Politique

Une empreinte américaine dans le Zircon… l’Ukraine révèle les secrets du mystérieux missile russe


Une analyse détaillée des services de renseignement ukrainiens a révélé de nouvelles informations concernant le missile russe « Zircon », considéré comme l’une des armes les plus mystérieuses de l’arsenal russe.

L’analyse met en lumière les composants électroniques du missile, le réseau d’entreprises et de personnes ayant participé à sa conception et à sa production, ainsi que la nature de sa conception et ses capacités réelles.

Cette analyse présente une image différente du récit russe traditionnel, qui décrit le « Zircon » comme un missile de croisière hypersonique. Les données techniques indiquent plutôt une conception se rapprochant de celle d’un missile quasi balistique à deux étages, selon le site The War Zone.

D’après le rapport, le missile contient des composants électroniques fabriqués aux États-Unis, notamment un amplificateur de type « TGA2704 », produit par TriQuint Semiconductor, une société qui a par la suite été intégrée à Qorvo, ainsi qu’un circuit logique programmable de type « Altera Cyclone II », fabriqué par Altera, rachetée par Intel.

Le rapport n’indique pas que ces entreprises étaient au courant de l’utilisation de leurs produits dans la fabrication d’armes russes. Il souligne toutefois que les technologies occidentales continuent d’atteindre l’industrie militaire russe malgré les sanctions, certains composants pouvant transiter par des réseaux mondiaux de réexportation.

70 entreprises et 84 personnes derrière le missile

L’analyse des services de renseignement dresse une vaste cartographie de la chaîne de développement et de production du « Zircon », impliquant environ 70 entreprises et 84 personnes, ce qui témoigne de la complexité industrielle et technologique qui sous-tend cette arme.

Parmi ses principaux composants figurent une tête chercheuse radar active de type « 3B-222 », développée par l’entreprise NPP Radar MMS, ainsi qu’un ordinateur numérique de type « Baget-83 », produit par KB Korund-M, et un moteur à propergol solide de type « 3L-2211 », développé par NPO Iskra.

L’analyse comprend également un modèle tridimensionnel du missile révélant des détails sur ses systèmes de propulsion et de guidage ainsi que sur sa tête militaire. Cela permet aux services de renseignement et aux experts de disposer d’une vision plus précise de sa structure interne et de son fonctionnement, et de confronter les affirmations russes concernant ses capacités aux éléments recueillis à partir des débris tombés au cours de la guerre en Ukraine.

Hypersonique ou quasi balistique ?

L’une des principales conclusions de l’analyse consiste à remettre en question la classification du « Zircon » comme missile de croisière hypersonique conventionnel. Selon les données présentées dans le rapport, le missile repose sur deux étages fonctionnant au propergol solide, une conception qui diffère de celle des missiles équipés de statoréacteurs, lesquels nécessitent des prises d’air clairement identifiables pour alimenter leurs moteurs durant la phase de croisière.

L’examen des débris réalisé par l’Institut ukrainien de recherche scientifique en criminalistique a révélé la présence d’une structure métallique circulaire associée à un moteur à propergol solide dans le deuxième étage, et non d’un simple propulseur de lancement. Cette observation concorde avec des analyses antérieures de l’expert Fabian Hoffmann, qui avait lui aussi remis en question certaines classifications russes du missile.

Selon les estimations des services de renseignement ukrainiens, la vitesse maximale du « Zircon » se situe entre Mach 8 et Mach 9, tandis que sa vitesse de croisière soutenue peut atteindre environ Mach 6,8. Son altitude de vol se situe entre 19 et 25 miles, et sa tête militaire pèse environ 265 livres.

Bien que le missile ait initialement été conçu pour être lancé depuis des navires et des sous-marins, Moscou a développé des versions pouvant être tirées depuis des plateformes terrestres, notamment le système « Bastion ». Cette évolution illustre la capacité de Moscou à élargir l’emploi opérationnel de cette arme et à la transformer d’un outil naval spécialisé en un moyen de frapper des cibles terrestres éloignées.

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