Mort de l’ombre de Khamenei et du Kennedy iranien: qui était Ali Larijani ?
Dans un développement soudain qui frappe le cœur de la pyramide du pouvoir, Israël a annoncé aujourd’hui la mort d’Ali Larijani, figure influente en Iran et personnalité considérée comme la plus puissante après la disparition de Khamenei.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré mardi que le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, avait été tué lors de frappes ayant visé plusieurs régions d’Iran la nuit précédente.
Katz a affirmé que « Larijani et le commandant des forces du Basij, Gholam Reza Soleimani, ont rejoint (l’ancien Guide suprême iranien Ali) Khamenei (tué à la fin du mois dernier) », faisant ainsi référence à leur décès.
Jusqu’à présent, l’Iran n’a pas confirmé cette information.
L’annonce de la mort de Larijani intervient toutefois quelques mois après son retour sur la scène politique iranienne, à la suite de la confiance renouvelée que lui avait accordée le Guide suprême défunt dans le contexte des tensions avec les États-Unis et Israël.
Qui était Larijani ?
Âgé de 67 ans, Ali Larijani était le plus haut responsable sécuritaire en Iran et était considéré comme la figure la plus influente ayant comblé le vide du pouvoir après la mort du Guide suprême Ali Khamenei lors d’une frappe aérienne américano-israélienne survenue quelques semaines auparavant.
Selon ce qu’a rapporté le New York Times, Larijani était largement perçu comme le dirigeant de facto de l’Iran après la disparition de Khamenei.
Bien qu’il ne soit pas un religieux, Larijani est issu d’une famille extrêmement influente, parfois qualifiée de « Kennedy iranien » en raison de ses liens étroits, à la fois religieux et politiques, avec le régime.
Origines et formation
Né à Nadjaf, en Irak, en 1958, il a combiné une formation religieuse, militaire et académique.
Il a rejoint les Gardiens de la révolution en 1981 et a participé à la première guerre du Golfe.
Il a obtenu une maîtrise et un doctorat en philosophie occidentale à l’Université de Téhéran, consacrant sa thèse au philosophe allemand Immanuel Kant.
Son épouse est la fille de Morteza Motahhari, penseur proche de Khomeini.
Son frère Sadegh Larijani, qui porte le titre d’ayatollah, a occupé la fonction de chef du pouvoir judiciaire.
Son autre frère, Mohammad Javad Larijani, est un conseiller politique de premier plan.
Selon des rapports occidentaux, ce réseau familial étroit a fait de la famille Larijani une véritable dynastie politique au sein du système iranien.
Parcours politique : tensions avec les conservateurs radicaux
Il a entamé sa carrière politique dans la trentaine en tant que ministre de la Culture. En 1994, Khamenei l’a nommé à la tête de la radiotélévision nationale, poste qu’il a occupé pendant une décennie, l’utilisant comme un instrument de propagande contre les opposants au régime.
Après son échec à l’élection présidentielle de 2005, il a été nommé secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et principal négociateur sur le dossier nucléaire.
Il a démissionné en 2007 en raison de divergences avec le président de l’époque, Mahmoud Ahmadinejad.
Il a présidé le Parlement pendant douze ans (2008-2020) et a joué un rôle clé dans le soutien à l’accord nucléaire de 2015.
En 2020, il a été chargé de superviser l’accord de coopération stratégique de 25 ans avec la Chine.
Écarté de la présidentielle puis retour en force
Malgré son influence, il a été exclu de la course présidentielle en 2021 et en 2024 par le Conseil des gardiens.
Les raisons évoquées allaient de la présence de sa fille aux États-Unis et de la détention d’un passeport britannique, à la volonté de faciliter l’ascension d’Ebrahim Raïssi, ou encore à ses critiques publiques à l’égard des Gardiens de la révolution.
À l’été 2025, le président Massoud Pezeshkian l’a reconduit à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale. Depuis, son influence a surpassé celle du président, grâce à la confiance que lui accordait Khamenei et à ses relations étroites.
L’homme fort de l’ombre
Après la mort de Khamenei le 28 février, Larijani est devenu le principal gestionnaire de la crise, s’appuyant sur la confiance que lui portait le Guide défunt pour assurer la continuité du régime.
Il s’est illustré par son refus catégorique de toute négociation avec le président américain Donald Trump, déclarant : « Nous ne négocierons pas avec les États-Unis ».
Il a également été considéré comme l’émissaire de Khamenei à Moscou, où il s’est rendu à plusieurs reprises pour rencontrer Vladimir Poutine.
Signification de sa mort et conséquences
Si l’Iran confirme également sa mort, il s’agirait d’un coup porté à l’homme qui détenait les dossiers de la sécurité nationale et des relations internationales à l’une des périodes les plus sensibles de l’histoire iranienne, selon les observateurs.
Sa disparition constituerait un choc majeur pour le régime iranien, qui aurait perdu en quelques semaines le Guide suprême puis son principal homme fort, aggravant le vide du pouvoir et ouvrant la voie à des luttes internes pour l’influence, alors que l’Iran est engagé dans une confrontation ouverte avec Israël et les États-Unis.
