Réseaux, circuits de financement et nouvelles mesures : le Texas face à l’influence des Frères musulmans
Au cours des derniers mois, l’État du Texas est devenu le théâtre d’une confrontation juridique et politique visant l’influence des Frères musulmans et des réseaux de l’islam politique.
Les autorités texanes ont renforcé leurs mesures pour faire face à cette influence en adoptant une stratégie combinant qualification juridique, poursuites judiciaires ainsi qu’un contrôle accru des financements et des activités.
Le site américain « VOZ » souligne que le Texas est devenu l’un des principaux centres de l’islam politique aux États-Unis, avec la présence d’environ 650 organisations islamiques.
Le média fait également état de préoccupations croissantes concernant les réseaux de l’islam politique qui cherchent, selon des rapports et les autorités de l’État, à influencer la société et les institutions au moyen d’un programme qualifié d’extrémiste.
« VOZ » s’appuie notamment sur un rapport publié par le Middle East Forum portant sur les réseaux islamiques au Texas, leurs ressources financières, les institutions que ce rapport présente comme liées aux Frères musulmans ou au Hamas, ainsi que les mesures prises par les autorités texanes pour contrer cette influence.
Une présence importante et des chiffres significatifs
Selon le rapport du Middle East Forum, le Texas est devenu l’un des principaux centres de l’activité islamique aux États-Unis, avec plusieurs centaines de mosquées et près de 650 organisations islamiques à but non lucratif.
Le rapport indique que 213 organisations islamiques déposent des déclarations fiscales officielles, enregistrent des revenus annuels d’environ 412 millions de dollars, possèdent des actifs évalués à 315 millions de dollars, versent près de 50 millions de dollars en salaires et consacrent environ 200 millions de dollars à des dépenses extérieures.
Toujours selon le rapport, les réseaux qu’il qualifie d’islamistes contrôleraient près des deux tiers des actifs déclarés ainsi que plus de 80 % des revenus.
Le rapport estime toutefois que ces chiffres ne reflètent pas pleinement l’ampleur de l’activité. Il souligne que plusieurs institutions bénéficient d’exonérations fiscales, qu’une partie des actifs appartient à des entités situées hors du Texas et qu’un secteur en pleine expansion de services financiers islamiques gère plusieurs centaines de millions de dollars en dehors du cadre des organisations à but non lucratif.
Le document indique également que plus de 14,4 millions de dollars, sur près de 16 millions de dollars de subventions publiques accordées à des organisations islamiques, auraient été attribués, selon le rapport, à des organisations placées sous l’influence ou le contrôle de réseaux qualifiés d’islamistes.
Des réseaux sous surveillance
Le rapport du Middle East Forum affirme que le Texas accueille un vaste réseau appartenant à plusieurs courants, notamment les qotbistes, les salafistes, les déobandis, les khomeynistes, la Jamaat-e-Islami, les barelvis et d’autres mouvements.
Le document ajoute que certaines de ces institutions entretiendraient, selon son analyse, des liens idéologiques, financiers ou historiques avec le Hamas, les Frères musulmans ou encore le régime iranien.
Le site « VOZ » cite le directeur exécutif du Middle East Forum, Gregg Roman, qui appelle à la création d’une commission spécialisée dans l’étude de l’islamisme afin d’enquêter sur les réseaux identifiés dans le rapport.
Gregg Roman préconise que toute personne dont l’implication serait établie fasse l’objet de poursuites pénales ou d’une surveillance réglementaire, que les groupes qualifiés d’extrémistes soient privés de financements publics et que les musulmans modérés soient soutenus afin de faire face aux mouvements islamistes.
L’affaire de la Holy Land Foundation
Le rapport revient sur l’affaire de la Holy Land Foundation, dont le siège était situé dans la banlieue de Dallas.
Selon le gouvernement américain, cette organisation constituait un canal de financement du Hamas. En 2008, ses dirigeants ont été reconnus coupables d’avoir apporté un soutien matériel au mouvement.
Le rapport indique que cette affaire concernait un réseau de personnes et d’organisations, dont un grand nombre étaient implantées dans le nord du Texas.
Il ajoute qu’à la suite de changements intervenus tant sur le plan intérieur qu’en matière de politique étrangère, notamment sous l’administration de l’ancien président américain Barack Obama, plusieurs enquêtes et procédures liées à ce réseau ont été classées.
Le rapport affirme toutefois qu’une nouvelle génération de ce réseau est aujourd’hui active au Texas.
Des structures civiles présentées comme des façades de réseaux extrémistes
Parmi les institutions mentionnées figure Baitulmaal, dont le siège est situé à Irving. Le rapport affirme que son directeur, Mazen Mokhtar, aurait auparavant collecté des fonds au profit des talibans et d’autres groupes extrémistes. Il ajoute que l’organisation coopérerait dans la bande de Gaza avec des entités liées au Hamas.
Le rapport cite également l’American Islamic Association, le Muslim Legal Fund of America ainsi que le Council on American-Islamic Relations (CAIR), qu’il présente comme ayant été fondé par des personnes sympathisantes du Hamas.
Il mentionne également l’Islamic Association of North Texas ainsi que plusieurs établissements d’enseignement auxquels il attribue des liens documentés avec ce réseau.
Faire la distinction entre l’islam et l’islamisme
Le rapport distingue l’islam, présenté comme une religion pratiquée par plus d’un milliard de fidèles appartenant à de nombreuses écoles et traditions, de l’islamisme, qu’il définit comme une idéologie politique visant à instaurer un État théocratique appliquant la charia selon ses interprétations les plus rigoristes.
Le document souligne que cette distinction est essentielle. Selon son analyse, la liberté religieuse protège la pratique de l’islam, tandis que l’islamisme représenterait un défi politique pour les principes démocratiques et constitutionnels.
Centres religieux et établissements d’enseignement
Le rapport affirme que le Texas est devenu un centre majeur du courant salafiste aux États-Unis, en évoquant plusieurs centres islamiques et instituts d’enseignement situés dans la région de Dallas–Fort Worth.
Il présente également le réseau d’institutions déobandies, notamment le Qalam Institute, qui gère plusieurs établissements d’enseignement, ainsi que d’autres écoles islamiques réparties dans l’ensemble de l’État.
Le document évoque également d’autres réseaux, notamment les khomeynistes à travers plusieurs centres situés à Houston, ainsi que les réseaux de la Jamaat-e-Islami, des barelvis et d’autres mouvements.
Les mesures prises par l’État du Texas
Face à ce que les autorités texanes qualifient de développement des réseaux islamistes, l’État a adopté une série de mesures.
En novembre 2025, le gouverneur Greg Abbott a classé les Frères musulmans ainsi que le Council on American-Islamic Relations comme organisations terroristes étrangères et organisations criminelles transnationales en application d’une loi adoptée en 2023.
Cette décision interdit notamment à ces deux organisations de posséder des terrains dans l’État et permet un renforcement de leur surveillance.
En février 2026, le procureur général du Texas, Ken Paxton, a engagé une action en justice directement contre les Frères musulmans, le Council on American-Islamic Relations et leurs antennes locales.
En juin 2026, la Texas Public Policy Foundation a lancé l’initiative intitulée « Agenda for Defeating Islamist Extremism », qui prévoit un régime de sanctions à l’échelle de l’État, un contrôle renforcé de l’utilisation des fonds publics ainsi que diverses mesures destinées à protéger le système éducatif et la souveraineté constitutionnelle face à l’existence de juridictions religieuses parallèles.
