Washington et Téhéran… Le Hezbollah, talon d’Achille de la trêve
La trêve entre Washington et Téhéran vacille, sur fond d’indices laissant entrevoir une possible escalade militaire américaine, alors que les désaccords persistent quant aux termes de l’accord.
Dès son premier jour, la trêve a semblé proche de l’effondrement, mercredi soir, lorsque l’Iran a menacé de reprendre les hostilités à la suite des frappes israéliennes contre son allié au Liban, le Hezbollah.
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Cela intervient alors que les délégations américaine et iranienne doivent se rencontrer samedi à Islamabad pour négocier un règlement de la guerre dépassant la trêve de deux semaines conclue à la dernière minute dans la nuit de mardi à mercredi, quelques instants avant l’expiration de l’ultimatum fixé par le président Donald Trump, qui avait évoqué « la fin d’une civilisation entière ».
Selon ce qu’a rapporté The New York Times, un responsable de la Maison-Blanche a indiqué que le vice-président J. D. Vance conduirait une délégation américaine au Pakistan pour rencontrer des responsables iraniens.
Il sera accompagné dans la capitale pakistanaise par Steve Witkoff, envoyé spécial du président, et par son gendre Jared Kushner, dans une tentative de rapprocher des positions politiques profondément divergentes, parfois anciennes de plusieurs décennies, dans le cadre du délai de deux semaines fixé par l’accord de cessez-le-feu.
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Signes de division
Le journal souligne que des signes de fracture commencent à apparaître dans le cessez-le-feu temporaire négocié par le Pakistan.
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que trois conditions d’une proposition iranienne en dix points avaient été « violées », notamment l’arrêt des bombardements israéliens contre le Hezbollah au Liban.
En revanche, l’administration Trump affirme que cette clause évoquée par Ghalibaf ne faisait pas partie de l’accord.
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À cet égard, le vice-président américain a déclaré : « Si l’Iran souhaite faire échouer ces négociations… pour le Liban, qui n’a aucun lien avec elles et dont les États-Unis n’ont jamais dit qu’il faisait partie du cessez-le-feu, c’est en fin de compte son choix. »
Au moins 182 personnes ont été tuées et plus de 890 blessées mercredi, selon un bilan officiel provisoire, à la suite de dizaines de frappes israéliennes simultanées dans plusieurs régions du Liban, dont Beyrouth.
De son côté, l’armée israélienne a indiqué avoir mené « la plus grande frappe coordonnée » contre le Hezbollah depuis le début de la guerre, affirmant avoir visé « des centaines » de ses membres, dont un commandant de terrain.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Hezbollah a annoncé avoir tiré des roquettes vers Israël en riposte aux frappes.
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Le « talon d’Achille » de la trêve
Des observateurs comparent la défense par l’Iran du Hezbollah au Liban au « talon d’Achille », c’est-à-dire le point faible susceptible de faire s’effondrer l’ensemble de la trêve.
Dans la mythologie grecque, le talon d’Achille représente l’unique point de vulnérabilité d’un héros supposé invincible.
Ambiguïté
Robert Malley, ancien envoyé spécial du président Joe Biden pour l’Iran, estime que le cessez-le-feu est entouré d’ambiguïtés.
S’exprimant auprès du New York Times, il a indiqué que Washington et Téhéran se disputent déjà à son sujet, ce qui compliquera le processus de négociation.
Il a ajouté : « Il est difficile de savoir non seulement où nous allons, mais même d’où nous partons. Les discussions reposent sur des bases extrêmement fragiles. »
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Autres indicateurs
Dans un développement susceptible d’affaiblir davantage la trêve, un responsable américain a affirmé mercredi que le plan en dix points publié par l’Iran ne correspondait pas aux conditions approuvées par la Maison-Blanche.
Des médias officiels iraniens avaient publié ce plan, qui prévoyait notamment « la poursuite du contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz », la levée des sanctions internationales et « l’acceptation » de l’enrichissement de l’uranium.
Mais le président Trump a insisté sur le fait qu’« il n’y aura aucun enrichissement d’uranium ».
Dans une publication sur sa plateforme Truth Social, Trump a écrit que toutes les forces américaines resteraient déployées en Iran et autour, avec des moyens renforcés, jusqu’au respect total de l’accord.
Il a ajouté que, si cela n’était pas le cas, « les tirs reprendront de manière plus importante, meilleure et plus forte que jamais ».
Il a affirmé qu’« il n’y aura pas d’armes nucléaires et que le détroit d’Ormuz restera ouvert et sûr ».
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Israël menace
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que la trêve acceptée par son pays ne signifiait pas « la fin de la campagne » contre l’Iran, ajoutant qu’Israël était prêt à reprendre les combats à tout moment.
Parallèlement, Washington observe si l’Iran tiendra sa promesse de rouvrir le détroit d’Ormuz, qu’il avait militarisé en réponse au conflit.
Jusqu’à mercredi soir, aucun signe clair de reprise significative du trafic maritime n’était visible, selon le journal.
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Malgré ces tensions, des experts estiment que l’Iran a été fortement affecté par les cinq semaines de guerre, ayant perdu de nombreux responsables politiques et militaires, ce qui le place sous une forte pression pour faire des concessions.
Suzanne Maloney, experte de l’Iran et vice-présidente de la Brookings Institution, a déclaré : « Le cessez-le-feu sera chaotique et loin d’être parfait. Mais je pense que les deux parties souhaitent au moins tester ce qui est possible autour de la table des négociations. »
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