les recommandations du rapport privilégient la maîtrise du mécontentement plutôt que le traitement de ses causes profondes.
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Ali Rabiei recommande aux institutions de l’État de :
- mieux expliquer les conséquences des sanctions ;
- modérer le discours officiel et religieux ;
- offrir une image plus équilibrée à travers les médias publics ;
- éviter les politiques plaçant le gouvernement en confrontation directe avec la société.
Une analyse publiée ultérieurement par IranWire estime que le rapport présente la crise iranienne davantage comme un problème de communication et d’image que comme une crise politique et structurelle, soulignant l’absence de propositions concrètes concernant la responsabilité institutionnelle, l’ouverture politique ou une réforme économique en profondeur.
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Des manifestations qui s’étendent
Meyad Maleki affirme que les conclusions du rapport correspondent à l’élargissement des mouvements de protestation en Iran.
Selon lui, ceux-ci sont passés de plus de 80 villes en 2017 à plus de 200 villes réparties dans les 31 provinces du pays cette année, parallèlement à un quadruplement du nombre de grèves.
Il ajoute : « Les Iraniens sont passés du doute quant à la possibilité d’une nouvelle révolution à la conviction qu’il n’existe plus d’alternative, les réformes ayant démontré leur incapacité à produire un véritable changement. »
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Un régime préparé à la confrontation
Le rapport souligne néanmoins que l’un des principaux obstacles à un changement de régime réside dans le fait que l’Iran a consacré plusieurs décennies à bâtir des appareils sécuritaires et des institutions spécialisées dans la surveillance, la dissuasion et la répression des opposants.
Maleki conclut : « Ce régime excelle avant tout dans sa capacité à empêcher et à écraser la prochaine révolution. » Il estime toutefois qu’une nouvelle vague de manifestations est inévitable, ajoutant : « Le mécontentement populaire se transformera de nouveau en protestations. La question n’est pas de savoir si elles auront lieu, mais quand elles éclateront, et s’il y aura quelqu’un pour soutenir le peuple iranien lorsque ce moment viendra. »
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