L'Europe

La France freine l’influence des Frères musulmans : le Sénat adopte à une large majorité la lutte contre l’infiltration de l’islam politique


Le Sénat français a adopté à une très large majorité une proposition de loi portée par le chef des Républicains visant à lutter contre ce qui est qualifié « d’infiltration de l’islam politique ».

Ce projet de loi vise à combattre ce qui est décrit comme « l’infiltration de l’islam politique », dans une démarche qui reflète l’intensification du débat politique en France autour des questions d’identité, de sécurité et de cohésion sociale.

L’adoption de ce texte, présenté par l’ancien ministre de l’Intérieur, chef du parti Les Républicains et candidat de cette formation à l’élection présidentielle française de 2027, Bruno Retailleau, s’inscrit dans un contexte de compétition politique accrue à l’approche de l’échéance présidentielle.

Le projet a été adopté par 208 voix contre 124. Selon le quotidien Le Figaro, le texte de l’ancien ministre de l’Intérieur vise à faire face à une « influence diffuse et un courant qui se répand silencieusement », lequel chercherait, dans « son objectif ultime », à « appliquer des idées extrémistes sur notre territoire ».

Contenu du projet de loi

Le texte comprend un ensemble de mesures, notamment la facilitation de la dissolution des associations, le renforcement des sanctions en cas d’atteinte aux « principes de la République », l’instauration d’un contrôle plus strict de la construction des lieux de culte et le gel des avoirs des groupes qualifiés de séparatistes.

Bruno Retailleau, candidat des Républicains à l’élection présidentielle, a déclaré : « Nous devons faire preuve d’une très grande fermeté, sans aucune complaisance, à l’égard de ces courants qui cherchent à saper notre cohésion sociale et la forme républicaine de nos institutions ».

Le projet s’appuie sur un rapport publié en 2025 alors qu’il occupait le poste de ministre de l’Intérieur, et qui traite de « l’infiltration » en France liée aux Frères musulmans et de son impact sur les valeurs républicaines.

Tout en reconnaissant que ce projet constitue « une étape marquante » de son parcours politique, Retailleau nie qu’il s’inscrive dans sa campagne électorale, affirmant : « Ce n’est pas un caprice. Je suis resté silencieux pendant six mois pour voir si le gouvernement allait agir, mais rien ne s’est produit. Je ne veux pas que ce rapport reste sans effet ».

Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large d’actions gouvernementales, qui travaille parallèlement à l’élaboration d’un futur projet de loi visant à lutter contre le séparatisme et l’infiltration, annoncé début avril par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et actuellement examiné par le Conseil d’État.

Le nouveau ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a souligné que le projet gouvernemental sera « plus rigoureux sur le plan juridique », s’appuyant sur l’avis du Conseil d’État, tandis que Retailleau a refusé de soumettre sa proposition à cette instance.

Nuñez a également précisé que son projet couvrira « toutes les formes d’infiltration », évoquant notamment des mesures telles que « la surveillance des publications » afin d’interdire certaines parutions, ainsi que le renforcement des mécanismes de retrait des contenus incitant à la haine en ligne.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page