Politique

L’Iran se méfie de Trump… une nouvelle manœuvre ou une opportunité de paix ?


L’Iran observe avec prudence les efforts du président Trump visant à relancer les négociations de paix, sur fond de craintes d’une nouvelle « manœuvre ».

C’est ce qu’a rapporté le site américain « Axios », citant une source informée des coulisses des communications diplomatiques.

Des responsables iraniens ont exprimé des doutes croissants à l’égard des initiatives du président américain Donald Trump visant à lancer des pourparlers de paix, estimant qu’il pourrait s’agir simplement d’une « nouvelle manœuvre ».

D’après la source, Téhéran a informé les pays médiateurs — dont le Pakistan, l’Égypte et la Turquie — qu’elle avait été, selon ses termes, « trompée à deux reprises » par Trump lors de précédents cycles de négociations, ajoutant : « Nous ne voulons pas être trompés à nouveau ».

Pressions militaires et négociations simultanées

Washington cherche à tenir des pourparlers directs avec l’Iran dans les plus brefs délais, peut-être dès demain jeudi, probablement à Islamabad.

Cependant, lors des deux précédents cycles de discussions américano-iraniennes, Trump a donné le feu vert à des attaques surprises dévastatrices, tout en continuant à évoquer sa volonté de parvenir à un accord.

Les cycles précédents de négociations ont ainsi été marqués par des attaques soudaines soutenues par les États-Unis, malgré la poursuite des déclarations en faveur d’un accord.

En juin dernier, quelques jours avant une session prévue de négociations nucléaires, Israël a attaqué l’Iran avec le soutien de Trump.

Puis, il y a trois semaines, les États-Unis et Israël sont parvenus à un accord préliminaire à Genève pour reprendre les discussions la semaine suivante, deux jours seulement avant l’attaque américano-israélienne lancée le 28 février.

Doutes iraniens

Les doutes de Téhéran se sont accrus après avoir observé d’importants mouvements militaires américains, incluant l’envoi de renforts conséquents dans la région.

L’Iran estime que ces mouvements renforcent l’hypothèse selon laquelle l’appel aux négociations pourrait servir de couverture à une escalade militaire — un message qu’elle a transmis aux médiateurs.

Cependant, pour l’administration Trump, le déploiement des forces constitue une preuve de son sérieux dans les négociations « depuis les ponts des navires de guerre », et non une indication de mauvaise foi.

À cet égard, l’un des conseillers de Trump a déclaré que ce dernier « tend une main pour négocier, tandis que l’autre est prête à frapper ».

Tentatives de renforcement de la confiance

La Maison-Blanche a tenté de rassurer Téhéran par des messages affirmant le sérieux des négociations, évoquant également la possibilité de la participation du vice-président Vance aux discussions.

Deux sources ont indiqué que l’émissaire américain Steve Witkoff a proposé Vance en raison de son statut et du fait que les Iraniens ne le considèrent pas comme un « faucon ».

Mardi, Trump a révélé aux journalistes l’existence d’un effort manifeste pour instaurer la confiance avec les Iraniens.

Dans un contexte notable, Trump a évoqué ce qu’il a qualifié de « geste de confiance » de la part de l’Iran, consistant en un « grand cadeau » lié au secteur du pétrole et du gaz, sans fournir de détails, précisant qu’il était en lien avec la navigation dans le détroit d’Ormuz.

« Négocier avec des bombes »

Malgré les discours en faveur de la voie diplomatique, Washington continue de renforcer ses options militaires. Des estimations américaines et israéliennes suggèrent que les opérations militaires pourraient se poursuivre pendant plusieurs semaines, même en cas de lancement des négociations.

Des responsables américains et israéliens affirment que Trump cherche simultanément à élargir les options diplomatiques et à intensifier l’escalade militaire afin de pouvoir prendre une décision en fonction de l’évolution de la situation.

Ces responsables ont ajouté que des plans visant à poursuivre la guerre pendant deux à trois semaines supplémentaires sont toujours sur la table.

Trump a même demandé au secrétaire à la Défense Pete Hegseth, mardi, de poursuivre la pression militaire sur l’Iran, selon un responsable de la Maison-Blanche cité par « Axios ».

Hegseth a déclaré aux journalistes dans le Bureau ovale : « Nous négocions avec des bombes ».

Le responsable de la Maison-Blanche a également indiqué que Trump reste optimiste quant aux négociations et que la tenue d’une réunion au Pakistan est possible, mais qu’aucune décision définitive n’a encore été prise.

À ce stade, la priorité de l’Iran semble être l’arrêt des bombardements et l’obtention d’un cessez-le-feu, tandis que les États-Unis souhaitent vérifier si les Iraniens sont prêts à faire des concessions qu’ils n’étaient pas disposés à accorder lors des précédentes négociations, selon la même source.

Un plan américain en 15 points

Des médias américains et israéliens ont rapporté que l’Iran a reçu, par l’intermédiaire de médiateurs, un plan américain en 15 points comprenant un ensemble global incluant : la fin de la guerre, la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée des sanctions, ainsi que des garanties concernant le programme nucléaire iranien, le programme de missiles et le soutien aux alliés régionaux.

Washington cherche à discuter de ce plan de manière globale lors d’une éventuelle réunion au Pakistan, bien que sa date n’ait pas encore été officiellement confirmée.

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