L’Iran et la politique du terrorisme : briser le régime commence par le démantèlement de quatre piliers
« Les États-Unis ne peuvent pas continuer à négocier avec un régime terroriste qui viole les accords de cessez-le-feu, attaque les alliés de l’Amérique et utilise la diplomatie comme une arme. »
C’est ainsi que le magazine américain The National Interest analyse la situation actuelle des négociations avec l’Iran, notamment alors que ce dernier continue de cibler des pays de la région, de menacer la navigation maritime et de financer un réseau de relais, avant de proposer une stratégie globale visant à démanteler les quatre piliers du régime à Téhéran.
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L’Iran a lancé une nouvelle vague d’attaques par drones et missiles contre les Émirats arabes unis, malgré l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu conclu le 8 avril.
Selon The National Interest : « En frappant les Émirats arabes unis, Téhéran a clarifié un point sans ambiguïté : il ne respecte ni le cessez-le-feu, ni le droit international, ni la retenue. »
Il ne s’agit pas d’un incident isolé, mais d’un trait structurel de la stratégie iranienne. Le régime intensifie la pression, crée une crise, accepte ou réclame une trêve temporaire, exploite cette pause pour se réorganiser, puis reprend l’escalade lorsqu’il estime que le coût restera supportable, selon le magazine.
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Depuis des décennies, Téhéran utilise les négociations pour gagner du temps, l’allègement des sanctions pour reconstruire ses capacités, les trêves pour se repositionner et l’hésitation occidentale pour élargir son influence régionale.
Dès lors, la question n’est plus de savoir s’il est possible de contenir l’Iran par un nouvel arrangement temporaire, mais de déterminer si les États-Unis et Israël sont prêts à détruire la capacité du régime à mener des guerres, financer le terrorisme, intimider les pays de la région et faire pression sur le monde, selon The National Interest.
L’objectif, précise le magazine, n’est pas de faire la guerre au peuple iranien, première victime du régime, mais de démanteler les quatre piliers de son pouvoir : la structure militaire, financière, politique et répressive.
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Selon le magazine, l’erreur stratégique des politiques passées a consisté à traiter Téhéran comme un partenaire de négociation difficile mais maîtrisable à terme, alors que la réalité montre qu’il s’agit avant tout d’un régime sécuritaire dont les priorités sont la survie, l’intimidation régionale et l’expansion idéologique.
Dans ce contexte, « la réouverture du détroit d’Ormuz est nécessaire mais insuffisante ; Ormuz n’est que l’outil utilisé par le régime iranien pour exercer une pression. Le problème fondamental est le régime qui utilise Ormuz, les relais, les missiles, les drones, le terrorisme et les violations des cessez-le-feu comme instruments de pression », explique le magazine.
The National Interest conclut que toute stratégie sérieuse doit cibler les quatre piliers du pouvoir du régime comme suit :
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Le premier pilier (la structure militaire du Corps)
Le Islamic Revolutionary Guard Corps constitue le système opérationnel central du régime ; il dirige la répression interne, exporte le terrorisme, gère les guerres par procuration, contrôle les industries stratégiques et protège l’élite dirigeante.
Il convient donc de neutraliser son infrastructure balistique, sa production de drones, ses capacités de harcèlement maritime, ses centres de commandement, ses lignes d’approvisionnement en armes et ses liens avec les milices étrangères.
Il ne suffit pas de l’affaiblir temporairement, mais également de viser la capacité du régime à se reconstituer.
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Le deuxième pilier (l’infrastructure économique qui soutient le régime)
L’Iran subsiste grâce aux banques, aux ports, aux réseaux de transport maritime, aux bureaux de change, à la contrebande de pétrole, aux sociétés écrans, aux circuits de l’or, aux institutions et aux commerçants collaborateurs.
Les sanctions individuelles contre les dirigeants ne suffisent plus ; Washington doit s’orienter vers le démantèlement de ce réseau en cartographiant ses structures, en imposant des sanctions, en procédant à des saisies et en perturbant l’écosystème commercial qui alimente le Corps des gardiens et la classe dirigeante.
Le troisième pilier (le réseau de relais)
L’Iran évite souvent la responsabilité directe en menant des combats par l’intermédiaire de milices, de cellules terroristes, d’unités cybernétiques et d’agents régionaux.
Ce modèle doit être brisé ; tout groupe soutenu par l’Iran qui menace les forces américaines, Israël ou les pays de la région doit comprendre que le prix à payer ne se limitera pas au relais, mais s’étendra au régime qui l’arme, l’entraîne, le finance et le dirige.
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Le quatrième pilier (la répression interne)
Un régime qui emprisonne des femmes, exécute des manifestants, torture des opposants et réduit les étudiants au silence ne peut être considéré comme fiable dans le respect des accords internationaux. Le peuple iranien doit entendre un message clair : le conflit de l’Amérique n’est pas avec lui, mais avec le régime qui a confisqué son pays et transformé sa richesse nationale en missiles, milices, corruption et peur.
La stratégie repose ici sur une double approche de pression et de clarté : ouvrir une voie de sortie à certains éléments du régime en échange de la révélation des canaux de contournement des sanctions, de l’exposition de la corruption ou de l’arrêt du financement de la répression, tout en accroissant la pression sur les loyalistes.
La mission ne s’achève pas avec la réouverture du détroit d’Ormuz, mais lorsque le régime iranien ne sera plus capable de menacer Ormuz, de reconstruire ses réseaux de missiles et de drones, de financer ses relais et que ses artères financières auront été sectionnées, selon The National Interest.
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