Politique

Axios : Washington et Téhéran conviennent de mettre fin aux attaques et de reprendre les négociations 


Un haut responsable américain confirme que Washington et Téhéran prévoient de tenir une réunion dans la capitale qatarie, Doha, mardi prochain, afin de reprendre le processus diplomatique.

Le site Axios a rapporté que les États-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord visant à mettre un terme à la dernière vague d’hostilités dans la région du Golfe et à reprendre les discussions concernant les différends liés au détroit d’Ormuz, dans une démarche susceptible de contribuer à contenir l’escalade militaire qui menaçait de faire échouer l’accord de cessez-le-feu provisoire entre les deux parties.

Selon le média, un haut responsable américain a indiqué que Washington et Téhéran avaient l’intention de se réunir mardi prochain à Doha, au Qatar, afin de relancer la voie diplomatique. Toutefois, aucune autorité officielle n’a, jusqu’à présent, confirmé ou démenti ces informations.

Cette évolution intervient quelques jours après une escalade militaire réciproque, déclenchée à la suite du bombardement d’un navire marchand dans le détroit d’Ormuz jeudi dernier. Les deux parties se sont alors mutuellement accusées d’avoir violé l’accord de cessez-le-feu temporaire conclu le 17 juin.

Dans le dernier épisode de cette escalade, l’Iran a lancé, tôt dimanche matin, des attaques au moyen de missiles balistiques et de drones visant des sites militaires américains au Koweït et à Bahreïn. Ces frappes sont intervenues quelques heures après que le président américain Donald Trump a averti que les États-Unis pourraient être contraints de « terminer la mission par des moyens militaires » si Téhéran ne respectait pas les dispositions de l’accord.

Donald Trump a écrit sur les réseaux sociaux que le moment pourrait venir où « nous ne serons plus en mesure d’agir avec rationalité », ajoutant que Washington pourrait être amené à poursuivre ses opérations militaires. Il a également menacé que la République islamique d’Iran « cesserait d’exister » si le conflit atteignait un tel niveau.

L’accord provisoire conclu entre Washington et Téhéran, composé de quatorze dispositions, visait à mettre fin aux opérations militaires en cours depuis la fin du mois de février, à garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, l’un des principaux couloirs mondiaux du transport énergétique, et à préparer des négociations plus larges sur le programme nucléaire iranien ainsi que sur d’autres questions de sécurité.

Cependant, plusieurs indices ont révélé la fragilité de cet accord. Mehdi Fazaeli, membre du Bureau chargé de la préservation et de la publication des œuvres du Guide suprême iranien, a annoncé que son pays n’avait pas participé aux discussions techniques prévues dimanche. Il a expliqué que Téhéran estimait que les États-Unis n’avaient pas rempli certaines de leurs obligations, notamment en garantissant l’accès effectif aux avoirs iraniens débloqués.

Selon Mehdi Fazaeli, la vérification de la possibilité d’utiliser ces fonds constitue une condition essentielle à la poursuite de la mise en œuvre des accords, précisant que l’absence de cette garantie reviendrait, en pratique, à un non-respect du mémorandum d’entente.

Un cycle de négociations indirectes s’était tenu en Suisse une semaine auparavant sous médiation internationale. Les discussions avaient été conduites par le vice-président américain J. D. Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf. Elles avaient abouti à l’annonce par Washington d’exemptions limitées concernant certaines sanctions, mais les affrontements militaires ont rapidement repris.

Environ une heure après les déclarations de Donald Trump, l’armée koweïtienne a annoncé que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté des missiles et des drones qualifiés d’hostiles, tandis que le ministère bahreïnien de l’Intérieur confirme que des sirènes d’alerte avaient retenti dans plusieurs régions du pays.

De son côté, le Corps des Gardiens de la révolution islamique a déclaré que ses forces navales et aériennes avaient mené des opérations conjointes contre des bases et des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, au moyen de missiles et de drones. Il a estimé que les récentes frappes américaines constituaient une violation de l’accord de cessez-le-feu.

Dans un communiqué relayé par les médias officiels, les Gardiens de la révolution ont ajouté que les attaques américaines entraîneraient « un arrêt total de toutes les activités diplomatiques », avertissant que les bases américaines dans la région « connaîtront un véritable enfer dans les prochains jours ».

Un responsable américain a confirmé que des installations militaires américaines dans la région avaient été visées par les attaques iraniennes. Il a précisé que la situation faisait toujours l’objet d’une évaluation, tout en indiquant qu’aucun blessé parmi les militaires américains ni aucun dommage majeur sur les bases concernées n’avaient été signalés à ce stade.

Par la suite, le ministère bahreïnien de l’Intérieur a annoncé qu’un immeuble résidentiel situé sur l’île de Muharraq avait subi des dégâts à la suite d’une attaque iranienne, sans faire état de victimes. Manama a également demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de convoquer une réunion d’urgence afin de tenir l’Iran pour responsable de ces attaques.

Pour sa part, l’armée koweïtienne a déclaré avoir intercepté avec succès deux missiles balistiques, confirmant qu’aucune perte humaine ni aucun dégât matériel n’avaient été enregistrés.

Dans un développement distinct, le Qatar a annoncé qu’un de ses ressortissants était décédé des suites de blessures causées par des éclats alors qu’il se trouvait à bord d’un navire disparu samedi. Une autre personne a été blessée lors du même incident, que les autorités ont attribué aux opérations militaires en cours dans la région, sans accuser aucune partie en particulier.

Sur un autre front, l’armée israélienne a annoncé dimanche avoir pris pour cible des membres du Hezbollah dans le sud du Liban et détruit des infrastructures souterraines qu’elle affirme utilisées à des fins militaires. Cette opération est intervenue un jour seulement après une frappe similaire, malgré la conclusion d’un nouvel accord de cessez-le-feu entre Tel-Aviv et Beyrouth, ce qui témoigne de la persistance des tensions régionales et de la multiplicité des théâtres d’affrontement liés à la crise entre Washington et Téhéran.

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