L’Ukraine à l’épreuve avant l’hiver : défenses aériennes insuffisantes et déficit de 20 milliards de dollars
À l’approche de l’hiver, l’Ukraine doit combler plusieurs lacunes majeures, notamment l’insuffisance de ses moyens de défense contre les drones et un déficit de financement de 20 milliards de dollars dans le budget militaire.
Alors que la saison froide se rapproche, Kyiv fait face à une crise de liquidités au moment où la Russie intensifie ses efforts pour « écraser son économie » en frappant les villes, les usines, les ponts et les ports par des vagues incessantes de drones et de missiles, selon le magazine américain Politico.
Faute d’un nombre suffisant de missiles intercepteurs, l’Ukraine éprouve de plus en plus de difficultés à abattre les drones russes à réaction, dont le nombre ne cesse d’augmenter.
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Les difficultés de Kyiv ne se limitent toutefois pas à la défense aérienne.
Le Premier ministre, Serhiy Koretskyi, a averti cette semaine que l’Ukraine était confrontée à un déficit de financement de la défense atteignant 27 milliards de dollars pour l’année en cours. Kyiv espère mobiliser environ sept milliards de dollars grâce à ses ressources nationales et cherche des partenaires susceptibles de couvrir les 20 milliards restants.
Une partie des financements de l’Union européenne demeure conditionnée à l’adoption de réformes par Kyiv, tandis que les autres alliés n’ont pas encore comblé le déficit résiduel.
Dans la nuit, la Russie a lancé plus de 190 missiles et drones au cours d’une attaque menée à l’échelle nationale. Les infrastructures énergétiques ont été particulièrement visées, provoquant notamment des coupures d’électricité à Kyiv.
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« Depuis l’été, il ne s’est pratiquement pas écoulé une seule journée sans que les Russes attaquent les infrastructures énergétiques. Nous n’avions cependant pas connu une offensive de cette ampleur et de cette intensité depuis la fin de la dernière saison de chauffage », a déclaré Koretskyi mercredi.
Après cette attaque, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a renouvelé son appel aux alliés afin qu’ils fournissent davantage de systèmes de défense aérienne.
« Chaque missile intercepteur sauve réellement des vies. Plus nous nous rapprochons de l’hiver, plus cette protection devient indispensable. Nous devons tout mettre en œuvre pour faire échouer la stratégie russe de saturation par les missiles balistiques et les drones », a-t-il déclaré.
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Une intensification des frappes
Au cours des dernières semaines, la Russie a intensifié ses attaques presque ininterrompues de drones et de missiles. À Kyiv, les alertes aériennes se succèdent jour et nuit.
Les frappes ont visé les voies ferrées, les centrales électriques, les ports, les usines et d’autres infrastructures essentielles dans tout le pays. Selon Politico, elles contribuent à dévaster l’économie ukrainienne et à accroître la pression sur les finances publiques.
Le gouvernement envisage par conséquent des hausses d’impôts afin de mobiliser des ressources nationales et de combler une partie du déficit de financement de la défense.
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« Bien entendu, augmenter les impôts n’est jamais une solution idéale. Mais en temps de guerre, nous ne pouvons pas nous offrir le luxe du populisme ni prétendre qu’il est possible d’éviter tout effort supplémentaire à la population », a déclaré Oleksandra Myronenko, économiste au Centre for Economic Strategy.
Koretskyi a averti qu’un manque de financement compromettrait la capacité de l’Ukraine à poursuivre sa résistance face à la Russie. Kyiv a besoin de liquidités dès maintenant pour passer des commandes anticipées d’armes et de munitions qui doivent être livrées l’année prochaine.
« Cela concerne tout particulièrement les drones à longue portée. Il s’agit d’un besoin urgent auquel nous devons répondre », a-t-il souligné.
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Une pression accrue sur l’Europe
Cette situation renforce la pression sur les alliés européens, qui fournissent désormais à Kyiv l’essentiel de ses armes et de son financement. Les États-Unis ont suspendu la majorité de leurs nouvelles aides après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche l’année dernière, selon le magazine américain.
L’Union européenne verse actuellement les différentes tranches d’un prêt de 90 milliards d’euros accordé à l’Ukraine sur deux ans. Kyiv réclame toutefois une accélération des décaissements afin de combler son déficit budgétaire.
Avant de débloquer des fonds supplémentaires, Bruxelles demande au Parlement ukrainien de mener à terme plusieurs réformes essentielles inscrites dans la feuille de route du pays en vue de son adhésion future à l’Union européenne.
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« À mesure que les réformes progresseront au Parlement, notre soutien budgétaire augmentera également. Nous disposons encore de 37 milliards d’euros pouvant être mobilisés au cours de cette année civile », a écrit la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après sa rencontre avec Volodymyr Zelensky lors de l’Assemblée générale des Nations unies, plus tôt ce mois-ci.
Kyiv presse également Bruxelles de réexaminer le statut des avoirs de la Banque centrale russe, d’une valeur supérieure à 200 milliards d’euros, qui sont gelés dans plusieurs pays de l’Union européenne.
« Nous avons besoin que nos amis — les responsables politiques européens — fassent preuve de suffisamment de courage pour adopter des mesures audacieuses », a déclaré le ministre ukrainien des Finances, Serhiy Marchenko.
