Iran

Les autorités iraniennes se préparent à exécuter la première femme liée aux récentes manifestations


L’Iran s’apprête à appliquer la peine de mort à l’encontre de la militante Bita Hemmati, qui deviendrait ainsi la première femme exécutée pour sa participation à la vague de manifestations populaires qui a secoué le pays au début de l’année.

Cette mesure s’inscrit, selon le journal New York Post, dans le cadre d’une campagne judiciaire sans précédent menée par le régime pour réprimer le soulèvement. Des statistiques indiquent que les autorités ont prononcé des condamnations à mort contre près de 1 600 personnes au cours de la seule année écoulée, marquant une escalade préoccupante dans l’usage de la peine capitale comme instrument pour étouffer l’opposition politique.

D’après des informations médiatiques, les autorités ont retenu contre Bita Hemmati plusieurs chefs d’accusation, notamment l’usage d’explosifs et d’armes, la participation à des rassemblements de protestation et l’atteinte à la sécurité nationale.

Les lourdes condamnations n’ont pas concerné Hemmati seule. Son époux, Mohammad Reza Majed, âgé de 34 ans, ainsi que deux autres hommes résidant dans le même immeuble, Behrouz Zamaninejad et Kourosh Zamaninejad, ont également été condamnés.

Ces verdicts ont été rendus à l’issue de procès décrits comme « expéditifs », et les biens des condamnés ont été saisis parallèlement à la prononciation des jugements définitifs.

Le cinquième accusé dans cette affaire, Amir Hemmati, un proche parent de la militante, a été condamné à une peine d’environ six ans de prison, après avoir été reconnu coupable de « rassemblement et complot contre la sécurité nationale » et de « propagande contre le régime ».

L’acte d’accusation officiel, tel que relayé par l’Agence de presse des militants des droits humains, affirme que le groupe menait « des activités de renseignement au profit du gouvernement des États-Unis et de groupes hostiles », dans une tentative manifeste d’associer la mobilisation interne à des agendas extérieurs.

Les forces de sécurité iraniennes avaient arrêté les membres du groupe dans la capitale, Téhéran, devenue l’épicentre de la plus importante vague de colère populaire qu’ait connue le pays depuis des années.

Il convient de rappeler que l’étincelle de ces manifestations est apparue fin décembre dernier, lorsque des commerçants et marchands de marchés de la capitale ont lancé une série de grèves locales. En l’espace de deux jours seulement, la colère s’est propagée à l’ensemble de Téhéran.

Avec l’arrivée du mois de janvier, cette dynamique s’est transformée en un soulèvement national auquel ont pris part de larges segments d’étudiants et de diverses catégories de la société.

Le régime a répondu à cette mobilisation par une campagne de répression sanglante sans précédent, qui a fait des milliers de morts et de blessés parmi les manifestants, tandis que des dizaines de milliers de participants et de suspects ont été arrêtés et détenus arbitrairement.

Bien qu’aucune date officielle n’ait encore été fixée pour l’exécution de Bita Hemmati, des organisations iraniennes de défense des droits humains basées à l’étranger ont lancé un appel urgent aux Nations unies, aux organismes internationaux concernés et aux défenseurs des droits humains, afin de demander une intervention immédiate pour sauver la vie des condamnés à mort, en particulier des prisonniers politiques et des personnes arrêtées dans le contexte du soulèvement populaire.

Elles ont averti que la poursuite de cette approche judiciaire à caractère vindicatif constitue une violation flagrante des normes internationales les plus élémentaires en matière de droits humains.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page